Avec son "deal kangourou", AB InBev met le marché dans sa poche

Carlos Brito, CEO d'AB InBev. ©EPA

Le marché a applaudi la cession par AB InBev de sa filiale australienne pour 10 milliards d'euros. Le brasseur n'en abandonne pas moins son projet d'IPO ni ses ambitions de croissance dans la région.

Une gommette dorée ou ambrée, selon vos goûts, pour le management d’AB InBev. Tout en préparant l’introduction à la Bourse de Hong Kong de ses activités Asie/Pacifique (APAC), Carlos Brito et ses équipes concoctaient, en parallèle, un plan B en cas d’échec de cette opération.

Cela explique sans doute la valorisation exigeante de sa filiale Budweiser APAC lors de l’IPO. Si le marché faisait la grimace face au prix de l’action, ce qui fut finalement le cas, une solution de repli pouvait rapidement être déployée. "On comprend mieux pourquoi AB InBev pouvait se monter pointilleux sur la fourchette de prix", remarque aujourd'hui Reg Waston d’ING ("conserver"; objectif de cours de 54,92 euros).

10 milliards d'euros

Car ce n’est pas en moins d’une semaine que l’on conclut un deal à 10 milliards d’euros comme celui annoncé ce vendredi matin. Le Japonais Asahi va donc racheter le brasseur australien Carlton & United Breweries et aura, en plus, le droit de commercialiser le portefeuille de marques mondiales et internationales d'AB InBev dans ce pays.

Une annonce saluée par le marché, l’action s’adjugeant plus de 5% en matinée. "Avec cette vente, AB InBev réussit à mettre en veilleuse l’échec de son IPO", relève le broker Jefferies.

La transaction a été réalisée sur la base d’une valeur d’entreprise de 14,8 fois l’Ebitda dégagé en 2018. "Le multiple payé par Asahi est supérieur à celui de l’ensemble du groupe qui s’élève à 13,1" a calculé Watson. 

Accélérer l'expansion

Les fonds qui seront tirés de cette cession seront principalement utilisés pour éponger une partie de la montagne de dettes du groupe brassicole. On le sait, AB InBev a l’ambition de faire passer son endettement sous le seuil de quatre fois son Ebitda fin 2020.

Cela sera déjà chose faite fin de cette année, selon les estimations de l’analyste d'ING qui voit ce ratio passer de 4,34 à 3,97 à la fin 2019. Selon Jefferies, le total de la dette devrait passer de 98 milliards de dollars à 87 milliards.

Avec cette cession, AB InBev ne fait pas une croix sur cette zone géographique. Bien au contraire. Le brasseur assure que cela va lui permettre d’accélérer son expansion sur d’autres marchés en forte croissance de la région Asie-Pacifique et du monde entier. Une stratégie qui sera encore facilitée par l’IPO suspendue qu’AB InBev a bien l’intention de mettre en œuvre "à une valorisation adéquate".

Valorisation attractive

De son côté, Wim Hoste de KBC Securities ("acheter"; 105 euros) applaudit également ce deal. "La valorisation pour une activité sur un marché mature est clairement attractive pour AB InBev. Le désendettement qui en résultera sera similaire à celui qui aurait pu être réalisé via l’IPO de Budweiser APAC."

Prochain rendez-vous avec AB InBev pas plus tard que la semaine prochaine avec la publication des résultats semestriels le jeudi 25 juillet.

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