Philippe Lhomme entre au capital d'Invineo, le Nespresso du vin

Thierry Tacheny, patron d'Invineo, accueille un investisseur de choix en la personne de Philippe Lhomme. ©anthony dehez

La start-up wallonne dédiée à la vente de vin au verre a levé 3,3 millions d’euros ces derniers mois dont près d’un million via l’homme d’affaires actif dans la communication. Objectif: accélérer la commercialisation.

Renfort de choix pour Invineo, start-up lancée en 2016 par Thierry Tacheny, l’ex-patron de la régie pub IP (RTL) et des chaînes de télé de SBS. Philippe Lhomme, businessman bien connu actif dans la communication (Crazy Horse, Batibouw, les cinémas Imagix, le magazine Pyschologies…) vient d’investir, en pleine pandémie, près d’un million d’euros dans la société, ceci à l’issue d’une augmentation de capital de 1,9 million à laquelle ont également souscrit les actionnaires actuels et un investisseur anonyme. À cela s’ajoute 1,4 million via un emprunt obligataire réuni il y a un an, là aussi auprès des actionnaires historiques et de nouveaux investisseurs, et converti depuis en actions.

Aventure industrielle de longue haleine, Invineo est, pour rappel, un concept intégré de vente de vin au verre: machine, contenant (tubes), vin (vingt références) et service. D’où son surnom de Nespresso du vin.

Carnet d'adresses

"L’apport de Philippe Lhomme n’est pas que financier, il est aussi relationnel"
Thierry Tacheny
Fondateur et CEO d'Invineo

"L’apport de Philippe Lhomme n’est pas que financier, il est aussi relationnel car il est présent dans des secteurs où, avec l’horeca, nous voulons déployer nos services à la fois en Belgique et en France", relève Thierry Tacheny. Philippe Lhomme est en effet, entre autres, président du syndicat français des cabarets. "C’est un beau projet mené avec rigueur et une vraie réflexion stratégique, commente ce dernier; non seulement il surfe sur une tendance de fond, la consommation du vin au verre, mais en plus il voit s’ouvrir un boulevard imprévu car Invineo est Covid safe, étant donné qu’il demande moins de manipulations."

"Invineo surfe sur une tendance de fond, la consommation du vin au verre, mais en plus il voit s’ouvrir un boulevard imprévu car il est Covid safe"
Philippe Lhomme
Investisseur

À ce jour, Invineo a levé au total 6,7 millions d’euros. Thierry Tacheny et ses proches possèdent 55% des parts, le groupe Cinoco, actif dans la distribution de vin, 18%, la SRIW et Namur Invest 18% également, le solde étant détenu par Philippe Lhomme. D’autres investisseurs auraient pu s’ajouter s’il n’y avait pas eu le coronavirus: "Lors du CES de Las Vegas en janvier, des partenaires américains se sont manifestés pour rejoindre le tour de table mais la crise a bloqué ce projet, indique Thierry Tacheny. En revanche la Région wallonne nous a octroyé un subside d’un million pour la fabrication d’une machine de conditionnement et de remplissage. "

Exporter le concept

L’argent levé permettra de lancer la fabrication des machines (par l’Autrichien Gronbach) et d'assurer la commercialisation. "La R&D et la phase de tests, qui a permis de faire valider le modèle par le marché, sont derrière nous, nous sommes prêts à développer la commercialisation, aujourd’hui une vingtaine de machines sont vendues et installées, nous avons l’ambition d’en placer une centaine d’ici la fin de l’année ", assure Thierry Tacheny. Parmi ses clients figurent Sheraton, Crowne Plaza, Ibis, le parc Astérix, le Sportpaleis d’Anvers, quelques restaurants et des boutiques hôtels.

1.500
machines placées
Pour atteindre le break-even, Invineo devra placer quelque 1.500 machines

Évidemment, la crise a fait perdre du temps à l’entreprise qui a vu tous ses marchés potentiels subitement fermés. Sans compter les aléas propres à tout projet novateur. Les prévisions optimistes du printemps 2019 ont été tempérées. Prévu pour 2022, le break-even a été reporté à une échéance de 3 à 5 ans, compte tenu des événements actuels, soit 1.500 machines écoulées. À cette fin, une dernière levée de fonds, prévue fin 2020 doit permettre de financer la croissance et l'exportation du concept en France et aux Pays-Bas via un financement mixte. Dans ces trois marchés la cible potentielle est évaluée à quelque 40.000 lieux et établissements.

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