Du bon vin belge en perspective

©REUTERS

Une belle récolte est attendue pour la vigne belge à la différence de ses voisines françaises. Mais en fait, où sont faits les vins belges?

Contrairement à la tendance avancée en France, la récolte des vignes en Belgique devrait être "exceptionnelle", estime Pierre Rion, président de l'Association des vignerons de Wallonie (AVW). Un présage partagé par ses comparses vinicoles namurois, liégeois et hennuyers.

"Je prédis une année exceptionnelle en termes de qualité et de quantité."
Pierre Rion
Président de l'Association des vignerons de Wallonie

"Nous avons connu un printemps froid, ce qui a occasionné une floraison assez tardive, sans accident climatique majeur. La maturité a bien évolué grâce à la chaleur de cet été. Je prédis une année exceptionnelle en termes de qualité et de quantité, même si tout n'est pas gagné tant que cela n'est pas dans les cuves", avance celui qui est également co-directeur du Domaine de Mellemont.

30: La Wallonie compte une trentaine de vignobles jouissant d'une appellation reconnue ("Côtes de Sambre et Meuse", "Vins des pays des jardins de Wallonie", "Vin mousseux de qualité de Wallonie" et "Crémant de Wallonie")

50: Ils sont répartis sur l'ensemble de ses cinq provinces, pour un total d'une cinquantaine d'hectares.

55: Les terres wallonnes comptent en outre 55 hectares de vignes produisant des flacons sans appellation.

En raison de la sécheresse de cet été, les vignes des régions de Bourgogne et du Beaujolais, en France, ont produit des grappes pourvues de très petites baies, selon les experts. La récolte est attendue en baisse cette année, d'environ un tiers dans le Beaujolais, mais la qualité devrait toutefois être au rendez-vous.

Où sont les vignes belges?

• Brabant Wallon

©AFP

Le Domaine de Mellemont situé à Perwez a relancé la vigne wallonne il y a 25 ans et comptabilise aujourd'hui quatre hectares, produisant en moyenne 15.000 bouteilles par an. Travaillant les cépages traditionnels tels que le pinot noir, le pinot auxerrois et le müller-thurgau, le Domaine a cette année, jusqu'à présent, été épargné par les maladies, le mildiou étant la plus fréquente sur les terres wallonnes, grâce à une météo sèche, chaude et venteuse. Les vendanges devraient y être effectuées pour la deuxième quinzaine de septembre, préjuge Pierre Rion.

• Namur

©Belpress.com

Le Domaine du Chenoy à La Bruyère s'attend à "une belle et bonne récolte, les conditions climatiques étant idéales, l'état du raisin magnifique, la véraison du fruit excellente et la quantité apparente -en exagérant dans les termes- abondante", commente le propriétaire Philippe Grafé. Ce dernier, qui redoute toutefois l'humidité ou la grêle dans les semaines à venir, et avec elles la propagation de maladies fongiques, espère pouvoir récolter à partir du 15 septembre également. "Si tout continue comme cela, les variétés les plus précoces, comme le solaris et le rondo, pourraient être récoltées à la mi-septembre. Certains raisins se colorent déjà de rouge", souligne joyeusement le vigneron.

Le vignoble de Philippe Grafé de dix hectares produit en moyenne 40.000 litres par an avec des cépages dits "interspécifiques", à savoir des croisements génétiques résistant davantage aux maladies, tels que le régent, le pinotin ou le johanniter, tous trois également cultivés au Domaine du Chenoy.

• Liège

"La sécheresse des mois de juin et juillet a permis aux vignes de ne pas développer de maladies."
Romain Bévillard
Viticulteur de la coopérative des vins de Liège

La Coopérative des vins de Liège, répartie sur douze hectares en Basse-Meuse, en est à sa deuxième année de production pour laquelle elle prévoit de sortir quelque 50.000 bouteilles, soit le double de l'an dernier. "La sécheresse des mois de juin et juillet a permis aux vignes de ne pas développer de maladies, l'état sanitaire étant excellent, et les quelques précipitations du mois de juillet ont amené le raisin à bien grossir", explique le viticulteur Romain Bévillard.

©EPA

Approchant également les cépages interspécifiques, tant blancs (johanniter, solaris, souvignier gris et muscaris) que rouges (cabernet cortis et pinotin), la Coopérative produit des flacons de blancs, de rosés et d'effervescents. "Nous souhaitons également réaliser du rouge mais nous attendons l'opportunité d'une bonne année. Ce sera peut-être déjà le cas... Nous suivons attentivement l'évolution de la maturité du cabernet cortis", a souligné l'expert de la Coopérative.

• Hainaut

"Ce sera une belle vendange, saine et affichant une belle maturité."
Raymond Leroy
Le vignoble des Agaises

Le vignoble des Agaises à Haulchin, le plus grand producteur de vin de Belgique, où est notamment produit le Blanc de Blancs "Ruffus", parle de conditions climatiques "impeccables" pour la qualité des baies. "Nous n'avons pas connu la même canicule qu'en France. La météo a été équivalente à celle affichée dans le sud de la Bourgogne en temps normal. Et nous travaillons justement avec des cépages traditionnels bourguignons et champenois, qui sont assez sensibles à la pluie et au froid", explique Raymond Leroy, qui pronostique la récolte fin septembre pour les cépages blancs (chardonnay) et début octobre pour les rouges (pinot noir et pinot meunier). 

©Dominic Verhulst

Le vignoble des Agaises produit en moyenne 70 hectolitres par hectare par an, soit entre 100.000 et 120.000 bouteilles. L'année 2015 devrait se situer dans la norme, avec 14 hectares de production. Le domaine détient toutefois 21 hectares au total, dont sept sont pourvus de jeunes vignes. Bénéficiant d'un sol 100% calcaire, à l'instar des terres champenoises, le "Ruffus", d'appellation Vin mousseux de qualité de Wallonie, a remporté de nombreuses distinctions depuis 2005.

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