Un dividende optionnel pour alléger le fardeau d'AB InBev?

Carlos Brito, le CEO d'AB InBev. ©BELGA

L'endettement reste la principale inquiétude de Berenberg vis-à-vis d'AB InBev. Le broker estime que le groupe pourrait proposer un dividende en espèces ou en actions pour réduire les sorties de cash. Berenberg juge, en outre, que l'inflation va peser sur les résultats du secteur en 2019.

Les brasseurs risquent de connaître des temps difficiles dans les mois qui viennent. C’est le constat que tire la banque privée Berenberg au regard de la pression croissante de l’inflation sur les coûts de production. "Aux prix actuels notre indicateur suggère que le coût de l’inflation pour les brasseurs approchera 16% en 2019 suite à des hausses subites cet été dans des produits clés comme l’orge et en raison de la poursuite de la hausse des prix de l’énergie tout au long de 2018."

Du coup, l’équipe d’analystes a décidé de réduire ses prévisions de bénéfice de 6% en moyenne pour 2019 et se situe désormais bien en dessous du consensus. Cette révision concerne les groupes suivants: Heineken (dont la recommandation passe de "conserver" à "vendre"), AB InBev (acheter), Carlsberg (conserver), Molson Coors (conserver) et Boston Beer (conserver).

Objectif de cours réduit

La récente faiblesse des devises de certains pays émergents (livre turque, peso argentin, rand sud-africain par exemple, NDLR) amplifie cette inflation pour les brasseurs opérant dans ces pays.

Ce qui, comme nous l’avons exposé ici récemment et en détail, est particulièrement le cas d’AB InBev. "Nous estimons à environ 70% les ventes nettes générées dans les marchés de croissance tandis que 90% de la dette brute est libellée soit en dollars soit en euros" soulignent les analystes.

Tenant compte de l’inflation dérivée de la dépréciation des monnaies locales, ils ont réduit leurs prévisions d’Ebit et bénéfice par action pour 2019 de 5% et 6% respectivement. Dans le même mouvement, leur objectif de cours passe de 114 à 100 euros.

Dette et dividende

Mais ce qui reste la préoccupation principale du broker, c’est l’endettement du numéro un mondial de la bière. "À côté de la chute de certaines devises, ce qui pèse sur l’action c’est la dette du groupe et le lent désendettement actuellement projeté par le consensus compte tenu de la partie du bénéfice qui est distribuée aux actionnaires".

Avec AB InBev, on en revient donc toujours au poids de la dette et au coupon promis par Carlos Brito, le CEO, et son équipe. Alors qu’ils ne plaident pas pour un rabotage du dividende, les analystes estiment toutefois qu’il existe d’autres formules permettant de réduire les sorties de cash.

Cela pourrait prendre la forme d’un dividende optionnel c’est-à-dire un choix entre des espèces ou des actions du groupe comme le fait Rémy Cointreau. "Cela pourrait aider la société à retrouver plus rapidement sa force financière et permettre à l’action de se négocier à des multiples plus élevés qui refléteraient mieux sa position avantageuse dans le secteur brassicole."

Faible valorisation

Parmi les cinq brasseurs passés à la loupe, AB InBev reste le favori de Berenberg grâce à son focus stratégique accru sur la progression des ventes. Le broker estime, en outre, que la plupart des inquiétudes évoquées plus haut se reflètent déjà dans la faible valorisation du groupe à 16,4 fois l’Ebit estimé de 2019 pour 16,2 fois pour la moyenne du secteur.

Ce mardi, le titre du brasseur a encore perdu des plumes, abandonnant 1,50% à 76,23 euros alors que l’écrasante majorité des analystes qui suivent la valeur recommandent un achat et que l’objectif de cours moyen s'élève à 101,5 euros.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content