Nespresso et JDE vendent plus en ligne et à domicile

On boit autant de café qu’avant la pandémie, mais en d’autres lieux, souligne Oliver Perquy, le patron de Nespresso Belux. ©Marco Mertens

Les grandes marques de café compensent l'impact du Covid-19: la consommation glisse du professionnel vers le privé et les ventes, des magasins vers le commerce en ligne.

Durant le confinement, les buveurs de café n’ont pas cessé de boire du noir, mais ont modifié leur approche. Les particuliers ont acheté beaucoup plus de café en ligne, tandis que les travailleurs qui en dégustaient en entreprise sont devenus des buveurs "maison". JDE Peet’s, la société mère de Douwe Egberts,  a dégagé un chiffre d’affaires record dans la consommation à domicile et a vu ses commandes en ligne bondir de 63% au premier semestre, ce qui a presque compensé dans ses revenus globaux les chutes des ventes en entreprise et dans l’horeca.

Ventes en ligne multipliées par deux

Nespresso, la marque des capsules espresso du géant Nestlé, a fait la même expérience. "Durant la crise, la consommation est passée en quasi-totalité à la maison", explique Oliver Perquy qui a repris, en septembre 2019, la direction de Nespresso pour les marchés belge et grand-ducal. "Et comme les gens ont voulu continuer à s’offrir un moment de plaisir café en télétravail, la croissance du marché du café proportionné et de qualité s'est accélérée." On a dès lors assisté à un double glissement sur le marché belge: du marché des entreprises et de l’horeca vers celui des particuliers, et des ventes en magasin vers les ventes en ligne.

Un abonnement café dans votre "plan cafétéria"?

La deuxième chose qui compte le plus pour les employés sur leur lieu de travail est… le café! "Une enquête récente a montré combien c’est important pour eux", commente Oliver Perquy, le directeur général de Nespresso Belux. "La qualité de l’offre de café au bureau est perçue par l’employé comme une marque de reconnaissance."

Très opportunément, Nespresso vient de lancer en Belgique sa nouvelle offre d’abonnement mensuel: le client y détermine le nombre de capsules de café qui lui seront livrées chaque mois. Une offre destinée aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises. "Il faut réfléchir à l’avenir", poursuit Perquy: Comment les gens organiseront leur travail? Avec quelle part accordée au télétravail? Dans ce nouveau contexte, les employeurs pourront offrir pareil abonnement à leurs collaborateurs. "Si cela marche bien, cela pourrait même, qui sait, intégrer les "plans cafétéria" des entreprises.

Actuellement, Nespresso a lancé ce service dans 28 pays. Il l’avait étrenné l‘an passé au Royaume-Uni.

"Nous avons considéré l’activité de nos boutiques comme non alimentaire. Nous avons donc fermé nos huit boutiques belges et nos deux luxembourgeoises durant le confinement", poursuit le directeur général Belux. On a récupéré ce business via nos ventes en ligne, qui ont presque doublé durant le lockdown. Et les commandes en ligne de nos machines à café ont aussi connu une croissance importante." Comme chez son rival JDE, il estime que ces ventes ont quasi compensé les chutes dans les entreprises et l’horeca.

"Durant la crise, la consommation est passée en quasi-totalité à la maison."
Oliver Perquy
directeur général, Nespresso Belux

Sur notre marché, Nespresso a maintenu son effectif à quelque 300 personnes, comme avant la pandémie: 200 au siège et dans les forces de ventes, et une centaine dans les boutiques. Personne n’a émargé au chômage temporaire. Durant le confinement, une partie du personnel des boutiques a été reconvertie à d’autres fonctions, dans les ventes en ligne notamment. Aujourd’hui, 90% du personnel œuvre en télétravail pour le siège tandis que dans les boutiques, l'effectif est revenu au comptoir.

300
emplois
Nespresso emploie 300 personnes en Belgique et au Grand-Duché et n'a pas recouru au chômage temporaire durant le lockdown.

"Compte tenu des mesures de sécurité sanitaire, nos boutiques n’ont pas encore retrouvé leur niveau d’avant. Des clients ayant découvert les facilités des commandes en ligne continuent aussi d’acheter à distance. Mais nos boutiques n’ont pas pour unique mission de vendre, elles servent aussi à offrir une expérience café et à faire découvrir des nouveautés…"

Recyclage: discussion avec Fost+

A leur réouverture, à la mi-mai, Oliver Perquy a eu la surprise de voir de nombreux consommateurs faire la file à l’entrée dans le seul but de rapporter leurs capsules usagées. Celles-ci sont entièrement recyclables, pour rappel, mais le taux de recyclage réel dépend évidemment du taux de collecte. "Nous sommes à 30% de retours", précise le dirigeant, "contre 26% il y a un an: c’est mieux, mais il faut continuer à informer nos clients et à leur faciliter la vie pour augmenter encore sensiblement ce taux."

La société a d’ailleurs engagé des négociations avec Fost+, l’association organisant la récolte, le tri et le recyclage des emballages ménagers en Belgique, en vue d’intégrer son système. "Dans ce cadre, on est prêt à investir dans des centres spécialisés à même de scinder les composants des petits emballages comme les capsules", dit-il. Il ajoute espérer convaincre des concurrents de participer à la même démarche et élargir le projet à d’autres emballages.

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