Les smoothies sur mesure d'Alberts de Buenos Aires à Abu Dhabi

©Dieter Telemans

Alberts, une start-up créée en 2015 par trois jeunes ingénieurs, a mis au point un distributeur à smoothies de fruits et légumes. Seul élément ajouté: de l’eau filtrée. Ses fondateurs ambitionnent d’offrir une alternative saine aux distributeurs classiques de boissons sucrées.

On aurait presque envie de dire qu’il suffisait d’y penser. Pour encourager le consommateur à ingérer ses cinq fruits et/ou légumes par jour, pourquoi ne pas lui faciliter la tâche en proposant une boisson saine, fraîche, facile d’accès et personnalisée?

Deux jeunes ingénieurs de la VUB, Glenn Mathijssen et Philippe Hennin, ont franchi le pas, en mettant au point un distributeur de smoothies personnalisés, dont les ingrédients sont choisis parmi une dizaine de fruits et légumes. Avec leur pote Stefan Maas, diplômé de Solvay, ils se sont jetés à l’eau en 2015 en créant la société Alberts, appelée à commercialiser cette alternative saine aux distributeurs de sodas.

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Pourquoi Alberts? Simple hommage en forme de clin d’œil. "Dans la mesure où nous cherchons à proposer des solutions intelligentes, avec une touche d’humour, nous avons choisi de nous référer à l’une des personnes les plus intelligentes de tous les temps, Albert Einstein", explique Glenn Mathijssen.

La genèse du projet remonte à quelques années. En vacances à New York, Glenn Mathijssen et Philippe Hennin se rendent dans une chaîne de restauration rapide mondialement connue. "Le smoothie qui nous a été servi contenait un peu de fruit mais surtout une poudre sucrée d’une composition douteuse. Nous nous sommes alors dit que ce ne serait pas mal de pouvoir proposer la même chose avec uniquement des produits sains", raconte Philippe Hennin.

ça a l’air simple comme ça, mais mettre au point un distributeur à même de sélectionner les denrées choisies, y ajouter de l’eau et mélanger le tout sans anicroche et dans un laps de temps acceptable requiert un niveau technologique de pointe.

Une petite usine

"Sur le plan technique, il faut que tout soit sécurisé. Chaque machine est une petite usine qui doit être en mesure de produire des smoothies durant au moins cinq ans, sans tomber en panne à tout bout de champ", souligne Glenn Mathijssen.

Le distributeur, qui pèse et coûte l’équivalent d’une petite voiture, est un concentré de technologie. Les fruits et légumes placés dans l’appareil sont surgelés. Au moment de la confection du smoothie, les ingrédients choisis sont déposés successivement dans le gobelet. De l’eau filtrée à 85 degrés est ensuite injectée, et le tout est mélangé à vitesse rapide. La température passe alors de -20° à + 5°. Ce système, protégé par un brevet, permet d’éviter toute perte de nutriments.

"Et le rinçage après chaque préparation ne nécessite que 100 millilitres d’eau. Il suffit en effet de rincer la petite tige par laquelle passent les fruits et légumes qui vont dans le gobelet. Le système de nettoyage quotidien est par ailleurs automatisé au maximum, ce qui permet de réduire le temps de nettoyage à 10 minutes par jour", précise Philippe Hennin.

Les trois compères, qui n’ont pas encore 30 ans, y croient dur comme fer. Ils ont en tout cas déjà réussi à convaincre de gros acteurs de se joindre à eux. Greenyard, un des leaders mondiaux des fruits et légumes frais et surgelés, fournit les ingrédients proposés dans les distributeurs. Et depuis juin, le groupe Carrefour ouvre petit à petit ses points de vente à Alberts.

Les distributeurs, produits par la société Tecmore, à Diest, ne sont actuellement installés qu’à Bruxelles. Après l’hypermarché d’Evere et le Carrefour Express Manhattan, près de la place Rogier, Alberts vient d’installer un troisième appareil dans le Carrefour Express de la gare de l’Ouest, à Molenbeek. Le succès semble au rendez-vous: le gros distributeur aiguise en tout cas la curiosité du chaland.

Smoothies personnalisés

Dans l’immédiat, le client se voit proposer six smoothies, à partir de dix ingrédients différents. L’étape suivante est déjà en vue: Alberts proposera bientôt des smoothies personnalisés, constitués par le client lui-même via une application pour smartphone qui lui permettra de choisir individuellement ses mélanges.

"L’idée est de pouvoir offrir une nutrition personnalisée en fonction des besoins de chacun. Nous travaillons pour cela en partenariat avec la faculté de nutrition de l’université de Gand. À ce stade, nous avons identifié 30 fruits et légumes susceptibles d’alimenter nos machines", dit Philippe Hennin.

La start-up flamande implantée à Wijnegem, près d’Anvers, commence à faire parler d’elle. Elle vient ainsi de remporter le prix Future of Nutrition à la Food Ingredients Fair de Francfort, la plus grande foire alimentaire d’Europe.

Après deux ans et demi, Alberts sort de son cocon. Ses fondateurs sont pétris d’ambitions. "Nous voulons être des leaders dans le domaine de la nourriture saine, agréable et accessible", lance Glenn Mathijssen.

Apparemment, la sauce commence à prendre. Depuis l’annonce du partenariat avec Carrefour, en juin dernier, des demandes d’informations émanent de partout en Europe, mais aussi d’Abu Dhabi, de Russie, de Chine, d’Argentine ou encore du Canada. "Actuellement, dix machines sont en cours de fabrication pour être placées en décembre et janvier, à raison d’une par semaine, dans des Carrefour et dans des entreprises désireuses de proposer des produits sains à leur personnel", précise Glenn Mathijssen.

Des distributeurs, fournis sur la base d’un contrat de location à long terme, devraient être installés chez SAP, Worldline, dans la Tour Proximus, chez GSK, à la VUB et à l’université de Gand (UGent). Globalement, Alberts recherche 50 entreprises belges désireuses de promouvoir le bien-être et la santé de leurs employés.

Outre les supermarchés, l’entreprise anversoise entend cibler les restaurants d’entreprises, d’hôpitaux et d’universités ou encore les sandwicheries et les hôtels.

Pour pouvoir répondre à la demande, Alberts vient de renforcer son capital. Le capital de départ (40.000 euros) apporté par les trois fondateurs avait été complété en avril 2016 par un subside de 250.000 euros de la Région flamande, 300.000 euros de capitaux versés par des business angels et par un crédit de 100.000 euros d’ING.

"Il y a deux mois, un nouveau tour de table nous a permis d’obtenir 375.000 euros supplémentaires – dont une partie apportée par Greenyard – et un crédit de 250.000 euros pour la production de machines", conclut Glenn Mathijssen.

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