Barclays: "L'action AB InBev pourrait doubler cette année"

Un changement éventuel de CEO (ici Carlos Brito) pourrait toutefois peser sur le titre. ©EPA

Barclays, qui recommande désormais un achat de l'action AB InBev, juge que le marché sous-estime le potentiel des marges du groupe. Le titre a gagné près de 4%.

"Avec un endettement élevé et une notation déprimée, AB InBev est la seule valeur que nous suivons dans le secteur des boissons dont le cours pourrait théoriquement doubler en 2021."

On ne peut pas être plus clair que cette introduction de la note de Barclays publiée ce matin, une note qui a dopé le titre, AB InBev gagnant 3,75% sur la séance à 56,5 euros. Il faut dire que depuis le début de l’année l’action affiche un électro-encéphalogramme plutôt plat. Et qu’elle se traite plus ou moins au même niveau qu’à la fin de 2018…

Marge sous-estimée

Laurence Whyatt (Barclays) estime que le marché sous-estime le potentiel de la marge qui sera dégagée cette année, une sous-évaluation qui pourrait être rectifiée pas plus tard qu’à l’occasion de la publication des résultats du premier trimestre du brasseur prévue pour le 6 mai.

Dans ses perspectives affichées lors de ses résultats annuels, AB InBev a indiqué s’attendre à une amélioration significative de ses produits et bénéfices en 2021. Et cela grâce à une "combinaison saine des volumes et des prix", rappelle l’analyste.

"Le marché a rapidement interprété cela de façon très négative. Il s’attend actuellement à voir les marges décliner cette année."
Laurence Whyatt
Analyste chez Barclays

Mais le groupe a également averti que les mix de canaux et d’emballages défavorables, associés à l’impact négatif des devises et du prix des produits de base, pèseraient sur sa marge ebitda de l’exercice. "Le marché a rapidement interprété cela de façon très négative. Il s’attend actuellement à voir les marges décliner cette année", affirme Laurence Whyatt.

On se souviendra que l’an dernier, le géant brassicole a vu son ebit fondre de 18% à 12,7 milliards de dollars, sa marge passant de 31,4% à 27,1%, soit un recul de 472 points de base (100 points de base valent un pourcent).

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D’après les estimations de l’analyste, le sentiment du marché est trop pessimiste. Elle table sur une expansion de la marge ebit de 170 points de base en 2021, ce qui permettra une reprise partielle par rapport au déclin de 470 points observé l’an dernier. Pour sa part, le consensus des analystes vise pour le moment une contraction de 30 points.

Conseil d'achat

Autre aspect positif avancé par Barclays. Le broker s’est montré critique auparavant sur le manque de croissance des prix. Mais il constate aujourd’hui que la tendance s’améliore. "Bien que la situation dans des régions comme les États-Unis et le Brésil reste difficile, il y a des raisons d’être plus optimiste surtout dans des marchés à forte croissance comme la Chine."

74
euros
Barclays a majoré son objectif de 25%, le portant à 74 euros, soit bien au-dessus du target moyen des analystes qui suivent la valeur.

De quoi donc, au final, relever sa recommandation à "surpondérer" (acheter) contre "neutre" avant. L’objectif de cours est majoré de 25% à 74 euros, bien au-dessus du target moyen des analystes qui suivent la valeur et qui s’établit à 62 euros. C’est KBC Securities qui est le plus confiant dans le potentiel de croissance du numéro un mondial de la bière avec un objectif sur douze mois de 80 euros. Société Générale, par contre, est la moins enthousiaste (46 euros). Sur les 34 analystes qui suivent la valeur, 17 sont à l’achat et 15 conseillent de la conserver.

Nouveau CEO?

Laurence Whyatt reconnaît cependant que malgré ce tableau plutôt engageant, le changement potentiel de CEO pourrait peser sur le cours de l’action.

Début mars, l’agence Bloomberg emboîtant le pas au Financial Times signalait que le conseil d’administration entendait annoncer une décision en ce sens avant l’assemblée annuelle des actionnaires qui se tient fin avril. C’est le nom de Michel Doukeris, le président d’AB InBev Amérique du Nord qui semblait tenir la corde à ce moment-là.

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