Avec Planet First, les familles d'AB InBev flaireront les champions du durable

Frédéric de Mévius (à gauche) s'occupera du côté transactions, Alexander de Wit (à droite) du développement opérationnel de Planet First Partners. ©Doc

Le duo de Mévius-de Wit vient de lever 170 millions d'euros, auprès notamment des Belges derrière le géant brassicole. Objectif? Porter les pépites européennes du durable.

Après 25 ans passés à bord, Frédéric de Mévius quittait début 2019 la société d'investissement Verlinvest, connue pour ses participations au sein de la plateforme d'apprentissage indienne Byju's, des sauces tomate Mutti ou encore du spécialiste suédois du lait d'avoine Oatly où l'on retrouve aussi Jay-Z, Oprah Winfrey, Natalie Portman ou encore l'ex-CEO de Starbucks, Howard Schultz.

Un pas de côté qui lui a offert l'occasion de réfléchir à son prochain défi. La réponse fut vite trouvée: "La même chose, c'est-à-dire comprendre et anticiper les attentes des consommateurs", sourit-il. C'est ainsi qu'il s'attelait ces derniers mois à mettre sur pied Planet First Partners aux côtés d'Alexander de Wit, un autre ex-Verlinvest.

"Comme avec Verlinvest, l'idée est de comprendre et anticiper les attentes des consommateurs"
Frédéric de Mévius
Cofondateur de Planet First Partners

Objectif? Se porter en soutien des sociétés du durable européennes en croissance qui œuvrent pour votre bien-être et celui de la planète. Avec l'idée de les amener d'un chiffre d'affaires de l'ordre de 20 à 50 millions d'euros, grâce à un produit ou une technologie qui a déjà fait ses preuves, au rang de leader mondial dans leur domaine fort d'un chiffre de 500 millions à un milliard d'euros.

Voilà pour le cadre. Pour ce qui est des fonds, les deux hommes d'affaires viennent de clôturer une première levée de fonds de quelque 170 millions d'euros, couplée à un engagement pour 70 millions supplémentaires, nous indique Frédéric de Mévius. "On entend arriver à terme à 350 millions", complète Alexander de Wit.

350
millions d'euros
Planet First vise un objectif de 350 millions d'euros de capitaux frais.

Au rang des actionnaires? L'on n'aura droit qu'à un et un seul nom: Adrien Invest, véhicule regroupant plusieurs familles belges (de Pret, Cornet de Ways-Ruart, de Spoelberch et de Mévius) actionnaires de référence du premier brasseur mondial AB InBev. Ensemble, elles ont apporté de l'ordre d'un tiers des capitaux, renseigne Frédéric de Mévius. Le reste provient "d'investisseurs institutionnels et de familles belges et étrangères". Nous n'en saurons pas plus.

"Notre thèse d'investissement consiste en un triangle technologie-durabilité-santé."
Alexander de Wit
Cofondateur de Planet First Partners

La recherche des perles rares peut donc commencer, sur le modèle d'un premier investissement déjà réalisé dans le britannique Polymateria dont la technologie permet d'atteindre une biodégradabilité totale du plastique ou encore deux investissements dits d'écosystème dans deux fonds de capital-risque qui aideront l'équipe à alimenter sa réflexion et sa connaissance. Avec une réalité à noter: "notre thèse d'investissement, autour d'un triangle technologie-durabilité-santé, s'est rapidement vue valider, évoque Alexander de Wit. En effet, on a déjà vu passer 200 dossiers pour six nouveaux qui rentrent chaque semaine".

Qu'à cela ne tienne, pour l'aider dans son processus de sélection, Planet First s'est adjoint une équipe de choc. L'on retrouve ainsi au sein de son comité consultatif aussi bien la directrice opérationnelle de la Bill & Melinda Gates Foundation que le patron de la Formule E et Extreme E, Alejandro Agag et un nom bien connu au sein du plat pays, en la personne de l'ex-Premier ministre belge Guy Verhofstadt, qui siège déjà comme administrateur du côté du holding de la famille Boël Sofina .

Autre gage de sérieux, après avoir défini des objectifs d'impact en amont société par société et au niveau du fonds dans son ensemble, les deux cofondateurs entendent délivrer aux investisseurs deux fois par an un rapport étayé sur les progrès réalisés en matière de durabilité. Un tiers indépendant sera chargé d'auditer ledit rapport, sur le modèle classique d'un audit des comptes. Cette partie n'a à ce stade pas encore été sélectionnée.

De Namur à l'Inde

Lorsqu'il a cédé ses parts aux seuls Spoelberch il y a deux ans de cela, Frédéric de Mévius n'a en réalité pas remisé le tablier avant de créer Planet First. Et pour cause, à côté d'activités viticoles, maraîchères et de culture en plein développement du côté de Namur (La Falize), le Belge a directement replongé dans le monde de l'investissement en devenant aux côtés d'Alexander de Wit le principal actionnaire de Venturi Partners en mars 2020, un nouveau fonds dédié aux entreprises en croissance indiennes et asiatiques. Visant une taille de 150 millions de dollars (soit 124 millions d'euros), le véhicule est dirigé par un autre ex-Verlinvest: Nicolas Cator. Plusieurs participations sont à noter, dont notamment au sein de la plateforme de design d'intérieur et de rénovation Livspace, où l'on retrouve aussi les belges Kharis Capital (Quick, Burger King, O'Tacos...) et Abacus (familles Hannecart et Vande Vyvere, actionnaires de Matexi).

En parallèle, Frédéric de Mévius siège également au comité d'investissement de DLF Venture. Codirigé par son fils, François-Xavier, aux côtés de Pierre-Jean Wallon, ce véhicule familial se concentre sur des investissements qui auraient été trop petits pour un Verlinvest, focalisé lui sur des opérations à plus de 50 millions d'euros. La société est présente à Londres, Luxembourg et Bruxelles, et montait en novembre à bord du producteur de boissons à base de gingembre installé à Tubize Gimber aux côtés d'un fonds autrichien.

Frédéric de Mévius et Alexander de Wit voient leurs intérêts regroupés au sein d'un holding commun: Generation P.

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