Après Bruxelles, Sushi Shop veut s'attaquer à la Flandre et à la Wallonie

Grégory Marciano, co-fondateur et actuel patron de Sushi Shop. ©France Dubois

Active depuis 10 ans en Belgique, la chaîne française de restauration rapide Sushi Shop souhaite se développer en Flandre et en Wallonie. En moyenne, le chiffre d’affaires des boutiques belges est supérieur à celui des shops en France. Face aux nouveaux entrants sur le marché de la livraison à domicile, la chaîne va se recentrer sur des recettes plus traditionnelles.

A la tombée de la nuit, les livreurs de cette chaîne de restauration rapide essaiment dans la capitale pour satisfaire les appétits des fans de sushis. Le ballet n’est pas nouveau. Les scooters de la boîte font partie du paysage bruxellois depuis une dizaine d’années déjà. A l’époque, les pizzas et les sushis trustaient la livraison à domicile. Aujourd’hui, le groupe doit faire face à l’arrivée de nouveaux acteurs. A l’occasion des 10 ans de présence de la chaîne de restauration rapide Sushi Shop en région bruxelloise, L’Echo a rencontré Grégory Marciano, co-fondateur et actuel patron du groupe, dans le flagship store de l’avenue Louise.

"Il y a encore beaucoup de potentiel en Belgique pour Sushi Shop."
Grégory Marciano
Fondateur et PDG

A la question de savoir où en est la chaîne dans le pays, Grégory Marciano rétorque qu’"il y a encore beaucoup de potentiel en Belgique pour Sushi Shop". Présente principalement à Bruxelles et dans le Brabant, de nouveaux magasins devraient suivre prochainement. "Nous réfléchissons actuellement à développer des franchises à Gand, Liège, Bruges, Knokke et Louvain-la-Neuve", évoque le PDG. Si en Wallonie tout reste à faire, le groupe a déjà testé le marché flamand avec un magasin à Anvers. Le succès y est relatif. Pourquoi? "Ce marché est plus difficile à séduire", analyse-t-il. L’Anversois serait plus sélectif? Pas seulement. Ce qui a pu jouer sur ce résultat, c’est le choix de la chaîne de s’installer dans une zone commerçante plutôt que dans un quartier résidentiel. Or, le gros de l’activité de Sushi Shop se passe en fin de journée avec la livraison à domicile. Cela représente 70% de son chiffre d’affaires. La localisation a donc peut-être été mal choisie. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’on ne retrouve aucune boutique du groupe dans le quartier européen à Bruxelles. "Nous nous sommes rendu compte que cela ne collait pas avec notre stratégie", avance le patron.

©© keko64

Actuellement, le groupe possède 7 shops en Belgique et emploie environ 200 personnes. Pour un shop de 25 employés, 10 personnes sont en cuisine, 10 assurent la livraison et 5 s’occupent de l’encadrement. La masse salariale constitue donc un élément important qui pèse sur les activités de la chaîne. Heureusement, le marché belge du sushi est moins compétitif qu’en France, selon Grégory Marciano. Pour continuer à croître, le groupe peut compter sur ses stores de l’avenue Louise et de Waterloo, principaux points de ventes, aux côtés de ceux de Wavre, Uccle et Woluwé. En Belgique, le niveau moyen de chiffre d’affaires des boutiques est supérieur à celui des shops français. 2016 n’a pas été une année facile même si elle s’est terminée sur de la croissance. En cause notamment la fermeture du tunnel Louise, la piétonisation du bas de Bruxelles et les attentats qui ont joué sur les performances de l’entreprise dans la capitale.

Le boom de la livraison

Aujourd’hui, la chaîne doit faire face à la concurrence venue grignoter des parts du gâteau de la livraison à domicile en proposant toutes sortes de nouveaux plats. Le temps du monopole de la pizza et du sushi est révolu. Mais, dans le même temps, grâce à ces nouveaux entrants, le gâteau à se partager est aussi devenu plus gros de par la popularisation de ce canal d’achat. Le patron de l’enseigne y voit donc une opportunité de "se repositionner en se recentrant sur la qualité des produits, les recettes et l’univers Sushi Shop".

Concordance bienvenue, le consommateur belge est prêt à accueillir ce changement, d’après G. Marciano. Si, au début, la chaîne se voulait être un pont entre la gastronomie européenne et japonaise, elle peut désormais se permettre de proposer des préparations plus traditionnelles, moins occidentalisées. "Le sushi n’est plus un phénomène de mode. Les gens comprennent ce qu’est la cuisine japonaise et souhaitent que nous nous dirigions vers cela.".

Sushi Shop s’est d’ailleurs récemment associée avec le chef Kei Kobayashi pour proposer une carte remaniée. Une nouveauté? Non. La chaîne a pour stratégie de renouveler sa carte de manière régulière afin d’attirer les clients en quête de nouvelles découvertes.

©Bloomberg

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