Des potagers belges aux sommets des capitales européennes

Une ferme Peas and Love à Bruxelles. ©Peas and Love, Sparkies

Apprendre à récolter ses propres fruits et légumes en plein centre-ville? Sur les toits de Bruxelles et Paris, la start-up belge de ferme urbaine Peas and Love propose de louer des parcelles cultivables. Elle vient de lever 1,2 million auprès du fond VC Otium Brands pour s’étendre en Europe.

"On a passé le stade de la bonne idée et de son affinement." Jean-Patrick Scheepers est un entrepreneur aguerri. Après 30 ans à créer des jeunes pousses, il lance les potagers urbains sur les toits de Bruxelles en 2015. Pour le prix d’une salle de sport, 38 euros par mois, son entreprise Peas and Love loue des parcelles de terre cultivables à des particuliers. Un ingénieur agronome s’occupe de la ferme et de l’ensemble des clients, qui viennent récolter eux-mêmes leurs fruits et légumes bios.

"Le côté Love, c’est les ateliers et la communauté ", explique le fondateur, qui met au même niveau "les produits et l’expérience pour le citadin". Les locataires peuvent apprendre à cultiver, conserver et cuisiner leurs aliments grâce au community farmer, l’ingénieur du potager. L’entreprise s’abrite derrière un business model en dehors d’une "logique de production bio classique" et esquive la concurrence.

Une ferme en ville, pourquoi faire ?

"Simple non, long oui!", soupire l’entrepreneur après des années à cultiver Peas and Love: "On n’est pas sur des cycles de start-ups où on peut multiplier par 200 notre valeur en 3 ans." Aujourd’hui, "l’hystérie et l’énorme demande autour du concept" ont convaincu les investisseurs, dont le fonds VC Otium Brands, déjà derrière les repas en bouteille de Feed et les repas végétaux d’Hari&Co.

1,2 million €
Le fonds VC Otium Brands a investi dans Peas and Love. La start-up prévoit d’installer 150 à 200 fermes urbaines sur les toits des grandes capitales européennes.

À Paris, 700 personnes sont sur liste d’attente pour louer une parcelle "alors qu’on nous prenait pour des fous à l’époque", se rappelle Jean-Patrick Scheepers. La start-up dispose maintenant de 1,2 million pour s’étendre.

"À Bruxelles, on pense développer 5 ou 6 autres fermes. Mais à Paris, il y a du potentiel pour une trentaine." Depuis 2015, Peas and Love a développé 3 nouveaux potagers et 600 parcelles dans les deux métropoles. De Lille à Lyon en passant par Amsterdam, Londres et Berlin, Jean-Patrick Scheepers vise les grandes capitales et évite les petites villes. "On va peut-être s’implanter à Anvers, Namur ou Mons, mais on pense que le marché n’est pas porteur", explique-t-il.

Avec un ingénieur dans chaque potager, Peas and Love espère atteindre les 200 emplois d’ici 5 ans. Les 150 futures fermes de la jeune pousse devraient rapporter chacune entre 130.000 et 150.000 euros par an. Un projet ambitieux pour son fondateur, décidé à se faire une place sur les toits des nouvelles villes vertes.

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