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reportage

"Après tout, ce n’est jamais qu’une table au bout d’un fil"

Le concept Dinner in the Sky se décline à l'international, comme ici à Santiago au Chili. ©REUTERS

Dinner In the Sky fête ses 15 ans. Le concept "repas gastro dans les airs" survole aujourd’hui 65 pays! Une success story belge née de la fusion fortuite de plusieurs univers saisis d’une envie ascensionnelle.

"Notre truc, ce n’est jamais qu’une table au bout d’un fil à 50 mètres du sol", relativise le souriant David Ghysels. À l’origine et aux manettes de Dinner in the Sky, le patron de l’agence de communication Hakuna Matata a toujours gardé distance et humour vis-à-vis de sa création. Comme pour  cacher sa fierté, que l’on devine immense, d’avoir propulsé sa formule de repas gastronomique aérien au niveau planétaire. Actuellement, 65 pays (de l’Arabie Saoudite à la Norvège en passant par la Russie ou bientôt le Zimbabwe) font chaque année prendre de la hauteur à des dizaines de milliers de convives pour leur en mettre plein la vue et les papilles.

"Ce ne devait être qu’un one shot, mais la couverture presse massive et surtout des photos de l’agence Reuters vont instantanément faire le tour du monde."
David Ghysels
Concepteur de Dinner in the Sky

"Pourtant, rien ne laissait présager une telle réussite", se souvient Ghysels. Lui-même doutait des chances de transformer en business mondial  l’idée incongrue d’un "dîner suspendu". Celle-ci jaillit en ces termes lors d’un brainstorming de l’agence Hakuna consacrée à une conférence de presse originale à monter pour l’association "Les Jeunes Restaurateurs Européens". Le client adore, mais Ghysels mesure vite l’immense défi technique du projet. Pour le relever, il lui faut un partenaire dont l’attraction hors-sol est le métier. Il contacte alors FunGroup, boîte flamande pilotée par Stefan Kerkhofs. Entre eux,  le courant passe, et la conférence de presse "Dinner in the Sky" se tient le 24 avril 2006, arrimée à une grue surplombant Etterbeek, les ateliers Delvaux et le campus de la Plaine de la VUB.

Gastronomie de haut vol

"Ce ne devait être qu’un one shot, mais la couverture presse massive et surtout des photos de l’agence Reuters vont instantanément faire le tour du monde, jusqu’à inspirer au Forbes Magazine d’inclure DITS dans ses '10 most unusual Restaurants in the World' au côté de restos comme elBulli ! La machine était lancée", se souvient le patron d’Hakuna qui devine le diamant qu’il a en main, mais sans savoir comment en faire briller toutes les facettes. Un déclic majeur survient lors d’une rencontre avec Alain Passard, invité lors d’un "Dinner" à Amiens. Le mythique chef du trois étoiles parisien l’Arpège couvre d’éloges le concept où, "comme cuisinier, on est à poil devant les clients, pour faire de la vraie cuisine, sans tricher". Les mots tiltent dans l’esprit de Ghysels  et le persuadent que la gastronomie de haut vol doit devenir, à côté de l’idée de repas et de nacelle en altitude, un troisième pilier permanent.

245.000
euros
Le prix du nouveau modèle de plateforme Dinner in the Sky 2.0 avec 32 places. Cuisine pro non comprise.

D’autres paramètres vont favoriser le succès aspirationnel de Dinner in the Sky. "On s’est lancé avant que les chefs ne deviennent des stars médiatiques à coup de Top et Masterchef. Cette valorisation du gastronomique a pleinement profité à la recette DITS. On est aussi arrivé pile-poil quand le succès des smartphones s’amplifiait, bientôt suivi par l’explosion des réseaux sociaux, selfies, vidéos… S’il y a bien une expérience icono-magique taillée pour le partage d’images, c'est bien Dinner in the Sky. Il existe une petite compile vidéo postée en 2016 qui à ce jour a été vue par 92 millions de personnes!"

Célestes nacelles

Pour croître, Dinner in the Sky a veillé à évoluer. Surtout côté configuration et aménagement de ses plateformes suspendues, toutes fabriquées par une société de Genk. En 15 ans, on est passé de la table rectangulaire et rudimentaire de 22 convives à la dernier cri "2.0":  32 places assises redistribuées en 8 tables rondes de 4 personnes, disposées en îlots autour d’une vraie cuisine pro et ouverte. "Cette nouvelle version renforce la convivialité entre participants sans les déconnecter du chef toujours visible aux fourneaux et qui vient discuter à chaque table. Sa topographie semble même avoir devancé le corona vu que notre plan de tables répond tip top aux règles sanitaires… Après tout, DITS, c’est aussi une terrasse extérieure", sourit le patron. Au total, 86 plateformes (dont 6 version 2.0) appliquent dans le monde la recette gagnante. Un opérateur par pays reçoit l’exclusivité du concept et de la marque, pendant deux ans renouvelables, à exploiter avec les plateformes belges.

"La grue inesthétique imposée par le côté nomade de notre concept m’a toujours dérangé. Nous examinons la possibilité de créer en parallèle, dans un endroit exceptionnel du pays, une structure iconique."
David Ghysels

Les créateurs belges de Dinner in the Sky voudraient encore tenter d’autres variations. "La grue inesthétique imposée par le côté nomade de notre concept m’a toujours dérangé. Nous examinons la possibilité de créer en parallèle, dans un endroit exceptionnel du pays, une structure iconique. Autour d’un pilier fixe central arrimé au sol dans un énorme cube de béton s’élèverait une mégaplateforme officiant comme restaurant aérien permanent pour 80 personnes…", décrit Ghysels.  Pour l’heure, c’est surtout son 15e anniversaire qui absorbe l’équipe de DITS. Il sera célébré du 11 au 28 juin, place des Martyrs à Bruxelles. Quelque 2.000 personnes devraient s’envoyer en l'air gustativement pendant ces 17 jours. Une douzaine de toques prestigieuses (Yves Mattagne, Giovanni Bruno, Isabelle Arpin, Luigi Ciciriello…) feront tour à tour monter la sauce de l’expérience à 295 euros par… gastronaute.

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