Thierry Tacheny lance le "Nespresso du vin"

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Avec quelques associés, l’ex-patron de la régie pub IP espère dupliquer dans le vin le succès de Nespresso dans le café. Un projet très ambitieux.

Après tente ans passés dans le Landerneau médiatico-publicitaire – il fut patron de la régie IP (RTL) et des chaînes Vier et Vijf (SBS) et est aujourd’hui consultant – Thierry Tacheny s’apprête à vivre une seconde jeunesse. Avec quelques associés, il a créé, durant l’été 2015, la société Bibmatic dont il est le CEO et le principal actionnaire. Dotée de 750.000 euros de capital, auxquels il faut ajouter un prêt de 300.000 euros apporté par la Région wallonne via son programme d’aide aux prototypages, Bibmatic s’attelle à la concrétisation d’un audacieux projet vinicole. Baptisé Invineo, le concept s’apparente à une sorte de "Nespresso professionnel du vin", soit une machine, un contenant, le vin et le service qui y est associé.

Consommation au verre

Déjà breveté, le système en est encore au stade pré-industriel. Le premier prototype a été développé par l’un des associés fondateur, l’ingénieur Etienne Mertens. Des versions plus évoluées et validées par le bureau d’études Wow Technology ont été construites depuis et sont actuellement testées lors de soirées et événements privés.

L’ambition est relativement simple: dupliquer dans le vin la success story de la filiale de Nestlé dans le monde professionnel, ceci sur base de plusieurs constats. D’abord, la consommation de vin hors domicile (restaurants, bar à vins…) se fait de plus en plus au verre. Elle représente près d’un quart des ventes en France. Ensuite, la poussée du "bag in box" dans la consommation à domicile: elle pèse plus d’un tiers des volumes en Belgique. Enfin, la vente de vin au verre au départ de bouteilles pose des problèmes de conservation, est source de gaspillage et de manque à gagner pour les professionnels de l’horeca; en outre, elle n’apporte pas toutes les garanties de fraîcheur au consommateur.

1.000 €
À un millier d’euros la machine, le système Invineo sera dans un premier temps destiné prioritairement aux professionnels de l’horeca.

Invineo entend répondre à ces inconvénients avec ce nouveau service. Premier étage de la fusée: le contenant, le "tube" Invineo, qui marie la technologie du "bag in box" (pas d’oxydation car l’air ne passe pas) tout en évoquant l’esthétique de la bouteille. D’une contenance de 2 litres (l’équivalent de 2,6 bouteilles), il permet de conserver le vin pendant six semaines après ouverture. Deuxième étage: la machine. Bourrée de technologie elle permet de servir le vin à la température conseillée grâce à un système de tag NFC interactif et un processus de refroidissement et de service brevetés. Troisième étage: le vin. Invineo compte proposer de 40 à 60 références à des prix équivalents à des bouteilles allant de 6 à 15 euros (prix consommateur), en vins rouge, blanc et rosé.

Dans un premier temps, les cibles visées sont le secteur horeca (restaurants, bars, hôtels…), le tourisme (bateaux de croisières, clubs de vacances…) et l’événementiel, ceci via un système de leasing des machines.

D’après les études, le marché américain paraît le plus porteur mais, afin de limiter les risques, la société envisage plutôt de débuter dans son hinterland: Belgique, France, Grande-Bretagne, Allemagne. Le marché des particuliers sera lui aussi attaqué mais dans un second temps, car le prix de la machine est encore assez élevé pour les ménages, environ 1.000 euros.

Un projet 100% wallon

Invineo est un projet 100% wallon mais développé avec des partenaires extérieurs. Le système de fermeture des tubes a ainsi été mis au point avec le leader français des robinets pour "bag in box", Vitop.

Mais c’est aussi un projet industriel et gourmand en cash: R & D, production des contenants, importation et stockage du vin, marketing, distribution (notamment via l’e-commerce)… La société s’apprête dès lors à procéder à une nouvelle levée de fonds de 2 millions. Seront sollicités: des invests publics, des industriels du secteur, des financiers, des fonds d’investissement, etc.

Objectif: mettre en place un micro-marché test avec une vingtaine de machines dans différents lieux: bars, événements, hôtels, etc. avant de lancer – si le vin ne tourne pas au vinaigre – le service à grande échelle d’ici la fin 2018. à cette fin, Thierry Tacheny estime que 8 millions supplémentaires seront nécessaires sur 3 ans afin notamment de construire une unité de production des tubes, la fabrication des machines étant amenée à être sous-traitée, sans doute en Suisse là où se situent les usines de Nespresso, la technologie étant relativement comparable.

Thierry Tacheny évoque un marché de 500.000 établissements horeca en Europe avec l’objectif, dans un premier temps, d’écouler 5.000 machines. Mais le break-even sera atteint dès les 3.500 unités écoulées, selon lui, la marge devant venir de la vente des tubes. Dans les quatre ans après le lancement, le chiffre d’affaires pourrait avoisiner les 50 millions d’euros, estime-t-il. Ambitieux pour un projet qui part pour ainsi dire de rien, si ce n’est la détermination de ses géniteurs.

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