Achmed Boumrah: "Le site de Chaudfontaine a été choisi pour sa culture environnementale"

Achmed Boumrah, assis sur une des sources de Chaudfontaine, refuse de se reposer sur les compensations pour atteindre l'objectif de zéro émission.

Si tout le monde connaît la marque d'eau minérale Chaudfontaine, peu de gens savent que l'unité liégeoise fait œuvre de pionnier dans l'environnement et le bio.

La marque d’eau minérale belge Chaudfontaine, qui appartient au groupe Coca-Cola, provient d'un des rares sites de production sélectionnés par le géant américain pour devenir neutres en carbone dès 2023. L’usine vient aussi d’élargir sa gamme de produits en lançant une limonade bio. Deux projets ambitieux, détaillés par Achmed Boumrah, le directeur du site d’embouteillage.

Au sein de Coca-Cola, Chaudfontaine est pionnière dans la lutte contre les émissions de gaz: pourquoi cet honneur pour le site belge?

Chaudfontaine a un long historique dans l’environnemental. Depuis son acquisition par Coca-Cola en 2003, 147 millions d’euros y ont été investis, dont une grande partie affectée au développement durable: dans la géothermie (le chauffage de l'usine est fourni par la chaleur de nos sources), les panneaux photovoltaïques, l’installation d’une turbine hydraulique… L'usine a une culture environnementale forte. Nous avons d’ailleurs été les premiers au monde à passer aux emballages secondaires entièrement en plastique recyclé rPET, en 2019. Et dans le cadre du plan du groupe qui vise à devenir neutre en carbone en 2040, le site belge est un des six identifiés pour y arriver dès 2023: c’est un motif de fierté pour Chaudfontaine, la région et l’ensemble de nos collaborateurs.

Comment évolue l’emploi sur le site?

Quelque 152 personnes travaillent sur le site d’embouteillage. Celui-ci a vu le jour en 1926. Il a connu des hauts et des bas au fil de son histoire et était au bord de la faillite en 2003, au moment de la reprise par Coca-Cola. Beaucoup de moyens y ont été investis depuis, et l'on bénéficie d’une grande reconnaissance du grand frère Coca-Cola. L'activité du site a aussi une dimension saisonnière: on augmente la production ponctuellement en fonction de la demande. En situation normale, quand les terrasses des cafés et restaurants sont ouvertes, on compte jusqu’à 180 travailleurs.

"Pour 2021, on s’attend à une croissance et une saison normale!"
Achmed Boumrah
Directeur de l'usine Chaudfontaine

Le site est donc impacté par la crise et la fermeture de l’horeca?

Oui, l’année 2020 a été compliquée pour le secteur en général. On a subi l’impact de l’horeca, on s’est montré agile et on a adapté le planning de la production. Pour 2021, on s’attend à une croissance et une saison normale!

Mais mis à part les saisonniers, vous n’avez pas touché à l’emploi?

Non, on a plutôt recruté. La nouvelle ligne aseptique installée en 2019 a permis de créer quelques nouveaux emplois, de même que la nouvelle production de limonade bio.

Où en êtes-vous dans le plan d'action pour 2023?

L’ambition est d’être neutre en carbone d’ici 2023. La première étape consiste à cartographier les sources d’émissions de CO2 sur le site. La deuxième, à identifier les actions pour les réduire. La troisième, à définir les compensations d’émissions nécessaires. Mais on va d’abord fournir tous les efforts de réduction possibles avant d’éventuellement compenser.

2023, c’est rapide, pensez-vous que vous y arriverez?

Absolument! Il faut se donner les moyens de ses ambitions.

Justement, combien allez-vous investir dans ce projet?

On est encore en train de rédiger le plan, mais il y a des enveloppes dédiées. Au niveau du groupe, on parle de 250 millions d’euros d’investissements en Europe d’ici 2023. Notre plan s’inscrira dans ce cadre.

"L’objectif premier est de réduire nos émissions et pas de les compenser!"
Achmed Boumrah
Directeur de l'usine Chaudfontaine

Êtes-vous optimiste quant à la part des émissions qu’il restera à compenser?

Oui, l’objectif premier est de réduire nos émissions et pas de les compenser! La partie "compensation" devra se limiter au minimum. N’oubliez pas non plus qu’il faut analyser l’ensemble de la chaîne de valeur: pas uniquement le site, mais aussi les fournisseurs et tout l’approvisionnement (ingrédients, emballages, systèmes de réfrigération…).

Le groupe a aussi investi 20 millions dans la nouvelle ligne de production de limonades bio: quand a démarré la production?

L’investissement a été réalisé en 2019 et les limonades bio ont été lancées début de cette année, après obtention de la certification. On avait déjà effectué une première diversification de notre gamme en 2019, avec les eaux aromatisées au jus de fruit naturel. Ces limonades sont une deuxième diversification.

Est-elle destinée uniquement au marché belge?

Pour l’instant, oui. Mais nous sommes ouverts à toute éventualité.

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