AB InBev "marge" de travers et trébuche en bourse

Dirigé par Carlos Brito, AB InBev a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis le rachat de SAB Miller en 2016. ©BELGA

Malgré des prévisions de croissance des ventes et des bénéfices en 2021, les inquiétudes sur la marge ebitda d'AB InBev ont pris le dessus. Le titre cédait 5% en matinée.

Décidément, depuis le méga-rachat de SAB Miller en 2016, le cours de bourse d’AB InBev n’a été qu’une longue suite de déceptions pour les actionnaires, l’année 2019 mise à part. En cause: l’énorme endettement résultant de ce deal, puis la faiblesse du marché américain et, aujourd’hui, la pandémie. En septembre 2016, le titre tutoyait des sommets à 118,8 euros soit deux fois plus que le cours actuel de 51 euros.

"Cette prévision comprend un avertissement clair sur la marge ebitda mais il devrait partiellement être pris en compte par le marché, spécialement après les résultats d’Heineken;"
Fernand de Boer
Analyste chez Degroof Petercam

Nouvelle douche froide ce jeudi matin (-5%) après la publication des résultats annuels du groupe brassicole. Au quatrième trimestre, il a pourtant dépassé les attentes du marché au niveau des volumes (+1,6%) et du chiffre d’affaires (+4,5%). Ce qui n’est malheureusement pas le cas pour l’ebitda (hors crédit d’impôt au Brésil).

"La plus grosse surprise négative au niveau de l’ebitda par rapport au consensus se situe en Amérique du Nord et en Europe, ce qui est largement dû aux reconfinements du 4e trimestre", constate Reginald Watson, d’ING ("conserver "; 54,92 euros).

Marge sous pression

Les prévisions formulées par le numéro un mondial de la bière chiffonnent aussi les analystes financiers. Certes, il prévoit une amélioration significative de ses produits et bénéfices en 2021, par rapport à 2020. Mais il prévient également que l’impact négatif des devises et le prix des produits de base, entre autres, pèseront sur sa marge ebitda en 2021.

50
centimes
Après avoir annulé son dividende intérimaire, AB InBev distribuera finalement un coupon de 0,50 euro.

"Cette prévision comprend un avertissement clair sur la marge ebitda mais il devrait partiellement être pris en compte par le marché, spécialement après les résultats d’Heineken", souligne Fernand de Boer chez Degroof Petercam. L’analyste, qui se demande quel type de mesure AB InBev pourrait bien prendre pour compenser cette pression, estime l’impact négatif des devises entre 500 et 600 millions de dollars. Dans ce contexte, il va réexaminer sa recommandation ("acheter") et son objectif de cours (70 euros).

Le dividende en question

Reginald Watson s’étonne également de l’annonce de la distribution d’un coupon de 0,50 euro après l’annulation du dividende intérimaire plus tôt dans l'année. Et cela, alors que le ratio dette nette sur ebitda s’élève à 4,8, avec une ambition réitérée d’atteindre un niveau de 2.

Chez KBC Securities ("acheter "; 80 euros), les analystes apprécient toujours la valeur en raison de sa position dominante sur le marché, de sa rentabilité intrinsèque élevée et de ses perspectives de croissance à long terme dans les marchés émergents. Ils estiment que la valorisation reste attractive avec un rapport cours/bénéfice estimé de 2022 à 17,5.

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