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Colruyt veut commercialiser les premières moules belges en 2023

Les moules consommées en Belgique viennent toutes de l'étranger, essentiellement de Zélande. ©ANP

Le distributeur veut installer les premières filières de moules de sa future ferme marine après l’été. Les premières moules belges seront récoltées d'ici deux ans.

D'ici deux ans, les incontournables moules de Zélande le seront un peu moins chez nous. Le projet de ferme aquacole développé par Colruyt au large de Nieuport prend forme. Le distributeur de Hal prévoit d'entamer l’installation des premières filières de moules après l’été. De quoi permettre d'envisager une première récolte à l’été 2023 et les premières ventes de moules belges dans ses magasins.

30.000
tonnes
Les Belges mangent 30.000 tonnes de moules par an.

On le sait peu, mais les moules consommées en Belgique viennent toutes de l'étranger, essentiellement de la Zélande néerlandaise voisine. Un marché non négligeable: les Belges mangent 30.000 tonnes de moules par an.

Colruyt, qui a bien compris tout l'intérêt de développer une filière de production locale, s'est donc lancé à corps perdu dans un projet de ferme marine à 5 km au large de Nieuport. Les analyses scientifiques ont, en effet, confirmé que cette zone est très bien adaptée à la culture de sources de protéines marines grâce à la bonne qualité de l’eau et à la présence de nombreux nutriments.

Un projet contesté

À terme, le projet Westdiep prévoit l'installation, en pleine mer, d'une ferme aquacole de 4,5 km² destinée à l’élevage de moules, d’huîtres et à la production d’algues. "Dans un premier temps, nous allons installer des lignes de culture de moules. Les huitres et les algues viendront plus tard. Ces cultures font encore l'objet de recherches", précise Silja Decock, porte-parole de Colruyt. Est également prévue l'installation d'un périmètre de sécurité délimité par seize bouées de signalisation.

L'initiative du premier distributeur belge est toujours la cible de contestations. La ville de Nieuport et six associations de défense de l'environnement ont introduit il y a quelques mois un recours en annulation au Conseil d'État. Ils contestent le choix du lieu d’implantation, situé en zone Natura 2000 et susceptible de gêner les bateaux de pêche et de plaisance.

"La zone du projet fait partie des cinq zones où les entreprises sont autorisées à déployer des activités commerciales."
Silja Decock
Porte-parole de Colruyt

Le Conseil d'État n'a pas encore rendu son arrêt. Fort des permis d'environnement et d'utilisation obtenus fin 2020 et soucieux d'éviter les atermoiements, Colruyt a poursuivi sa recherche de partenaires pour le soutenir dans ce projet. "La zone C où se situe le projet fait partie des cinq zones déterminées par le gouvernement fédéral où les entreprises sont autorisées à déployer des activités commerciales", argue la porte-parole.

Par étapes

Le groupe s'est associé à diverses entreprises, toutes belges. Parmi ces partenaires figure le géant du dragage DEME, qui a pris une participation financière minoritaire dans le projet, et GEOxyz, spécialisée dans l’analyse des fonds marins et la collecte de données marines. Celle-ci prendra en charge le placement et la maintenance des filières de culture après avoir analysé le fond marin.

La zone d'installation étant réputée pour ses courants forts, Colruyt a opté pour un système de cultures suspendues permettant aux filières de moules de se déplacer avec le courant marin. Cette méthode est utilisée depuis des années en Nouvelle-Zélande et dans le sud de l’Europe, mais est totalement nouvelle en mer du Nord.

"Nous prévoyons de produire un maximum de 200 tonnes de moules durant la première année."
Silja Decock
Porte-parole de Colruyt

"Nous procéderons par étapes. Dans un premier temps, le projet s'étendra sur une surface de 1 km², où seront installées quelques dizaines de lignes de production de moules. Nous prévoyons de produire un maximum de 200 tonnes de moules durant la première année", précise Silja Decock. À terme, la ferme aquacole pourrait produire jusqu’à 2.400 tonnes de moules par an, soit à peu près la quantité vendue annuellement par l’enseigne, ainsi que 100 tonnes d'huîtres et 100 tonnes d'algues.

Le résumé

  • Colruyt prévoit d’installer après l’été les premières filières de moules de sa future ferme marine au large de Nieuport.
  • A terme, le projet Westdiep prévoit l'installation, en pleine mer, d'une ferme aquacole de 4,5 km² destinée à l’élevage de moules, d’huîtres et à la production d’algues. 
  • Cette initiative est toujours la cible de contestations, de la ville de Nieuport et d’associations de défense de l'environnement notamment.
  • Soucieux de ne pas tergiverser, Colruyt a poursuivi sa recherche de partenaires pour le soutenir dans ce projet.

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