AB InBev a un nouveau président et un nouvel objet social

Martin J. Barrington (Altria) préside désormais le conseil d'AB InBev. ©BELGA

Les actionnaires du premier brasseur mondial ont approuvé les changements proposés dans la politique de rémunération, l'objet social et la composition du conseil d'administration. Ce qui ne les a pas empêchés de soumettre la direction à un feu roulant de questions.

Le premier brasseur mondial a un nouveau président: Martin J. Barrington a succédé à Olivier Goudet à la tête du conseil d’administration d’AB InBev. Les actionnaires réunis ce mercredi en assemblée générale ont approuvé sa nomination, en dépit du fait qu’il ne soit pas entièrement indépendant au sens de la loi belge car il représente Altria, un des deux grands actionnaires à droits restreints avec BevCo: les anciens principaux actionnaires de SABMiller ne font pas partie du groupe des actionnaires de référence (les familles belges et les Brésiliens), ce qui relativise en effet le problème de l’indépendance de leur représentant.

«Nous sommes aussi actionnaires de la compagnie. Quand vous êtes heureux, nous le sommes, quand vous êtes tristes, nous le sommes aussi.»
Carlos Brito
CEO, en réponse à un petit porteur inquiet du cours de l'action

"Je me sens très indépendant, a déclaré Martin J Barrington après l’assemblée. Nous sommes quinze au conseil, dont trois indépendants et six avec les représentants d’Altria et BevCo. Au conseil, nous travaillons tous dans l’intérêt de la compagnie et de ses actionnaires. Et on continuera à le faire." A un actionnaire qui a néanmoins conservé des doutes, le président sortant Olivier Goudet a répliqué que le conseil a cherché à présenter le meilleur président pour la compagnie. "Et je je vous assure qu’il n’y aura pas d’affaiblissement de l’indépendance du président", a-t-il conclu.

Dividende approuvé

L’assemblée a approuvé tous les points à l’ordre du jour, ce qui n’a pas empêché les petits (et grands) porteurs de soumettre le CEO Carlos Brito et Olivier Goudet à un feu roulant de questions. La baisse du cours de Bourse ces derniers mois y est vraisemblablement pour beaucoup. 

Le dividende final sera d’un euro par action, soit un dividende total de 1,80 euro, réduit de 50% par rapport à l’an dernier afin de supporter les efforts du groupe pour réduire son endettement.

Le ratio d'endettement net sur Ebitda était toujours de 4,6 à fin décembre dernier. "La réduction de notre endettement à deux fois l'Ebitda reste notre engagement, a répété Carlos Brito. Nous prévoyons qu'il passera sous le niveau de 4 d'ici fin 2020." Quant au directeur financier Felipe Dutra, il a insisté sur l'allongement de la maturité des obligations, qui est désormais de 14 ans en moyenne. "On n'aura pas plus de 6 milliards de dollars de remboursement par an", a-t-il assuré tout en ajoutant que 95% du total est à taux fixe.

Elargir ses métiers?

L’élargissement de l’objet social d’AB InBev a été approuvé malgré la question acerbe d’un investisseur: "Demain, vous pourriez investir dans le secteur de l’assurance, les services, la production de voitures ou de café", a-t-il lancé sur le mode ironique. "Non, le monde évolue et l’objectif de cette mesure est de permettre au groupe de s’adapter au marché, a répondu Goudet. Nous sommes un brasseur et nous voulons le rester, mais il est essentiel pour nous de moderniser l’objet social afin de permettre des investissements cruciaux pour l’avenir."

Carlos Brito, CEO d'AB Inbev. ©BELGA

De son côté, Carlos Brito a donné deux exemples concrets: "Certaines graines contiennent des fibres riches en protéines et qu’il est désormais possible d’extraire. On pourrait prendre des initiatives dans ce domaine. Ou rendre divers services à nos détaillants."

La modification de la politique de rémunération des administrateurs avec, entre autres l’augmentation de la partie fixe du président et le remplacement des options sur actions par des "restricted stock units" (RSU, unités d’actions assujetties à des restructions) n’a pas suscité autant d’interrogations. L’augmentation de 36% du fixe du président a été votée avec 82% de "oui" et le remplacement des options par des RSU pour tous les administrateurs avec 97%.

Rien à voir avec 3G

A plusieurs actionnaires qui se sont inquiétés du sort du producteur de ketchup Heinz Kraft, contrôlé par le holding 3G qui fédère une large part des actionnaires brésiliens d’AB InBev, et qui cherchaient à établir des comparaisons avec le brasseur, Carlos Brito a expliqué que le seul point de comparaison est qu’on trouve certains actionnaires de référence identiques dans les deux groupes. "Mais c’est tout. AB InBev n’a rien à voir avec cela."

Dans la foulée, il a souhaité "bonne chance" à Miguel Patricio, l’ancien directeur du marketing d’AB InBev qui est devenu CEO de Kraft Heinz. Brito a repoussé toutes les questions sur le projet qu’on lui prête d’introduire en Bourse de Hong Kong une partie des activités asiatiques du groupe. "Il ne s’agit que de rumeurs, cela ne vient pas de chez nous", a-t-il dit. Avant de se lancer dans une description flatteuse des positions d’AB InBev en Chine, Corée, Australie, Inde... Il a ajouté croire dans le potentiel de ce dernier méga-pays, où le marché de la bière pourrait exploser comme il l’a fait en Chine ces dix dernières années.
 

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect