AB InBev déjoue les analystes avec une croissance des volumes

Le CEO Carlos Brito, qui va continuer de diriger le groupe, paraphe une copie trimestrielle encourageante dans le contexte pandémique. ©BELGA

AB InBev a mieux réussi à surfer sur ses atouts au troisième trimestre qu'aux deux premiers. Ses volumes ont crû de 2,2% sur les 3 mois.

La presse anglo-saxonne avait annoncé, voici quelques mois, le prochain départ du CEO d'AB InBev Carlos Brito, sans plus de précision. Les résultats réalisés par AB InBev au troisième trimestre, dans un contexte de crise pandémique aiguë, semblent démontrer que ce serait une erreur. Car le brasseur a réussi à faire mieux que les attentes des analystes et a enregistré une croissance de ses volumes sur les trois mois: une performance. Et le principal intéressé l'a annoncé à Reuters en marge de la publication des résultats: il est encore aux commandes d'AB InBev pour un petit temps. "Nous n'avons jamais confirmé ces rumeurs" (sur son départ), a dit Carlos Brito. "Nous allons continuer à parler des résultats pour de nombreux trimestres. Alors ne vous inquiétez pas pour ça. Vous n'allez pas vous débarrasser de moi!" Il a ajouté que ces rumeurs étaient nées suite à un exercice annuel de planification de succession à la tête du groupe, comme cela se pratique couramment dans les grandes sociétés.

Au troisième trimestre, les volumes totaux du brasseur belgo-brésilien ont crû de 2,2%, à 146,6 millions d'hectolitres, contre 143,4 millions douze mois plus tôt. Le consensus des analystes tablait sur une baisse de 3,9%. Le chiffre d'affaires consolidé d'AB InBev s'est contracté de 2,7%, à 12,8 milliards de dollars sur le trimestre, à comparer avec un recul de 4,2% pronostiqué par les analystes. Son ebitda normalisé a reculé de 7,5% (-9,3% attendu), à 4,8 milliards de dollars. La baisse de son bénéfice net normalisé est plus forte, de l'ordre de 34% à 1,5 milliard.

12,8 milliards
de dollars
Le chiffre d'affaires d'AB InBev a reculé de 2,7% au troisième trimestre, là où les analystes tablaient sur -4,2%.

Grâce aux bières

Le bon score des volumes sur les trois mois est dû au secteur bière, les autres boissons étant en baisse de 2,5%, et, notamment, aux trois marques mondiales (Budweiser, Stella Artois et Corona), qui ont progressé de 6,8%. Les coûts des ventes, en revanche, ont augmenté sensiblement, de 9,6%, en raison d'ajustements apportés à la chaîne d'approvisionnement.

Les coûts financiers nets et les impôts ont crû également, ce qui a pesé sur les résultats nets. Le bénéfice normalisé par action s'est établi à 0,79 dollar, contre 1,22 dollar un an plus tôt.

Il n'empêche qu'AB InBev renonce à distribuer un acompte de dividende cette année, "pour donner la priorité aux engagements de désendettement".

Les résultats du troisième trimestre ont retiré vers le haut ceux des neuf premiers mois, après un premier semestre difficile. Sur les neuf mois, les volumes restent en baisse de 8%, à 386,1 millions d'hectolitres, et le chiffre d'affaires en recul de 12,5%, à 34,1 milliards de dollars. Le bénéfice net normalisé s'est établi à 1,6 milliard, à comparer avec 7,1 milliards à fin septembre 2019.

Pas d'acompte de dividende

Dans son communiqué, le brasseur souligne la résilience de la catégorie des bières à l'échelle mondiale et la force de sa chaîne d'approvisionnement, qui l'a aidé à s'adapter rapidement. Il estime avoir gagné des parts de marché dans la plupart de ses pays clés. Il cite aussi le développement de la consommation à domicile et le boom de l'e-commerce; ses investissements dans des plateformes de commerce en ligne ont porté leurs fruits dans ce contexte, souligne-t-il.

Il n'empêche qu'AB InBev renonce à distribuer un acompte de dividende cette année, "pour donner la priorité aux engagements de désendettement". Et même s'il prévoit une meilleure performance au deuxième semestre entier qu'au premier, vu l'environnement instable et les mesures sanitaires restrictives adoptées çà et là, son conseil d'administration s'abstient, pour le moment, de se prononcer sur la distribution d'un dividende pour l'ensemble de l'année. Sa proposition en la matière sera annoncée le 25 février 2021 seulement, lors de la publication de ses résultats annuels.

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