Banier n'est plus le légataire universel de Bettencourt

"Liliane Bettencourt a estimé qu'elle avait déjà beaucoup donné à M. Banier, elle a donc mis fin à la disposition qui faisait de lui son légataire universel", a déclaré Me Georges Kiejman, avocat de la milliardaire.

L'héritière du géant des cosmétiques L'Oréal, Liliane Bettencourt, au coeur d'une affaire politico-fiscale qui embarrasse le pouvoir en France, a révoqué de son titre de légataire universel le photographe François-Marie Banier, soupçonné d'avoir abusé de la faiblesse de cette femme de 87 ans.

"Liliane Bettencourt a estimé qu'elle avait déjà beaucoup donné à M. Banier, elle a donc mis fin à la disposition qui faisait de lui son légataire universel", a déclaré samedi à l'AFP Me Georges Kiejman, avocat de la milliardaire.

Mme Bettencourt a rédigé mi-juillet un document qui modifie son testament établi en 2007 et révoque M. Banier de son titre, sans désigner de nouveau légataire universel, a précisé l'avocat, confirmant ses déclarations au journal Le Monde.

François-Marie Banier devait, en tant que légataire universel, percevoir après la mort de Mme Bettencourt 8% de son patrimoine, soit environ 1,25 milliard d'euros, avait expliqué fin juillet l'entourage de l'une des toutes premières fortunes de France, évaluée à plus de 15 milliards d'euros.

Artiste mondain et touche à tout (peintre, écrivain, puis photographe), François-Marie Banier, âgé de 63 ans, est visé par une procédure pour abus de faiblesse par la fille de Liliane Bettencourt, Françoise Meyers-Bettencourt. M. Banier est accusé d'avoir profité de la fragilité psychologique de Mme Bettencourt pour se faire remettre près d'un milliard d'euros de dons dans les années 1990 et 2000.

Liliane Bettencourt est depuis juin au centre d'une affaire politico-fiscale impliquant notamment le ministre du Travail Eric Woerth, un proche du président français Nicolas Sarkozy.

Homme clé de l'impopulaire réforme des retraites, qui doit être discutée au Parlement à partir du 7 septembre, Eric Woerth est soupçonné de possibles conflits d'intérêts entre ses anciennes fonctions de ministre du Budget, son ancien poste de trésorier du parti présidentiel UMP, et l'embauche de sa femme en 2007 par la société gérant le patrimoine de Liliane Bettencourt.

Il a en outre été récemment mis en cause pour avoir attribué la Légion d'honneur au comptable ayant certifié ses comptes de campagne municipale.

Il a réfuté toutes ces accusations et le président Sarkozy lui a réitéré son soutien.

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