Natura, le challenger belge de la sauce naturelle, double de taille

©Frédéric Pauwels / HUMA

Spécialisée dans les sauces et mayonnaises sans colorants ni additifs, la PME brabançonne Natura a acquis le néerlandais Tons Mosterd.

Faire entrer la mayonnaise belge au patrimoine immatériel de l’Unesco, c’est le dernier coup marketing de Natura, PME spécialisée dans la production de sauces et mayonnaises naturelles, sans conservateurs additifs ni édulcorants. 

2 millions
d'euros
C'est le montant de l'achat, par Natura, de l'entreprise néerlandaise Tons Mosterd.

Mais là n’est pas le plus important, pour la petite entreprise tubizienne qui emploie une douzaine de personnes. Elle vient en effet de carrément de doubler de taille en acquérant la société néerlandaise Tons Mosterd spécialisée dans la production de moutardes traditionnelles et bio. Celle-ci réalise comme elle 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires. Montant du deal: près de 2 millions d’euros, soit 6 fois son ebitda. Une grosse opération à cette échelle, financée via un prêt subordonné de la Sofinex et un crédit décroché auprès de Belfius.

Arthus de Bousies ©Frédéric Pauwels / HUMA

Natura, c’est avant tout une histoire entrepreneuriale et familiale. Celle d’une PME créée il y a près de 80 ans par un poissonnier forestois qui produisait ses propres sauces pour accompagner ses plats. Arrivé à la troisième génération, l’entreprise rencontre des problèmes de succession. Responsable des ventes puis associé chez Dolfin, une chocolaterie artisanale de Wauthier-Braine, Arthus de Bousies (moins de 30 ans à l’époque) se sent pousser des ailes entrepreneuriales. Formé à l’agronomie en Grande-Bretagne, ce diplômé de Vlerick apprend lors d’un salon professionnel en Allemagne que Natura est à reprendre. Il fait offre et empoche l’affaire, mais celle-ci a besoin d’une sérieuse remise à niveau.

"C’était en 2012 et elle n’était pas informatisée, les factures étaient émises à la main avec des papiers carbone", se souvient le jeune entrepreneur. Elle dépendait en outre à 50% d’un seul client: Colruyt pour la boucherie duquel elle produisait des mayonnaises en vrac.

Complémentarité

Les locaux étant obsolètes, il déménage l’entreprise sur un zoning de Tubize dans un bâtiment flambant neuf loué à Nivelinvest. Assez vite, Natura commence à croître, la palette de produits (sauces, vinaigrettes, mayonnaises…) s’agrandit (une bonne vingtaine de références) et la clientèle se diversifie: Colruyt ne représente plus que 25% des revenus et l’horeca 20%, la majorité du chiffre d’affaires venant désormais de la marque Natura distribuée chez Carrefour, Delhaize et cie, malgré des prix deux fois plus élevés que les grandes marques, ainsi que dans des épiceries fines, soit quelque 450 magasins au total dans une dizaine de pays.  

"On a senti qu’il y avait une place à prendre pour les sauces dans le marché de l’épicerie haut de gamme, où étrangement il n’y avait pas beaucoup d’acteurs", commente Arthus de Bousies. En cinq ans, le chiffre d’affaires est passé 600.000 à 1,5 million d’euros et il vise les 1,8 million en 2018. Mais le double en comptant l’acquisition de Tons Mosterd. "Cette acquisition va nous permettre d’élargir notre gamme de produits, commente le jeune patron, nous n’étions ainsi pas encore présents dans la moutarde et les sauces bio. Nous allons donc  élargir la marque Natura avec des produits bio qui seront produits aux Pays-Bas, car Tons Mosterd possède le savoir-faire et, après tout, il n’y a que 150 kilomètres de distance."

Pour l’heure, le patron de la société  tubizienne a fort à faire entre l’intégration de sa nouvelle acquisition et les aléas de la production (2 tonnes par jour). "Le beau temps de ces derniers jours est a impact énorme sur le chiffre d’affaires, mais c’est un fameux défi logistique pour une petite société; mais bon on ne va pas se plaindre…"

©Frédéric Pauwels / HUMA

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