La région de Frameries a la frite avec les 300 millions investis par Clarebout

L’entreprise familiale flamande Clarebout, spécialisée dans le traitement de la pomme de terre, a annoncé ce lundi son intention de développer un nouveau site de production dans la zone d’activité économique de Frameries. La création de 300 emplois est envisagée.

Si le projet d’un nouveau site de production et de transformation de la pomme de terre à Frameries passe au vert, les différentes étapes des procédures administratives et juridiques inhérentes à un tel dossier -  une réunion d’information préalable du public est d’ores et déjà prévue le 22 janvier dans le cadre de l’étude d’incidences sur l’environnement -, c’est tout le cœur du Hainaut qui aura la frite. Cette nouvelle usine du groupe agroalimentaire flamand Clarebout représenterait en effet un investissement minimum de 300 millions d’euros et créerait à terme au moins 300 emplois. Le développement d’un tel site de production prendra évidemment plusieurs années mais durant ce laps de temps, des emplois supplémentaires devraient être créés dans le cadre des travaux de construction.

Grâce à des formations prodiguées par la société, les cultivateurs locaux ont pu évoluer d'une culture du blé ou de la betterave vers une culture à plus forte valeur ajoutée comme la pomme de terre.

Mais ce n’est pas tout, pour transformer de la pomme de terre, il faut des pommes de terre! Et donc depuis 2016, le groupe Clarebout travaille main dans la main avec les agriculteurs de la région. Grâce à des formations prodiguées par la société, les cultivateurs locaux ont pu évoluer d’une culture du blé, peu rentable (un revenu brut par hectare de l’ordre de 2.500 euros), ou de la culture de la betterave dont le prix est au plus bas (environ 3.000 euros l’hectare), soumise à la fragilité des quotas, vers une culture à plus forte valeur ajoutée comme la pomme de terre qui est valorisée à 5.500 euros l’hectare.

Projet mastodonte

Clarebout est implantée depuis 2016 au sein de la zone d’activité économique (ZAE) de Frameries à travers la présence d’un centre de stockage de plus de 9.000 m². L’année dernière, l’entreprise a soumis une demande aux autorités compétentes pour la construction d’un congélateur. Aujourd’hui, la volonté de la société est d’y apposer à côté de ces deux infrastructures un site de production qui s’étalera sur plus de 10 hectares.

En coulisses, on évoque l’introduction d’un permis pour la production de 2.300 tonnes de frites congelées par jour, 400 tonnes de préparations à base de pommes de terre (croquettes) et 100 tonnes de flocons. Soit deux chaînes de production d’abord, et à terme, quatre, sont prévues, chacune requérant la main-d’œuvre d’une centaine de personnesL’usine devra également comporter sa station d’épuration des eaux.

2.300
tonnes
En coulisses, on évoque l’introduction d’un permis pour la production de 2.300 tonnes de frites congelées par jour.

À Warneton, où l’entreprise est active depuis 2008, la production journalière est de l’ordre de 1.000 tonnes par jour. À terme, le groupe Clarebout veut donc doubler sa production en Wallonie. Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires en 2017 de 650 millions. Il faut dire que ces dernières années, le secteur agroalimentaire a le vent en poupe en Belgique avec une croissance annuelle de 5%. Il est d’ailleurs le plus grand secteur industriel et représente un emploi sur cinq.

Pour revenir à nos patates, l’histoire entre Clarebout et la région de Frameries a débuté en juin 2015. "En fait, les premiers contacts ont eu lieu via l’entremise de l’Awex, car l’entreprise d’origine flamande était à la recherche de terrain", raconte à l’Echo Caroline Decamps, directrice générale de l’Intercommunale de développement économique et d’aménagement du cœur du Hainaut (Idea).

"À cette époque, l’entreprise voulait construire des hangars de stockage, ce qui représente un ratio emploi/hectare vraiment faible, mais l’ensemble des forces vives de la région ont soutenu le dossier parce que Jan Clarebout avait déjà émis l’idée d’implanter des lignes de production. On ne peut que se réjouir des perspectives de création d’emplois significatives dans la région. D’autant plus que dans ce cas précis, on ancre l’emploi localement. Créer de l’emploi, c’est très bien, l’ancrer c’est encore mieux", conclut en souriant Caroline Decamps.

Idea se réjouit d’ailleurs aussi des retombées directes de la mise en place de ce projet d’ampleur sur toute une filière économique majeure, soit l’agriculture locale.

Jan Clarebout, un homme discret

L’annonce d’un investissement de 300 millions d’euros, ce n’est quand même pas tous les jours. Jan Clarebout, le fondateur et actuel dirigeant de l’entreprise familiale flamande éponyme, a d’ailleurs rehaussé de sa présence la conférence de presse mais sans prendre la parole.

Ainsi quand on demande si on peut s’entretenir par téléphone quelques minutes avec lui pour évoquer le comment du pourquoi de cet investissement, notre interlocuteur, en l’occurrence le responsable de la communication, nous indique que cela ne sera pas possible car c’est un homme d’affaires discret qui compte le rester. "C’est un stratège", nous dit-on.

On n’en doute pas vu l’expansion que son entreprise a connue depuis sa création en 1988. Aujourd’hui, Jan Clarebout est à la tête d’une entreprise qui fait partie des leaders mondiaux (certains évoquent même la première place européenne) en matière de transformation de pommes de terre fraîches en produits précuits et surgelés.

Nous n’avons pas pu recouper cette information, mais le chiffre de 800.000 tonnes de frites surgelées produites par an circule. Enfin, selon le site www.derijkstebelgen.be, la famille Clarebout serait classée 38ème parmi les plus grandes fortunes belges. Là, non plus, on n’a pas eu de commentaires.

La pérennité de l’entreprise familiale serait garantie puisqu’on nous a par contre confirmé que Jan Clarebout a plusieurs enfants.

 


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