Co.Station et l'industrie au chevet de notre avenir alimentaire

Fleur Parnet et Beatrice De mahieu ©saskia vanderstichele

L'espace de coworking réunit 23 partenaires sous le parrainage de Delhaize, Electrolux et Zantis: co.food, le nouvel écosystème, explore l'alimentation du futur.

Après avoir successivement lancé un programme d'innovation collaborative dans l'énergie et dans la mobilité en 2019 et 2020, l'espace de co-working Co.Station inaugure cette semaine un troisième projet d' "écosystème multipartite" dans le secteur alimentaire. Un domaine où les défis à relever ne manquent pas. Baptisé "co.food", le programme réunit vingt-trois partenaires (start-ups, petites et grandes entreprises, universités...) et a pour parrains le groupe de grande distribution Delhaize Belgique, le fabricant d'électroménager suédois Electrolux et le transformateur de fruits allemand Zentis (jus de fruits, confitures...). Trois groupes représentant des segments très différents de la chaîne d'approvisionnement alimentaire, ce qui est un des effets recherchés.

Car le but du jeu, c'est de réunir une série d'entreprises de taille et de genre différents autour d'une même mission (penser les habitudes alimentaires de l'avenir en regard d'objectifs de santé et de durabilité), de les inciter à imaginer des solutions originales, puis de passer avec elles au stade du prototypage. Avec pour résultat, au terme des 12 à 18 mois du processus, d'aboutir à de véritables projets d'entreprise, à mener soit au sein d'un des groupes participants, soit en toute autonomie via la création de start-up(s).

"Briser les silos"

Co.Station agira comme facilitateur en traçant le programme, en organisant les réunions, en fournissant les experts et les coaches, etc., tandis que les trois parrains assumeront la gouvernance des travaux. Ceux-ci auront notamment pour responsabilité de jouer le rôle du jury quand il s'agira de sélectionner parmi les projets développés par les six groupes de travail, les trois qui passeront au stade du prototype. Les partenaires se répartiront quant à eux entre les groupes de travail, où ils collaboreront. "L'objectif est de briser les silos et de bâtir des ponts entre les différents segments et acteurs du secteur, d'accélérer le processus d'innovation des parties prenantes et de produire des solutions concrètes co-créées pour le marché", souligne Fleur Parnet, que Co.Station a nommée responsable de co-food.

"Et si au final, un projet débouche sur la création d'une start-up, Sambrinvest, qui est un de nos partenaires globaux, pourrait co-financer la nouvelle pépite, sans oublier l'existence de subsides à l'innovation."
Béatrice de Mahieu
CEO de Co.Station

"Accélérer", c'est précisément ce que permet ce genre de formules, comparé au travail "classique" des départements de Recherche et développement dans les grands groupes. "Ici, on se contraint à repartir de zéro et on force la cadence", explique Fleur Parnet qui a passé plusieurs années de sa carrière au sein d'un de ses méga-groupes. "On gagne en agilité et en liberté." Et du côté des start-ups, souvent freinées par des budgets limités, ici, plus de problème de financement, on avance sans plus de barrières d'argent. "Et si au final, un projet débouche sur la création d'une start-up, détaille Béatrice de Mahieu, CEO de Co.Station, Sambrinvest, qui est un de nos partenaires globaux, pourrait co-financer la nouvelle pépite, sans oublier l'existence de subsides à l'innovation." L'occasion de souligner que Co.Station a aussi pour tâche d'accompagner les porteurs des projets sélectionnés dans leur structuration et leur recherche de fonds.

"Ici, on se contraint à repartir de zéro et on force la cadence."
Fleur Parnet
Responsable de co.food

BNPP, Alpro et Nestlé sont de l'aventure

Concrètement, le programme a démarré cette semaine avec l'ouverture d'une première séance de travail dédiée à l'idéation des projets, une sorte de brainstorming pour faire accoucher les meilleures idées. Pour l'heure, les contacts se font évidemment en mode digital, Covid oblige. Cela a certains avantages, tels que celui de réunir aisément à travers les fuseaux horaires des partenaires logés aussi bien en Belgique qu'aux Etats-Unis ou en Chine. Car si le programme est belge, il a une portée internationale, déjà apparente d'ailleurs dans les identités des partenaires. Outre la Suède avec Electrolux et l'Allemagne avec Zantis, la France y est représentée via la banque BNP Paribas, intéressée ici dans le développement des circuits courts, et via Alpro (groupe Danone désormais), intéressé dans la thématique des alternatives végétales aux produits d'origine animale, la Suisse via Nestlé (transition de l'alimentation animale vers la végétale également), le Luxembourg via Food For All, une organisation de lutte contre le gaspillage alimentaire (autre thématique retenue), etc. Les défis de l'alimentation ne se limitent évidemment pas au territoire belge, et les organisateurs du programme cherchent à réunir les compétences les plus diverses.

3
nombre de prototypes à lancer sous le label co.food
Le programme co.food se déploiera autour de 6 thématiques, qui donneront lieu à 3 produits ou services innovants développés sous forme de prototypes.

La suite du calendrier? En avril, les six idées retenues seront soumises au jury. Les trois retenues prendront d'ici l'été la forme de prototypes, qui seront développés et testés. Puis dans un an, elles donneront naissance, si tout va bien, à des solutions concrètes, mises en oeuvre sur le marché.

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