AB InBev cherche un successeur à Carlos Brito

Carlos Brito, CEO d'AB InBev ©Dries Luyten

Le premier brasseur mondial a lancé la procédure pour trouver un remplaçant à son dirigeant historique. Le départ de son CFO, Felipe Dutra, en février dernier l’a fragilisé.

C’est le Financial times qui a lâché l’information ce lundi soir. AB InBev a lancé une procédure de sélection pour trouver un nouveau CEO au premier brasseur mondial. Exit donc Carlos Brito ? L’entreprise ne confirme pas l’information, se retranchant derrière un "no comment" de circonstances.

Selon ces sources, le cabinet de recrutement Spencer Stuart a été chargé du dossier et Carlos Brito lui-même, qui aurait prévu de se retirer dans le courant de l’année prochaine, serait directement impliqué dans le processus de sélection.

Profils extérieurs

Selon le FT, le brasseur étudie avec intérêt des profils extérieurs pour le poste, d’après trois sources proches de la procédure. Un recrutement externe serait cependant plutôt une surprise dans ce groupe qui a beaucoup privilégié la promotion interne, jusqu’ici.

Le brasseur étudie avec intérêt des profils extérieurs pour le poste, une surprise dans ce groupe qui a beaucoup privilégié la promotion interne, jusqu’ici.

En interne, le nom de Michel Doukeris, qui dirige actuellement Anheuser Bush, la branche américaine du groupe, est sur toutes les lèvres bien informées. Le Chief Strategy Officer David Almeida et le responsable du marketing Pedro Earp ont également été évoqués mais ne seraient plus en course pour l’instant.

D’après ces sources citées anonymement par le FT, il est toujours possible que Brito prolonge son mandat à la tête du groupe tant que AB InBev n’a pas trouvé la perle rare pour le remplacer.

Méga-acquisitions

Brito est devenu CEO d’AB InBev en 2005, lorsque le groupe s’appelait encore InBev, après la fusion entre le brasseur brésilien AmBev et le louvaniste Interbrew. Il a fait du groupe un véritable géant du secteur brassicole grâce à deux méga-acquisitions – celles d’Anheuser-Busch en 2008 et de SABMiller en 2015. Le groupe combine cette stratégie de croissance avec une efficacité sans faille: de toutes les multinationales du secteur des biens de consommation – comme Nestlé, Coca-Cola, Procter & Gamble – AB InBev est clairement la plus rentable.

Mais il est aussi terriblement endetté. Plus de 87 milliards de dollars à fin juin 2020 (près de 5 fois les revenus du groupe). Une charge que le groupe traîne comme un boulet et qu’il ne parvient pas à freiner ces derniers temps, même au prix d’une gestion rigoureuse et d’une pause mise aux acquisitions. AB InBev s’est même désengagé de certaines activités pour tenter de réduire sa dette. Il a notamment vendu ses activités australiennes pour 11 milliards de dollars.

87,4
milliards USD
La dette d'AB InBev s'élève à plus de 87 milliards de dollars à fin juin 2020 (près de 5 fois les revenus du groupe).

Le groupe a réduit de moitié son dividende en avril dernier, comme il l’avait fait en 2018. Le cours de bourse "végète" aujourd’hui à 60% de ce qu’il était lors de l’acquisition de SABMiller en 2015. De quoi inquiéter les investisseurs.

Départs en cascade

Cette situation financière a d’ailleurs "coûté" son poste au CFO Felipe Dutra, en février dernier, quelques mois après le remplacement du président du conseil d’administration Olivier Goudet par Marty Barrington, ancien CEO de Altria.

Après deux départs aussi lourds, on pouvait se poser des questions sur la stabilité de Carlos Brito. Et il y a quelques semaines, les trois administrateurs historiques du pôle brésilien du groupe (Marcel Telles, Carlos Alberto Sicupira et Jorge Lemann, le mentor de Brito), artisans de la fusion avec Interbrew, se sont également retirés, atteints par la limite d’âge.

Le départ prochain de Carlos Brito sonnerait donc comme un passage de flambeau définitif à une autre génération et la mise en place d’une autre stratégie, davantage organique que basée sur la croissance externe.  

©Mediafin

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