Publicité

Deliverect séduit deux poids lourds de l'investissement techno

Pour Zhong Xu, CEO de Deliverect, l'heure n'est pas à la recherche de rentabilité, mais à la poursuite des investissements. ©Kristof Vadino

Le portail de restauration en ligne belge acquiert une dimension internationale en accueillant DST Global Partners et Red Point dans son tour de table.

La jeune pousse belge Deliverect ne l'a jamais caché: ses ambitions sont mondiales. Facile à dire? Certes, mais le portail de restauration en ligne ne se contente pas de paroles, il avance aussi à pas de géant. Il est intervenu l'an dernier dans des transactions de restauration pour un milliard de dollars de ventes au total et il vient de lever 65 millions de dollars de capitaux frais, avec la participation de deux des principaux fonds technologiques du moment...

L'entreprise offre un service sur abonnement qui intègre des plateformes de commande et livraison en ligne tierces, comme Uber Eats, Deliveroo ou takeaway.com, dans les systèmes de points de vente des restaurants. Cela permet d’automatiser les flux de commandes en ligne en passant par un point unique. Inutile de préciser que cela facilite grandement la tâche des restaurants quand ils décident de se lancer en ligne.

"Notre directrice RH a déjà engagé 150 personnes alors que je ne l'ai encore jamais rencontrée en présentiel."
Zhong Xu
Fondateur et CEO de Deliverect

Des grandes chaînes comme KFC ou, côté belge, Le Pain Quotidien lui font confiance, mais également de petits établissements locaux. Avec la pandémie et les mesures de confinement, son service de connexion est venu en aide à grand nombre de restaurateurs non seulement en Belgique, mais aussi dans les 37 autres pays où la plateforme est active. Et ce n'est qu'un début, annonce son fondateur et CEO Zhong Xu: "Nous nous sommes fixé pour objectif de connecter 100.000 restaurants dans le monde." Contre 10.000 aujourd'hui.

Le choix des fonds

Ce projet d'expansion à tout crin a un coût. Raison pour laquelle Deliverect a tendu une oreille attentive aux fonds d'investissement attirés par son rapide démarrage (l'entreprise est née à Gand il y a à peine deux ans et neuf mois). "Il faut continuer à investir dans notre développement", détaille Zhong Xu. "Dans le service, la force commerciale, les logiciels, le recrutement... On va engager 100 personnes rien qu'en Belgique cette année." Alors qu'elle ne comptait que 50 collaborateurs à bord il y a un an, l'entreprise en totalise 200 aujourd'hui, répartis entre le siège gantois et une série de pays. "Notre directrice des ressources humaines travaille depuis Édimbourg, en Écosse. Elle a déjà engagé 150 personnes alors que je ne l'ai encore jamais rencontrée en présentiel."

65
millions de dollars
Deliverect vient de récolter 65 millions de dollars auprès de ses actionnaires habituels et de deux fonds très cotés dans le secteur technologique.

Deliverect a jeté son dévolu sur deux fonds, DST Global Partners et Red Point Ventures. Le premier réunit des partenaires d'un des principaux fonds de capital risque spécialisés dans les technologies internet; le second est dédié à la croissance des start-ups. Le premier a été créé à Hong Kong; le second à Menlo Park, en Californie. "DST Global Partners a une profonde connaissance du secteur des livraisons, il est d'ailleurs actionnaire de Deliveroo et d'autres plateformes spécialisées", explique Zhong Xu. "Quant à Red Point, c'est un des premiers fonds de la Silicon Valley investis dans le secteur des logiciels en tant que services (SaaS). Nous avons donc choisi le savoir-faire, le réseau et l'expérience."

87 millions de dollars en 3 tours

Concrètement, Deliverect vient de récolter 65 millions de dollars (environ 54 millions d'euros) à l'issue de sa troisième levée de fonds. DST Global Partners et Red Point ont mené ce tour de table, auquel ont également participé les actionnaires existants, soit le fonds canadien Omers Ventures, le néerlandais Newion, le belge Smartfin et les fondateurs. Précédemment, la jeune pousse avait réalisé une première moisson à 3,5 millions et une deuxième l'an dernier à 18 millions, toujours en dollars. À noter que l'entreprise encourage aussi ses employés à souscrire, dès leur entrée en service, à un programme d'options et qu'à ce jour, ceux-ci détiennent 10% du capital.

"On peut créer de grandes entreprises ici, mais en pensant mondial."
Zhong Xu
Fondateur et CEO de Deliverect

Les fondateurs et le personnel conservent le contrôle de la société. Et Zhong, qui a 36 ans et déjà plusieurs créations d'entreprises à son actif, ne compte ni prendre sa retraite ni quitter cette "réussite commerciale" en cours pour en fonder d'autres. Le mot d'ordre est de poursuivre la croissance rapidement, parce que le moment pour ce type de services est "historique" et qu'il faut saisir cette chance.

Quand on s'étonne qu'un tel démarrage soit possible au départ de la Belgique, le CEO s'en étonne. "On peut créer de grandes entreprises ici, mais en pensant mondial", objecte-t-il. "Nous resterons une entreprise belge, mais une entreprise globale, distribuée partout. L'endroit où vous êtes est moins important que vous ne le pensez. L'essentiel, c'est la mentalité. Ceci dit, la Belgique ne manque pas d'atouts: il y a beaucoup de capitaux dans ce pays, une position centrale et très accessible en Europe, des gens multilingues, une bonne mentalité et une facilité de recrutement."

Le résumé

  • La scale-up belge Deliverect a levé 65 millions de dollars en accueillant deux nouveaux fonds dans son capital, DST Global Partners et Red Point Ventures.
  • C'est sa troisième récolte de fonds depuis son lancement il y a moins de trois ans.
  • L'entreprise, qui connecte les restaurants et les plateformes de commande et de livraison en ligne, est déjà présente dans 38 pays et veut continuer à croître à grande vitesse.
  • Elle vise 100.000 restaurants connectés, contre 10.000 aujourd'hui.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés