Coca-Cola sommé de livrer les Intermarchés

Tout est parti du souhait exprimé par le groupe Mousquetaire de réduire son offre de produits de la marque Coca-Cola, ou distribués par elle, dans ses magasins français. ©Bloomberg

Début de semaine, Coca-Cola avait suspendu ses livraisons de sodas aux magasins français de la chaîne Intermarché qui souhaite réduire l'offre du groupe américain dans ses rayons pour offrir des produits plus sains. Un juge vient de trancher en faveur du groupe français.

C'est la guerre entre Coca-Cola et Intermarché. Néanmoins, le groupe de distribution français semble avoir remporté la première manche.

Il y a quelques jours, on apprenait que Coca-Cola avait bloqué l’approvisionnement des 2.500 magasins Intermarché en France pour cause de divergence sur l’offre en rayon. La justice vient de donner tort au géant des boissons.

460.000 euros
par jour
Si Coca-Cola ne reprend pas ses livraisons, il devra verser une astreinte quotidienne équivalente à une journée de volume d'affaires, soit 460.000 euros.

Le tribunal de commerce de Paris estime que le "refus de vente et de livraison depuis le 1er janvier" constitue un "abus de position dominante" de la part de Coca-Cola, qui détient à lui seul "75% à 90% de part de marché sur le marché des colas".

Le tribunal invite les deux parties à négocier un accord dans les délais légaux, soit avant le 1er mars. Dans l'intervalle, Coca-Cola est sommé de reprendre ses livraisons aux mêmes conditions sous peine de se voir imposer une astreinte de 460.000 euros par jour de retard, soit l'équivalent d'une journée de son volume d'affaires.

Quel est le nœud du problème?

En début de semaine, Coca-Cola avait décidé de façon unilatérale d'arrêter ses livraisons aux magasins du groupe Mousquetaire. Les Intermarchés belges n'étaient toutefois pas visés.

En cause, le souhait émis par le groupe de distribution de réduire de moitié le nombre de références Coca-Cola proposées au client. Désireux de présenter une offre répondant mieux aux nouvelles tendances de consommation, Intermarché était justement en renégociation de contrat avec Coca-Cola. Le distributeur avait estimé que cette réduction de la gamme entraînerait une chute des ventes de Coca-Cola de 20% dans ses magasins. Outre le Coca, il était aussi question d'autres boissons appartenant au groupe américain ou distribuées par lui (Fanta, Sprite, Fuzetea, Honest, Tropico, Caprisun et Monster).

Intermarché a fait le pari d'une offre plus saine, avec des produits moins sucrés, vendus notamment par des PME.

Pour le patron du groupe Mousquetaire, il s'agissait surtout de réussir le pari d'une offre plus saine, avec des produits moins sucrés, vendus notamment par des PME.

En réponse, Coca-Cola avait menacé d’augmenter de 60% ses tarifs sur les produits maintenus en rayon.

Pas de garantie tarifaire pendant deux ans

Interrogé, Coca-Cola dit qu'il se pliera à la décision du juge. "Nous allons délivrer à nouveau nos produits et nous remettre autour de la table des négociations", indique un porte-parole de Coca-Cola interviewé dans Le Parisien. Le géant américain n'a toutefois pas encore décidé s'il allait faire appel de ce jugement. 

Quoiqu'il en soit, il insiste sur le fait que ce jugement n'est pas aussi favorable qu'il y paraît pour le groupe Mousquetaire. Ce dernier avait demandé au juge une garantie de profiter des tarifs 2019 pendant deux ans. Le juge a accordé tout au plus deux mois.

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