Une agriculture meurtrie par la sécheresse

La sécheresse touche grandement les agriculteurs sur le long terme. ©Photo News

Les agriculteurs wallons doivent faire face à d’importantes pertes financières suite à la canicule. Dans les secteurs des légumes, des arbustes et du poisson, c’est toute une partie de leur production qui est totalement perdue. Les agriculteurs comptent faire appel au Fonds wallon des calamités.

La canicule est enfin finie. L’air est plus respirable et les nuits sont plus fraîches. Un vrai régal. Mais les agriculteurs peinent à profiter de ce redoux. Les conséquences de la sécheresse sont nombreuses et, pour certains, déjà irréversibles. Ils demandent l’aide des pouvoirs publics.

Fabrice Flamend, gérant d’une grande exploitation agricole, l’affirme: "Pour les pommes de terre et les haricots, c’est déjà trop tard". Affaiblis par le manque d’eau, les plants n’ont pas pu survivre aux fortes chaleurs de ce mois d’août. Les récoltes de haricots en attestent: les rendements sont jusqu’à 50% en dessous de la moyenne. La terre est tellement sèche qu’il est tout simplement impossible de semer. C’est le cas des épinards par exemple. Seul un agriculteur avec des terres irriguées pourra essayer d’en faire pousser.

Les nouvelles sont aussi mauvaises du côté des exploitants de poires. À cause de la chaleur, les poiriers ont perdu une grosse partie de leurs feuilles. Ce sont pourtant les feuilles qui permettent aux fruits de grossir. Les poires seront donc plus petites, cette année. Pour ne pas arranger les choses, la récolte doit être avancée. Le soleil a fait mûrir plus rapidement les fruits. Ce sera déjà bientôt le moment de les cueillir. Pas le temps de les laisser grossir plus.

6 tonnes
Suite à la chaleur, 6 tonnes de poissons qui sont morts dans les piscicultures wallonnes.

C’est moins connu, mais l’horticulture ornementale wallonne, tout autant touché par la sécheresse, est en grand danger. Dominique de Witte, pépiniériste dans le Brabant wallon, a déjà perdu 25.000 plants. Ces derniers n’ont pas repris après transplantation à cause d’une terre trop sèche. Le reste de la production ne permettra pas à Dominique de répondre à toutes les demandes de sa clientèle. Il devra certainement aller acheter chez d’autres grossistes.

Trop chaud pour les animaux

La rentabilité des vaches a été diminuée par la canicule. ©Photo News

L’été, les éleveurs de bétail laissent généralement leurs bêtes paître dans les prés où elles trouvent leur nourriture. Mais quand l’herbe est totalement brûlée, il n’y a plus rien à manger et les éleveurs doivent puiser dans leurs réserves de fourrage. Il faut parfois acheter pour ne pas épuiser totalement les stocks. Alain Demonceau possède un important cheptel de vaches laitières. "J’ai besoin de 6 à 7 tonnes de fourrage tous les jours. À 100 voire 150 euros la tonne, cela représente un sacré budget", explique-t-il. Les mauvaises récoltes ont fait flamber les prix. Aux coûts d’entretien s’ajoute une diminution du rendement des bêtes. Les vaches d’Alain produisent moins de lait et ce dernier est de moins bonne qualité. "Les vaches ne sont pas conçues pour supporter la chaleur. 10 degré, c’est l’idéal pour elle", précise Alain.

La chaleur, les poissons ne la supportent pas non plus. Le seuil mortel est une eau à 24 degrés. Avec un faible courant, il y a moins d’oxygène et l’eau s’échauffe. Les pertes sont énormes. Selon le collège des producteurs, la mortalité se chiffre à 6 tonnes d’individus. Ce sont plusieurs centaines de milliers d’euros qui partent en fumée.

L’appel à l’aide

Les agriculteurs ne pourront pas répercuter les pertes sur le prix de vente. Dans la plupart des cas, ils revendent leur production à des entreprises de transformation et de conditionnement qui fixent les prix des produits plusieurs mois avant la récolte.

Les agriculteurs n’ont donc pas d’autre choix que de se tourner vers les autorités pour espérer recevoir des indemnités. Les producteurs de fruits et légumes feront appel au Fonds wallon des calamités. Ils ont déjà contacté les commissions communales de dégâts agricoles pour qu’elles puissent se rendre compte des pertes occasionnées. D’autres secteurs comme l’horticulture ornementale et la pisciculture ne sont pas repris dans ce dispositif d’aide. Ils ont peu de chances d’obtenir des indemnités et devront par conséquent compter sur leurs propres ressources pour se remettre à flot.

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