analyse

AB InBev met sa pompe à cash sous pression

Carlos Brito, le CEO d'AB inBev, actionne la pompe à cash pour renforcer les liquidités du groupe en ces temps incertains. ©Photo News

En l'espace de quelques jours, AB InBev a lancé deux émissions obligataires totalisant 11 milliards de dollars. Il devrait aussi bientôt recevoir un montant similaire pour la vente de sa filiale australienne. De quoi voir venir face à la crise actuelle.

C’est la ruée sur le marché de la dette de haute qualité. Rien que mercredi, 11 sociétés ont levé 28,5 milliards de dollars. Depuis le début de la semaine, on atteint le chiffre de 78,8 milliards de dollars récoltés sous forme d’obligations par 36 émetteurs, selon des données compilées par Bloomberg.

La raison de cet engouement est simple. Pour résister le mieux possible à la crise actuelle et faire face aux prochaines échéances de remboursement de la dette, le niveau des liquidités est un élément clé. Profitant des taux toujours extrêmement avantageux, des sociétés sollicitent donc le marché pour consolider leurs positions.

Jusqu'en 2060...

C’est dans ce contexte qu’AB InBev a organisé deux émissions obligataires en l’espace de quelques jours.

11 milliards
dollars
En l'espace de quelques jours, AB InBev a levé 11 milliards de dollars pour renforcer ses liquidités.

En début de semaine, le géant brassicole a annoncé une émission de 4,5 milliards d’euros composée de trois tranches avec des échéances 2027, 2032 et 2040 et des taux respectifs de 2,125%, 2,875% et 3,7%.

Il a remis le couvert jeudi avec une opération en dollars cette fois. Il s’agit ici de 6 milliards répartis en quatre tranches avec des échéances très longues: 10 ans, 20 ans, 30 ans et même 40 ans. Cette dernière porte un intérêt de 4,6%.

AB InBev ne détaille pas ce qu’il fera précisément de cet argent frais se bornant à indiquer qu’il servira "aux fins générales de l’entreprise".

Aucun risque de liquidités

À ces quelques 11 milliards de dollars, il faut encore ajouter un montant du même ordre qui devrait tomber prochainement dans l’escarcelle du groupe une fois bouclée la cession de sa filiale australienne Carlton.

AB InBev dispose d’ores et déjà des moyens pour compenser toutes les échéances à venir de la dette jusqu’en 2024.
KBC Securities

Hors le produit de cette vente et de l'émission de ce jour, KBC Securities évalue le niveau de cash du brasseur à 21 milliards de dollars. Le broker ne voit donc aucun risque au niveau des liquidités du groupe. Il estime à 14 ans la moyenne de la maturité de la dette avant l’opération dévoilée ce jeudi.

AB InBev dispose d’ores et déjà des moyens pour compenser toutes les échéances à venir de la dette jusqu’en 2024. Tout cela dans un contexte où les perspectives de bénéfices à court terme restent incertaines en raison de la pandémie, des nombreux lockdowns et des mesures de restrictions décidées par beaucoup de gouvernements, rappellent les analystes de KBC.

Ils estiment, par ailleurs, que la valorisation de l’action reste attractive et réitèrent leur conseil d’achat et leur objectif de cours de 80 euros.  

Depuis le début de l’année, le titre AB InBev a dégringolé de 44%. Jeudi, en clôture, il a progressé de 0,95% à 40,18 euros.

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