La production d'AB InBev à l'arrêt à Louvain

La production est bloquée depuis tôt ce jeudi matin sur le site d'AB InBev à Louvain (photo). Les sites de Jupille et d'Hoegaarden ont suivi le mouvement un peu plus tard. ©BELGA

Dans la soirée de mercredi, une décision judiciaire avait imposé la levée des piquets devant les sites de Louvain, Jupille et Hoegaarden. Mais l'équipe du matin a tout de même décidé de ne pas reprendre le travail à Louvain.

Les actions de blocage devant les brasseries d'AB InBev à Louvain, Jupille et Hoegaarden avaient pris fin dans la nuit de mercredi à jeudi, après qu'un juge ait – à la demande unilatérale d'AB InBev – exigé la fin des blocages syndicaux dans les brasseries. 

Tout n'est tout de même pas rentré dans l'ordre. La FGTB a annoncé, en effet, que l'équipe du matin a à nouveau arrêté le travail ce jeudi à Louvain. À Jupille et Hoegaarden, la production a repris.

En milieu de nuit, les blocages ont été levés sur les sites d'AB InBev à Louvai, Jupille et Hoegaarden. ©BELGAONTHESPOT

Un brasseur pas comme les autres

Chez AB InBev , les actions sociales ne se déroulent jamais comme ailleurs. Depuis 2011, en effet, les représentants des travailleurs des usines et dépôts belges du premier brasseur mondial ont tendance à utiliser une "arme" particulière: le blocage des brasseries sans action de grève. Ils l’avaient fait il y a huit ans, quand le groupe avait voulu supprimer 160 emplois en Belgique. Ils l’ont à nouveau fait depuis lundi après-midi suite à l’échec d’une réunion de négociations. Les accès aux brasseries de Leuven, Jupille et Hoegaarden ont alors été bloqués.

La direction d’AB InBev avait pourtant invité mercredi les syndicats à une nouvelle réunion le 6 décembre, "avec un ordre du jour clair", et à une condition: que les blocages soient levés, afin de rétablir la paix sociale. Une proposition qui a été rejetée en fin de journée par les syndicats. "Nous ne lèverons ces blocages que si un signal émanant de la direction laisse entendre qu’elle viendra à la table des négociations avec une meilleure proposition", selon le secrétaire syndical Kris Croonenborghs (ABVV/FGTB). Mais mercredi soir, la justice a ordonné la levée des piquets de grève.

Emploi et salaire en jeu

Si des erreurs ont été commises ici, elles seront corrigées.
Direction d’AB InBev

Le nœud des tensions concerne la nouvelle convention collective. La garantie de sécurité d’emploi pose problème. Depuis l’accord social de 2011, un arrangement spécifique à AB InBev prévoit le paiement de trois ans de salaire aux travailleurs en cas de licenciements économiques. "Ce régime est exceptionnel en Belgique et s’ajoute aux indemnités légales", souligne la direction. Ce à quoi les syndicats ont objecté que le gros de la garantie ne concerne que les ouvriers, pas les employés.

Le personnel s’est aussi plaint que de nombreuses erreurs soient commises dans le paiement des salaires par la société extérieure qui gère ces services depuis l’Inde. "Si des erreurs ont été commises ici, elles seront corrigées"répond la direction.

Pas de pénurie

Sur le terrain, les brasseries bloquées ne pouvaient plus être approvisionnées en matières premières et les bières ne pouvaient plus quitter les sites. Du côté des consommateurs, il semblait que les stocks étaient suffisamment importants dans l’horeca et la grande distribution ce mercredi.

 "À ce stade, les magasins et centres de distribution ont suffisamment de stock pour pouvoir répondre à la demande de nos clientsavait précisé Nathalie Roisin, porte-parole de Colruyt. Si la situation devait s’éterniser, il se pourrait que des références à grande rotation pourraient venir à manquer dans certains de nos magasins à partir de la semaine prochaine." 

Chez Delhaize: "On n’a pas été livré depuis mardi, mais on a assez de stocks pour le momentdit le porte-parole Roel Dekelver. "Il n'y a aucun impact pour nos clients. Une situation qui devrait donc rentrer dans l’ordre.


 

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect