Deliveroo choisit Londres pour ses premiers pas en bourse

Deliveroo a été créé à Londres en 2013. Le choix de la place londonienne pour son introduction en bourse n'est donc pas forcément une surprise. ©REUTERS

Deliveroo a jeté son dévolu sur Londres pour son introduction en bourse. C'est une bonne nouvelle pour la City qui subit une forte concurrence européenne depuis le Brexit.

Ce ne sera ni la très convoitée Bourse d'Amsterdam, ni encore Francfort, Paris ou Milan, mais bien Londres. La plateforme Deliveroo a annoncé qu'elle y fera prochainement son entrée en bourse, sans encore en divulguer la date. Au lendemain de la publication d'un rapport commandé par le gouvernement plaidant pour un assouplissement des règles boursières de la City, ce choix apporte une bouffée d'air frais à la place financière britannique face à des concurrents européens dynamisés par le Brexit.

Deliveroo compte opter pour un système à deux types d'actions pour trois ans, afin que la direction conserve la main sur la stratégie tout en cédant une partie du capital.

Londres s'inquiète, en effet, de plus en plus de l'essor de places comme Amsterdam qui arrive à attirer de jeunes entreprises technologiques. La place néerlandaise a même supplanté Londres dans les échanges d'actions européennes en janvier, et ce, pour la première fois.

Système à deux types d'actions

Deliveroo explique qu'elle compte opter pour un système à deux types d'actions pour trois ans, afin que la direction conserve la main sur la stratégie tout en cédant une partie du capital. La société observe que cette mesure est déjà en vigueur aux États-Unis, à Hong Kong et en Europe.

"Choisir Londres souligne l'engagement de Deliveroo à faire du Royaume-Uni sa résidence de long terme."
Will Shu
Fondateur et directeur général de Deliveroo

Ce mécanisme n'est pas encore en place à Londres pour les compartiments de marché les plus recherchés, mais il s'agit de l'une des principales propositions du rapport de l'ancien commissaire européen aux services financiers Jonathan Hill, sur lequel va se pencher très vite le ministre des Finances Rishi Sunak. Ce dernier a d'ailleurs qualifié l'annonce du jour de "fantastique" et confirme vouloir lancer des "réformes pour encourager encore plus d'entreprises à forte croissance et dynamiques à se coter au Royaume-Uni".

Cette décision de Deliveroo de choisir le marché britannique n'est pas totalement une surprise puisque la société a été créée à Londres en 2013 par Will Shu, qui en est également directeur général. À l'époque, il a d'ailleurs été le premier livreur dans le quartier de Chelsea, dans l'ouest de Londres. "Choisir Londres souligne l'engagement de Deliveroo à faire du Royaume-Uni sa résidence de long terme", souligne ainsi le communiqué.

100.000
livreurs
Deliveroo compte environ 100.000 livreurs dans le monde pour effectuer ses courses.

Épaulée par Amazon

Deliveroo avait annoncé, en janvier, être désormais valorisée à plus de 7 milliards de dollars après une nouvelle levée de fonds. La société, dont le siège est également à Londres, travaille avec 115.000 restaurants dans 800 villes à travers le monde et compte, sur 12 marchés, quelque 100.000 livreurs. Elle emploie 2.000 personnes dans le monde.

Deliveroo s'est fait connaître en livrant des plats préparés, mais entend désormais se diversifier et livrer des courses alimentaires via des partenariats avec des supermarchés. Face à la pandémie, les restrictions mises en place ont rapidement fait grimper la demande pour ses services. Deliveroo ne donne pas de chiffres précis, mais indique que 2020 a été une année de croissance et qu'elle a été rentable pendant plus de six mois.

La société a souvent été montrée du doigt du fait de la précarité des contrats de travail des livreurs.

La société a même aiguisé l'appétit d'Amazon. En août dernier, l'autorité britannique de la concurrence a donné son feu vert à une prise de participation du géant du commerce à hauteur de 16% du capital de Deliveroo.

Des livreurs aux contrats précaires

Sa croissance effrénée depuis des années s'est accompagnée d'interrogations sur ses pratiques sociales. La société a souvent été montrée du doigt du fait de la précarité des contrats de travail des livreurs, ce qui lui a valu un mouvement de protestation de ses coursiers en France et une condamnation en justice en Espagne.

Au Royaume-Uni, les livreurs attendent la décision de la Cour d'appel de Londres qui doit dire s'ils peuvent bénéficier d'une convention collective afin d'avoir de meilleures conditions de travail.

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