Bras de fer engagé entre AB InBev et ses salariés

Suite à l'action syndicale menée depuis lundi, les camions ne peuvent plus quitter les dépôts d'AB InBev à Jupille, Louvain et Hoegaarden. ©BELGA

Le mouvement de grogne se poursuit sur les sites d'AB InBev à Louvain, Jupille et Hoegaarden d'où les camions ne peuvent plus partir. Face aux blocages, la direction a annoncé son refus de discuter.

Des barrages filtrants étaient une nouvelle fois installés ce mardi matin devant les dépôts d'AB InBev  à Louvain, Jupille et Hoegaarden. Ces nouvelles actions font suite à l'échec des discussions ce lundi sur la nouvelle convention collective. Les travailleurs réclament une garantie plus complète de la sécurité d'emploi et un paiement correct des salaires.

La réponse de la direction n'a pas tardé: elle ne discutera plus tant que les trois sites sont bloqués. "La dynamique de négociations est perturbée par les actions syndicales. La levée des blocages est une condition qui permettra de ramener la sérénité et de revenir à la table des négociations", a-t-elle fait savoir par voie de communiqué. 

Depuis plusieurs mois, il y a un lot d'erreurs sur les fiches de paie qui ne se chiffrent pas en dizaines d'euros, mais plutôt en centaines.
Marc Delvenne
secrétaire régional CSC Alimentation & Services


Pas évident d'arrêter les blocages 

La production de bière se poursuit et les travailleurs peuvent entrer sur les sites. Néanmoins, aucun camion n'est autorisé à sortir des sites, a expliqué Marc Delvenne, secrétaire régional CSC Alimentation & Services, présent à Jupille.

©BELGAONTHESPOT

Ces blocages ont débuté lundi en milieu d'après-midi. Les syndicats avaient alors précisé qu'ils maintiendraient leur mouvement jusqu'à la prochaine rencontre avec la direction autour de la convention collective de travail, prévue à 13h00 ce mardi. Mais la direction refuse de discuter tant que les trois sites sont bloqués...  

"Quand un blocage est lancé, ce n'est pas évident de l'arrêter", avertit le syndicaliste. Ce dernier précise que le malaise ne serait pas aussi grand chez AB InBev si le dialogue social était meilleur. "Depuis plusieurs mois, il y a un lot d'erreurs sur les fiches de paie qui ne se chiffrent pas en dizaines d'euros, mais plutôt en centaines", explique-t-il.

De son côté, la direction rappelle qu'un arrangement spécifique est entré en vigueur chez AB InBev en 2011, offrant aux ouvriers le paiement de trois ans de salaire au cas où la brasserie réduirait son effectif. Le groupe souhaite maintenir "cette clause de garantie exceptionnelle en Belgique qui s'ajoute aux indemnités légales requises".

Il est "convaincu que les nouvelles propositions améliorées, présentées lundi à la table, offrent une très bonne protection pour ses travailleurs". 

Du social "made in" India

D'après les syndicats, la politique salariale de la filiale belge du géant brassicole est gérée depuis l'Inde, ce qui occasionne de nombreuses erreurs dans la rémunération du personnel. La direction dit être très claire à ce sujet. "Si des fautes ont été commises, elles seront rectifiées. Une bonne rémunération et un paiement correct du salaire sont une valeur de base chez AB InBev."

Les organisations de travailleurs demandent, en outre, une extension des garanties de sécurité d'emploi et des revenus en cas de licenciement pour des raisons économiques.

Une première grève de 24 heures avait été menée dans quatre brasseries du groupe en Belgique, le 20 novembre dernier.

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