Brasseries et horeca ont perdu 860.000 emplois en Europe

Les consommateurs ont bu quelque 34 millions d'hectolitres de moins en Europe en 2020.

Les différents métiers liés à la bière ont payé un énorme tribut à la crise pandémique en Europe en 2020: on a consommé 34 millions d'hectolitres en moins.

En amont du secteur des bars, hôtels et restaurants, les brasseries ont, elles aussi, subi la crise pandémique de plein fouet. À l'échelle de l'Europe, elles ont vu leur production se contracter de 7% en valeur l'an dernier, à 42,7 milliards d'euros. Beaucoup plus impressionnant: la consommation de bière dans l'horeca européen a chuté de 53 millions d'hectolitres, soit 42%. Dans le même temps, l'augmentation des ventes dans les grandes surfaces restées ouvertes n'a crû que de 20 millions d'hectolitres (+8%). Autrement dit, les ventes dans le retail n'ont pas suffi pour compenser les pertes dans les bars et restaurants et globalement, la consommation de bière a fondu de près de 34 millions d'hectolitres (-9%), selon les statistiques compilées par The Brewers of Europe, la fédération qui réunit quelque 11.000 brasseries à travers 28 pays du Vieux continent.

-11
milliards d'euros
En 2020, le secteur des brasseries au sens large a versé 11 milliards d'euros de moins aux pouvoirs publics sous forme de taxes, impôts et accises.

En 2019, 2,6 millions d'emplois étaient liés à la bière en Europe: fournisseurs et brasseries, horeca, commerce de détail. L'impact des mesures de confinement et de restrictions a ramené cette population à 1,8 million de jobs fin 2020. Soit une perte de 860.000 postes en un an de pandémie, toujours selon The Brewers of Europe, qui précise que le gros des dégagements se situe dans l'horeca: de 1,9 million de personnes, on est revenu à 1,1 million en fin d'année, soit une perte de 43% des emplois. Le segment des brasseries (production) a, lui, fait de la résistance, son volume d'emplois revenant de 134.800 à 123.900 postes (-8%).

La valeur ajoutée générée directement et indirectement par le secteur en Europe a décru de 15 milliards d'euros à 47 milliards d'euros. Quant au total des taxes, impôts et accises versés aux gouvernements par le monde de la bière, il a fondu de 11 milliards d'euros à 36 milliards (-23%).

Vers une relance intelligente

Un retour au niveau d'activité d'avant le coronavirus permettrait d'assurer le retour de 800.000 travailleurs, la reprise de 13 milliards d'euros de valeur ajoutée et le versement de 11 milliards d'euros de recettes fiscales supplémentaires.

Tout en concédant qu'il reste énormément d'incertitudes sur la sortie de crise, la fédération des brasseurs européens estime qu'avec la réouverture de l'horeca, des événements et la reprise du tourisme – et moyennant "un soutien ciblé et continu" de la part des pouvoirs publics –, le secteur pourra contribuer efficacement à la relance de l'économie. Elle cite trois chiffres cibles, en termes d'emplois, de valeur ajoutée et de versement d'impôts.

Un retour au niveau d'activité d'avant le coronavirus permettrait d'assurer le retour de 800.000 travailleurs, la reprise de 13 milliards d'euros de valeur ajoutée et le versement de 11 milliards d'euros de recettes fiscales supplémentaires, selon ses calculs. "Alors que nous envisageons la reprise, nous devons réussir la réouverture. Nous avons besoin de clarté et de certitude", écrit Pierre-Olivier Bergeron, le secrétaire général de Brewers of Europe, en préface au rapport de la fédération sur l'impact du Covid-19 sur ses métiers. "Un secteur horeca prospère est la clé d'une reprise plus large, y compris en tant que symbole important de la confiance des consommateurs."

"Un secteur horeca prospère est la clé d'une reprise plus large, y compris en tant que symbole important de la confiance des consommateurs."
Pierre-Olivier Bergeron
secrétaire général, The Brewers of Europe

Il reste toutefois un fossé à combler, poursuivent les brasseurs en évoquant les restrictions qui persistent actuellement dans nombre d'États européens. Raison pour laquelle l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement en bière a encore besoin d'une série d'aides avant d'en arriver à un rétablissement complet. La fédération en distingue quatre: elle demande la prolongation des allocations de chômage temporaire, un soutien au niveau de la liquidité des entreprises, des taux de TVA réduits et un allégement ciblé des accises. Ajoutons que les trois premières de ces mesures sont déjà, au moins partiellement (liquidité), en vigueur en Belgique.

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