AB InBev sanctionné en bourse par des perspectives modérées

Carlos Brito, le CEO d'AB InBev. ©Photo News

AB InBev a présenté des résultats inférieurs aux attentes pour le troisième trimestre. Le groupe annonce s'attendre à une croissance "modérée" de son Ebidta pour l'ensemble de l'exercice, mais reste vague sur les perspectives de dividende. Son titre chute de 10% à l'ouverture.

Troisième trimestre en demi-teinte pour le géant brassicole AB InBev . Et enfin une réponse à la question: "peut-on espérer une hausse du dividende?" Le groupe se veut évasif. Certes au "fil du temps" une hausse du dividende est attendue, mais "à court terme" la hausse sera modérée compte tenu des engagements de désendettement. 

Il propose toutefois un acompte sur dividende de 0,80 euro par action, payable le 21 novembre et identique à celui de l'an dernier. 

Sur les trois derniers mois, les volumes totaux de bières ont reculé de 0,5% à 143,42 millions d'hectolitres. Les analystes tablaient sur une hausse organique de 0,8% à 145,59 millions d'hectolitres. La baisse est de 0,9% pour les propres bières, contre une hausse pour le volume non-bières.

"La solide croissance des marchés au Mexique, en Afrique du Sud et en Colombie a été plus qu'atténuée par les déclins en Chine et aux États-Unis, tous deux essentiellement dus aux effets de l’échelonnement des livraisons", lit-on dans un communiqué.

Chiffres sur les volumes ©Document AB InBev

Un troisième trimestre difficile

Les revenus sont en hausse de 2,7%, à 13,17 milliards de dollars. Les analystes tablaient sur une hausse de 5,5%. Le groupe salue "ses initiatives continues de premiumisation et de gestion des revenus".

L'Ebitda ressort inchangé à  plus de 5 milliards pour un bénéfice attribuable aux actionnaires passant de 1,52 milliard de dollars à 2,4 milliards, soit 1,22 dollar par action.  

Les analystes de Degroof Petercam anticipaient un trimestre faible pour AB InBev, mais certainement pas aussi faible et encore moins à un avertissement sur résultats. "Cela remet en question le modèle commercial d'AB InBev, d'autant que la perte de part de marché d'AB InBev aux Etats-Unis s'est déteriorée au plus bas en deux ans", indiquent-ils.

Dans le chef d'AB InBev, on reconnaît avoir vécu un troisième trimestre difficile. Le groupe a dû faire face à l'échelonnement des livraisons en Chine, des coûts de vente en hausse liés à la hausse des matières premières, sans oublier l'effet de change.

Le groupe souligne toutefois que, désormais, l'intégration de SAB, acquise il y a trois ans, est terminée. "Nous avons achevé la réalisation de notre objectif de 3,2 milliards de dollars de synergies de coûts, avec un an d’avance sur notre calendrier initial et 750 millions d’économies supplémentaires par rapport aux prévisions. Ce rapprochement a eu un véritable effet de transformation et représente bien plus que de simples synergies de coûts."

Que réserve l'avenir?

Le broker Jefferies indique qu'AB InBev a non seulement tempéré ses prévisions de bénéfices, mais il a également averti que la politique de réduction de prix pèserait sur le chiffre d'affaires. AB InBev prédit maintenant que les revenus par hectolitre augmenteront "un peu moins que l'inflation", alors que c'était "plus que l'inflation" jusqu'ici, constate l'analyste Edward Mundy.

La prudence est de mise pour la suite de l'exercice 2019. Le groupe s'attend, en effet, à une croissance "modérée" de son Ebitda. Les difficultés du troisième trimestre devraient en effet se prolonger avec encore une hausse des coûts de vente.  

Les coûts financiers nets sont, eux aussi, attendus en hausse avec des charges nettes d'intérêts avoisinants les 180 millions de dollars. Quant à la dette, le ratio dette nette / EBITDA est attendu en recul (4 fois) d’ici la fin de 2019, "soit un an d’avance par rapport à ce que nous indiquions auparavant."


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