"Alken-Maes gagne des parts de marché cette année"

Annick Vincenty fête sa première année en Belgique en y accueillant la production de la Desperados. ©doc

Dans un contexte difficile, marqué par l’impact de la pandémie, la CEO d’Alken-Maes Annick Vincenty a une bonne nouvelle à annoncer: le brassage en Belgique de la Desperados.

Annick Vincenty a succédé il y a un an à Edwin Botterman à la tête d’Alken-Maes, la filiale belge du groupe néerlandais Heineken qui brasse les marques Maes, Cristal, Affligem, Hapkin ou Ciney. Après s’être familiarisée à son nouvel environnement, cette citoyenne française nous donne sa première interview belgo-belge.

Avant de prendre la direction d’Alken-Maes, vous avez piloté les marques Affligem et Mort Subite en France. Quel effet cela fait-il de passer de la promotion de ces bières à la direction des brasseries qui les produisent?

Je suis française, habituée au marché français et pour les Français la référence en bière, c'est la Belgique. Ma première pensée quand le groupe m’a proposé la direction en Belgique a été de me dire: quel honneur! Et maintenant que je connais encore mieux les personnes qui les brassent, je suis ravie.

Quelle est votre principale mission pour le marché belge? Poursuivre la croissance rentable, comme votre prédécesseur?

Cela, c’est la mission de toutes les directions générales ! Nous avons plusieurs missions : continuer à faire grandir nos marques sur le marché belge, pousser leur développement à l’exportation - d’une façon profitable, évidemment, sans quoi cela deviendrait compliqué sur le long terme -, faire croître nos brasseries, aussi bien en Belgique qu’à l’export.

"On a beaucoup travaillé sur nos procédures de sécurité et d’hygiène. J’y ai consacré l’essentiel de mon temps ces six derniers mois."
Annick Vincenty
CEO, Alken-Maes

N’est-ce pas une gageure d’encore croître sur un marché en décroissance comme la Belgique?

La seule solution consiste à gagner des parts de marché. Et en 2020, on a réalisé cet objectif sur un marché, il est vrai, sinistré. On a donc progressé cette année en part de marché, pas en volume, qui est beaucoup plus bas que prévu et qu’en 2019 à cause du Covid-19.

Combien avez-vous gagné en parts de marché?

Dans les deux réseaux, horeca et retail, on a gagné un point de croissance.

A quoi attribuez-vous cette progression sur le marché domestique?

À des marques qui ont de l’attractivité: parmi les pils, Maes dans les supermarchés et Cristal dans le segment hors domicile; la Desperados parmi les spéciales; et la Hapkin parmi les "strong ales".

Combien employez-vous de travailleurs? Un effectif en hausse ou en baisse?

Nous sommes 650 aujourd’hui. Un total stable par rapport à l’an dernier.

Quel a été l’impact du Covid sur votre activité?

L’impact a été très important à tout point de vue. Primo, au niveau de l’équipe, assurer la sécurité de nos collaborateurs a été un gros défi à gérer. On a beaucoup travaillé sur nos procédures de sécurité et d’hygiène. J’y ai consacré l’essentiel de mon temps ces six derniers mois. Le site d’Alken, au Limbourg, se trouve dans une zone fort touchée par le Covid, les mesures de sécurité y ont été essentielles. Le résultat est assez satisfaisant. On a eu à déplorer un seul cas avéré de Covid: une personne de l'équipe commerciale qui n’a pas dû être hospitalisée et qui se porte bien aujourd’hui. Mais je reste extrêmement prudente car le virus est toujours là. On adopte les mêmes mesures de sécurité sanitaire qu’au premier pic de l’épidémie.

Deuxio, concernant nos activités, avec plusieurs mois de fermetures des cafés et bars, on a perdu jusqu’à 50% de nos volumes. Ensuite, après mai, d’autres mesures ont été prises, notamment dans la région d’Anvers, avec de nouvelles fermetures d’établissements à la clé. Au final, nos résultats 2020 seront mauvais. On a certes enregistré un meilleur développement dans les super- et les hypermarchés, mais ces ventes-là n’ont progressé que de 10 à 20% et n’ont donc pas compensé la perte des volumes dans l’horeca. À l’export, des marchés comme les Pays-Bas et la France, très importants pour nous, ont souffert également en raison du confinement.

"On a conservé des projets et une ambition forte pour les mois et les années à venir pour Alken-Maes."
Annick Vincenty
CEO, Alken-Maes

Comment lutter contre cela?

On a fait des choix. On a maintenu des investissements critiques et on a reporté des projets à l’an prochain. Certains de ces choix sont positifs. On a par exemple commencé à produire la Desperados à la brasserie d’Alken. C’est tout nouveau, c’est un investissement qu’on a souhaité faire quand même! On a conservé des projets et une ambition forte pour les mois et les années à venir pour Alken-Maes.

D’autres projets de développement?

On continue d’innover. On teste en ce moment dans certains bars une nouvelle Hapkin, une IPA. Et on continue d’investir dans les points de ventes. En juillet, on a signé un accord de partenariat entre Maes et le Standard de Liège, porteur d’avenir pour la marque et son rayonnement dans cette région et au-delà.

Aucun plan de restructuration en vue?

C’est un engagement du groupe Heineken pour 2020, de ne prendre aucune mesure de restructuration. Mais nous n’avons aucune idée de ce que nous réservent les années 2021 et 2022.

"C’est vrai que le secteur de la bière est encore un univers à dominante masculine, mais je ne suis pas la seule femme dirigeante au sein du groupe Heineken."
Annick Vincenty
CEO, Alken-Maes

Une femme à la tête d’un brasseur, cela étonne toujours: est-ce délicat à assumer?

Si vous voulez mon avis, c’est l’avenir (rires)! C’est vrai que le secteur de la bière est encore un univers à dominante masculine, mais je ne suis pas la seule femme dirigeante au sein du groupe Heineken: j’ai une collègue qui dirige la filiale aux États-Unis et une autre en Allemagne. Je ne suis pas une exception et ce n’est pas perçu comme quelque chose de bizarre au sein de l’équipe! Et il y a d’autres femmes à la tête de brasseries en Belgique.

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