Un duo d'entrepreneurs flamands reprend Qualibeef (ex-Veviba)

©Patrick Hattori

Bonne nouvelle pour l'abattoir bastognard: Idelux, le comité sectoriel viande de Bastogne et la curatelle se sont mis d'accord pour valider l'offre de reprise de l'activité et du site déposée par Jan et Charlotte Swaegers. Deux professionnels du secteur, qui prévoient de procéder par étapes. Avec une cinquantaine d'emplois dès 2020.

L’abattoir de l’ancienne Veviba a enfin trouvé un repreneur. Trois mois et demi après la faillite de Qualibeef et sa filiale AMB (Abattoir et Marché de Bastogne), la curatelle et l’intercommunale Idelux ont tranché: ce seront Jan et Charlotte Swaegers, un duo d’entrepreneurs du nord du pays, qui relanceront l’activité sur le site qui figure parmi les plus modernes et les mieux équipés du pays. Jan Swaegers et sa fille proviennent du secteur: le premier a cédé récemment à son frère l’entreprise d’abattage qu’il dirigeait avec lui à Hoogstraten, Slachthuis Swaegers NV. Il ne sera pas resté longtemps inactif...

Deuxième round

Seule une entreprise avait remis une offre, acceptée par la curatelle, mais pas par Idelux Finance, une des sociétés de l’intercommunale Idelux.

La décision est tombée à l’issue d’un deuxième appel à candidatures. Alors que la faillite était intervenue le 20 août dernier, la date butoir pour un premier tour des candidats à la reprise avait été fixée au 15 septembre: à l’époque, si cinq entreprises avaient consulté le cahier des charges, seule une d’entre elles avait remis une offre. Celle-ci avait été acceptée par la curatelle, mais pas par Idelux Finance, une des sociétés de l’intercommunale Idelux.

Cette dernière a en effet beaucoup à dire dans le dossier car elle possède les bâtiments occupés par l’abattoir, l’atelier de découpe de viande et le surgélateur industriel. Elle a, de plus, racheté les équipements qui avaient été mis à disposition de Qualibeef par deux sociétés de leasing, dont KB Lease. Bref, il fallait à la fois l’accord d’Idelux Développement, d’Idelux Finance, de la curatelle et du comité du secteur viande de Bastogne. Un deuxième tour a donc été organisé, à l’issue duquel a été retenue l’offre de Jan et Charlotte Swaegers. Les conseils d’administration des deux sociétés d’Idelux lui ont donné leur feu vert ce vendredi.

La relance en deux phases

Ils reprennent l’ensemble du site, soit plus de 6 hectares, dont plus de 17.500 m2 de bâtiments. Ils projettent de relancer l’activité de production par étapes, en commençant par l’abattage et la découpe. Cela signifie qu’ils comptent engager dès la première année une cinquantaine de travailleurs. Avant la faillite, Qualibeef et AMB employaient encore 54 personnes.

"Ils ont un budget d’investissement de relance conséquent."
Arnaud Schmitz
Conseiller chez Idelux Développement

Ils vont s’appuyer sur "l’emploi local et un partenariat privilégié avec le tissu agricole de proximité, afin de garantir la qualité des produits et le bien-être animal", souligne Idelux dans un communiqué.

"Ils ont un budget d’investissement de relance conséquent", précise Arnaud Schmitz, conseiller chez Idelux Développement. Celui-ci ajoute qu’Idelux Finance demeurera propriétaire des murs dans un premier temps, ce qui permettra à l’intercommunale et la région de garder un oeil sur l’évolution du site tout en allégeant la charge financière pour les repreneurs.

Si tout se déroule selon les plans, les Swaegers prévoient d’entamer en deuxième phase une activité de produits préparés sur le site. Faut-il le préciser, ils comptent redémarrer les activités le plus rapidement possible, c’est-à-dire dès le début de l’an prochain.

La crise au printemps 2018

Les déboires de l’abattoir bastognard remontent au printemps 2018, quand une fraude aux dates de congélation de la viande et la non-conformité de certains produits avaient été mis à jour suite, entre autres, à une perquisition sur le site. Il s’en était suivi un retrait d’agrément pour Veviba, ainsi que la mise sous scellés de son surgélateur industriel.

La nouvelle équipe aux commandes avait tenté de s’en sortir en passant par la case "Procédure en réorganisation judiciaire".

Par la suite, malgré le changement de nom de l’entreprise (Qualibeef), la nomination d’une nouvelle direction et l’éloignement de la famille actionnaire (les Verbist), l’activité n’avait pas pu être relancée sur de bonnes bases, notamment en raison de la mise sous scellés d’une partie des installations. Les procédures judiciaires ouvertes au pénal et au civil contre les anciens abattoirs n’avaient rien fait pour arranger les choses.

La nouvelle équipe aux commandes avait tenté de s’en sortir en passant par la case "Procédure en réorganisation judiciaire", d’abord par accord collectif des créanciers, puis par transfert. Mais devant l’avalanche de dettes accumulées et compte tenu de la mise à l’arrêt de l'activité, le tribunal de l’entreprise de Liège, division Neufchâteau, avait fini par déclarer la faillite le 20 août 2019. L’ironie de la chose étant que les installations d’abattage et de découpe figuraient (figurent toujours) à la pointe du secteur en Wallonie et en Belgique.

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