La reconnaissance faciale pour améliorer l'élevage de poisson

L'aquaculture représente la moitié de la production mondiale de poisson.

Réussir à mieux gérer les élevages de poisson et leur production croissante grâce à la reconnaissance faciale, voilà le nouveau projet d'Alphabet, la maison-mère de Google.

L’homme aime le poisson. Pour répondre à la demande mondiale en croissance permanente, plus de 90 millions de tonnes de poisson sont produites chaque année en aquaculture. Cela équivaut à la moitié des poissons et crustacés consommés dans le monde chaque année. L’autre moitié provenant de la pêche est stable depuis les années 1980. Pour mieux contrôler les élevages d’aquaculture et aider les producteurs à améliorer la santé des poissons élevés, Alphabet – la maison mère de Google –, travaille depuis trois ans sur un projet novateur.

Des poissons dans les bureaux de Google

90
millions de tonnes
90 millions de tonnes de poissons sont produites chaque année en aquaculture dans le monde.

Une équipe de dix personnes du laboratoire de recherche X Development a comme outil de travail une piscine d’aquaculture dans les bureaux mêmes de Google à Mountain View. Mais ce n’est pas un élevage comme les autres. Truffé de caméras intelligentes, il est maintenant capable de reconnaître les poissons et de les suivre tout au long de leur vie. Ils ont donc inventé la reconnaissance faciale des poissons. Si rien ne ressemble plus à une carpe qu’une autre carpe pour le commun des mortels que nous sommes, cette intelligence artificielle parvient à détecter des mouvements imperceptibles à l’œil nu qui lui permettent de reconnaître chacun des milliers de poissons présents dans le bassin.

L’espoir, selon Astro Teller, le directeur de X Development chez Alphabet, c’est de réduire la dépendance mondiale aux protéines terrestres comme la viande de bœuf et de réduire au maximum l’impact négatif de la pêche sur les océans. "Ne plus manger de poisson n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant. Que pouvons-nous donc faire pour que cela devienne le meilleur possible pour la planète?" a-t-il confié à nos confrères du Financial Times.

Une aquaculture plus responsable

"Ne plus manger de poisson n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant. Que pouvons-nous donc faire pour que cela devienne le meilleur possible pour la planète?"
Astro Teller
Directeur de X Development chez Alphabet

Créer une technologie adaptée à l’environnement marin n’est pas évident. Majoritairement sombre, froid et salé, il présente des conditions que n’apprécie pas spécialement la technologie de pointe. En démarrant de zéro, l’équipe de recherche a dû créer ses propres données à analyser pour entraîner le futur algorithme capable d’analyser et reconnaître les poissons.

Ils ont dû filmer le comportement des poissons pendant des mois dans une pataugeoire aménagée spécialement dans leurs bureaux de la Silicon Valley. Après avoir appris ses leçons, l’algorithme est maintenant parfaitement capable de distinguer chaque poisson tout au long de son développement en utilisant ses formes particulières et ses mouvements de déplacement. Les données récoltées sont ensuite envoyées aux éleveurs pour les aider à optimiser l’alimentation de leur élevage, réduire les déchets et maintenir les poissons en bonne santé. L’un des objectifs du projet est aussi de parvenir à réduire l’usage, souvent décrié, des antibiotiques dans le secteur.

Avec l’ambition de rendre l’aquaculture plus compétitive et responsable environnementalement parlant, ce projet d’Alphabet pourrait avoir un impact mondial. Reste à voir combien coûtera l’installation de ce type d’équipement pour les éleveurs, sans oublier le traitement des données. Car si Alphabet présente le projet comme "environnemental", c’est surtout une future opportunité commerciale potentiellement très lucrative.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés