Dernier conseil d'entreprise chez Durobor

©Anthony Dehez

Faute d'accord avec les banques, les repreneurs de Durobor emmenés par Herman Green ont déposé le bilan.

La banque avec laquelle négociait Herman Green et ses associés a finalement refusé d’octroyer le prêt qui aurait permis la relance de la gobeleterie Durobor. On savait que les négociations avaient échoué auparavant avec BNP Paribas Fortis, mais que les repreneurs de l’entreprise avaient pris langue avec une autre institution bancaire, dont l’identité est restée confidentielle. C’était le dernier espoir pour financer le plan de relance et de modernisation de Durobor, censé coûter 16 millions d’euros, dont 10,5 millions de crédit bancaire. Un conseil d’entreprise extraordinaire a été réuni ce matin. La direction y a annoncé qu’elle déposait le bilan, faute de solution alternative. Le personnel  ensuite été réuni en assemblée générale.

Pour des raisons techniques liées à l'absence d'administrateurs de Durobor à la séance mardi, le tribunal de l'entreprise à Mons n'a pas encore désigné de curateur; ce devrait être chose faite jeudi.

Troisième faillite de la décennie

Ce sera le troisième dépôt de bilan de la gobeleterie en dix ans, les deux précédents remontant à 2012 et 2017. L’entreprise emploie encore quelque 154 personnes. Il est vraisemblable qu’en termes d’indemnités, celles-ci devront se contenter de l’intervention du Fonds de fermetures.

Herman Green et les investisseurs qu’il avait fédéré dans Green Invest avaient repris 52% de l’entreprise il y a vingt mois, aux côtés de Sogepa, le holding public wallon, qui en avait souscrit 48%. Leur plan de relance prévoyait la création de trois lignes de production et d’une ligne de décoration de verres dans les bâtiments existants à Soignies. Il fallait, pour l’assurer, mobiliser quelque 16 millions d’euros : Sogepa avait marqué son accord pour apporter 4 millions, les partenaires privés s’étaient engagés pour 1,5 million, le crédit bancaire devait fournir le reste, soit 10,5 millions.

Selon les plans des repreneurs, une deuxième vague d’investissements aurait dû suivre deux ans plus tard.

Beaucoup de millions wallons

De son côté, la Région wallonne a déjà investi beaucoup d’argent dans l’aventure. En 2015, elle avait accepté de transformer un prêt de 15 millions d’euros en actions. La Sogepa avait ensuite recapitalisé l’entreprise à hauteur de 2,8 millions en 2017, lors de l’arrivée de Herman Green et ses associés. A noter que via la Sogepa, la Région détient non seulement les bâtiments, mais aussi les machines et la marque.

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