Avieta entend faire de la gaufre belge "le donut de l'Europe"

Chaque jour, 750.000 gaufres sortent des lignes de production liégeoise et limbourgeoise du fabricant wallon. ©Studio Lebrun

Le fabricant de gaufres débourse quelque 40 millions d'euros pour se doter d'une nouvelle usine. Objectif? Suivre la croissance d'un marché plein d'opportunités.

Pour continuer à répondre à la demande croissante des consommateurs, Avieta a décidé de mettre la main à la pâte.

Le fabricant de gaufres de Liège et de Bruxelles a en effet démarré la construction d'une nouvelle usine à deux pas de son actuelle, à Vinalmont (Wanze), en région liégeoise, a-t-on appris.

40
millions €
Grâce à un investissement de l'ordre de 40 millions d'euros, Avieta espère doubler son chiffre d'affaires en cinq ans. Il est aujourd'hui du même ordre de grandeur que le montant mis sur la table pour cette nouvelle usine.

Fort de quelque 15.000 m2 de plus qui verront le jour d'ici le printemps prochain, destinés à héberger quatre nouvelles lignes de production, l'entreprise espère pouvoir doubler ses revenus d'ici cinq ans, ceux-ci dépassant aujourd'hui déjà les 40 millions d'euros – en croissance de 15% par an depuis 10 ans.

"Enfin, avec un retard peut-être de l'ordre de 12 à 24 mois désormais", évoque Franck Roseau, administrateur délégué de la société, en raison de la crise du coronavirus, qui n'a pas épargné l'entreprise, lui faisant perdre 30% de son chiffre durant les 3 premiers mois de la pandémie.

Montant total de l'opération? "De l'ordre de 40 millions d'euros", confie le patron de plus de 200 personnes sur ses deux sites de production, dont le second à Zonhoven (Limbourg). Une somme conséquente, mais qui doit permettre, à terme, de faire de la gaufre de Liège (et de Bruxelles, dans une moindre mesure) "le donut de l'Europe". Un pari osé, certes, mais vu comme possible "tant le potentiel est énorme".

90% des ventes à l'export

Alors, pas sur le marché belge mais bien à l'étranger, où part déjà 90% de la production. Et pour cause, "la gaufre est vue ici dans le pays comme une commodité, avec des prix très écrasés et des choses très simples, là où, à l'export, on peut jouer sur l'exotisme, la belgitude", évoque cet ancien de chez McCain.

Un positionnement voulu premium – "on est un peu l'Emirates de la gaufre, quand d'autres travaillent plutôt sur le modèle de Ryanair" – porté par un actionnariat 100% familial, en la personne de l'homme d'affaires Patrick Limauge.

Peu connu du grand public, cet ingénieur de gestion de formation s'est d'abord essayé à une expérience internationale pour le compte d'un fabricant belge de lignes de production à destination de l’industrie alimentaire avant de mettre la main, en 1994, sur le producteur de gaufres pour le développer – à l'époque, la société ne fait qu'un million d'euros de chiffre d'affaires.

185 millions de gaufres par an

Chaque année, il réinvestit l'ensemble du bénéfice. Avec un résultat: l'entreprise pèse aujourd'hui 185 millions d'unités écoulées dans le monde, que l'on retrouve aussi bien dans la grande distribution que dans des chaînes de restauration rapide ou de cafés bien connues.

"On tourne autour d'une production d'environ 750.000 gaufres par jour."
Franck Roseau
CEO d'Avieta

"Pour y parvenir, on tourne autour d'une production d'environ 750.000 gaufres par jour", souligne Franck Roseau. Qui est dopée par des recettes à la carte en fonction des besoins de clients, mais aussi par une flexibilité du côté de l'emballage.

L'ensemble de la production est alors congelé, avant d'être distribué dans les quatre coins du monde. A l'exception de l'Afrique, où la présence d'Avieta est encore timide. Opportunité en vue? "Ne jamais dire jamais", rétorque le CEO.

Delwart et Vandemoortele au CA

Pour le guider dans cette réflexion comme dans d’autres, il peut en tout cas s'appuyer sur un CA de choc. L'on retrouve en effet en ses rangs le président de Solvac (monoholding actionnaire à 30% de Solvay) Jean-Pierre Delwart – ami du propriétaire – ou encore le président du conseil d'administration du groupe alimentaire familial du même nom Jean Vandemoortele.

"Ce qui complète bien notre équipe de direction, assez jeune", conclut le patron.

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