Delhaize et Veviba ont entamé un bras de fer judiciaire

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Delhaize attaque Veviba en justice et lui réclame des dédommagements. Veviba a répliqué dans le même sens. Les anciens partenaires ont décidé de s’affronter à la barre.

Il fallait s’y attendre. Le scandale alimentaire tournant autour de l’abattoir Veviba situé à Bastogne rebondit devant les tribunaux. Jeudi matin, une affaire impliquant Delhaize, Veviba et l’abattoir Lanciers, situé à Rochefort, a été introduite devant le tribunal de commerce francophone de Bruxelles. Globalement, par cette action, Delhaize entend obtenir un dédommagement des abattoirs pour les désagréments causés par le scandale Veviba.

42
ans
Veviba travaillait pour Delhaize depuis 42 ans.

À la fin du mois de février, une perquisition menée à l’abattoir Veviba à Bastogne avait permis de mettre à jour un trafic d’étiquetage sur la viande de bœuf surgelée ainsi que l’incorporation de pièces impropres à la consommation dans le haché. La réaction de Delhaize ne s’était pas fait attendre. Le 8 mars, le distributeur annonçait la fin de sa collaboration avec Veviba, à Bastogne; Adriaens, à Zottegem; Lanciers, à Rochefort et Verbist, à Izegem. Veviba travaillait pour Delhaize depuis 42 ans.

Dans la foulée, Delhaize était vite retombé sur ses pattes en décidant de rediriger ses bêtes vers les abattoirs Derwa, à Jupille, et Hemelaere, à Opwijk. Il n’empêche, l’affaire, on s’en doute, n’était pas pour plaire au distributeur obligé de retirer de la marchandise de ses rayons, de trouver la parade et de restaurer la confiance de sa clientèle. Delhaize avait expliqué cette rupture de la collaboration par une violation inacceptable de la sécurité alimentaire. "Ces constatations ont conduit à une rupture de la confiance complète et irréparable entre Delhaize et le groupe Veviba. Delhaize veut offrir à ses clients la garantie qu’ils peuvent en toute confiance acheter des produits sûrs et de qualité à tout moment dans ses magasins", disait alors le distributeur.

Aujourd’hui encore, ce discours n’a pas changé. Mais Delhaize a décidé de passer à l’attaque et de se tourner vers le tribunal de commerce francophone de Bruxelles pour obtenir un dédommagement pour tous les désagréments causés par le scandale Veviba.

Double demande

Du côté des abattoirs, la réaction ne s’est pas fait attendre puisqu’ils ont décidé de répliquer par une autre attaque, réclamant cette fois un dédommagement pour rupture abusive de la collaboration avec Delhaize. À l’annonce de la fin du partenariat, Louis Verbist, le patron des abattoirs, s’était exprimé dans la presse du nord du pays. "C’est cruel de voir Delhaize et Colruyt décrocher après autant d’années, avait-il expliqué avant de continuer. Je ne suis pas un arnaqueur ni un tricheur. Nous abattons ici les meilleures bêtes de tout le territoire pour Delhaize et Colruyt. Ils le savent puisqu’ils viennent dans nos abattoirs sélectionner eux-mêmes les meilleurs bœufs et les estampiller."

"Nous sommes surpris par cette action. Dans cette affaire, Delhaize est la victime. Nous avons dû prendre des mesures pour faire face à cette crise."
roel dekelver porte-parole de delhaize

Du côté de Delhaize, c’est l’étonnement. "Nous sommes surpris par cette action. Dans cette affaire, Delhaize est la victime, nous avons dû prendre des mesures pour faire face à cette crise", nous a expliqué Roel Dekelver, le porte-parole de Delhaize. "Nous avons décidé de cesser notre collaboration vu le rapport de l’Afsca", a-t-il encore précisé, expliquant que le scandale dont il est question ne pouvait pas être le résultat de l’action d’une seule personne. Pour Delhaize, il est impossible que la direction de Veviba n’ait pas été au courant des agissements découverts lors de la perquisition effectuée par la police fédérale le 28 février. "À partir de ce moment-là, il y avait rupture de confiance et cette rupture de collaboration était la seule décision que nous pouvions prendre", a encore précisé le porte-parole de la chaîne de distribution. Et ce dernier de rappeler qu’il sera compliqué et coûteux de rétablir la confiance avec les clients de Delhaize.

Personne n’a souhaité nous communiquer les détails des montants réclamés, mais Delhaize l’assure, il n’avait pas d’autre choix que de cesser sa collaboration avec Veviba. "Delhaize ne veut plus collaborer avec une entreprise au courant de ces pratiques", a insisté le porte-parole. L’affaire introduite jeudi au tribunal devrait être plaidée dans les prochains mois.

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