ECI accroît sa production "d'or blanc", le colostrum

La première traite après vêlage d'une vache constitue la matière première de ECI. ©GAMMA

European Colostrum Industry vient d'investir 6,5 millions d'euros dans de nouvelles installations pour augmenter la valeur ajoutée de son produit.

Le colostrum, c'est de "l'or blanc" pour qui peut le récolter et le transformer. C'est sur la base de cette réflexion qu'avait été créée il y a près de 40 ans une banque du colostrum dans le secteur de l'élevage bovin. À chaque naissance, toute femelle mammifère produit cette substance peu de temps avant l'accouchement, pour gaver son rejeton d'anticorps et lui offrir un début d'immunité. Il en va pour les vaches notamment comme pour les humains d'ailleurs.

En 2010, le CER, centre de recherche agroalimentaire et biomédical établi aux portes de Marche-en-Famenne, et le producteur laitier breton Even portent sur les fonts baptismaux ECI, pour European Colostrum Industry. Avec pour objectif de redynamiser l'activité de la banque du colostrum et lui trouver d'autres débouchés.

4
millions d'euros
ECI réalise actuellement 3,3 millions d'euros de chiffre d'affaires et vise les 4 millions à très court terme.

Jusque-là, la banque permettait essentiellement l'échange de cette précieuse matière entre éleveurs. "Mais cette substance, réduite en poudre, a d'autres débouchés industriels, notamment comme complément alimentaire pour les animaux", fait remarquer Bertrand Moinet, directeur général de ECI. Mais aussi dans l'industrie (para)pharmaceutique.

Valeur ajoutée

En novembre dernier, ECI s'est installé dans sa nouvelle usine du parc scientifique Novalis à Aye, pour remplacer le modeste atelier de Marloie où l'entreprise était logée depuis une dizaine d'années. Un investissement de 6,5 millions d'euros qui permettra à terme de tripler la capacité de production de l'entreprise. Mais la taille n'est pas le seul objectif. Il s'agit aussi de récupérer en interne les prestations actuellement sous-traitées et de disposer des dernières technologies de lyophilisation et d'atomisation notamment.

"Cette nouvelle usine nous permettra d'augmenter la valeur ajoutée de nos produits et d'effectuer nous-mêmes des transformations opérées par nos clients."
Jean-Claude Bouchat
Président du conseil d'ECI

"Mais cette nouvelle usine nous permettra aussi d'augmenter la valeur ajoutée de nos produits et d'effectuer nous-mêmes des transformations opérées par nos clients", pointe également Jean-Claude Bouchat, président du conseil d'ECI. L'adossement de l'entreprise à l'un de ses actionnaires, le CER, lui permet également de poursuivre ses recherches en ce sens. Et particulièrement pour pousser plus loin la débactérisation du colostrum sans perdre ses propriétés immunologiques et s'ouvrir ainsi le marché des produits destinés à l'homme. "Cela fait plusieurs années que l'on y travaille, mais nous en sommes proches aujourd'hui."

Seul acteur du genre en Belgique et l'un des principaux en Europe, ECI s'est tissé un réseau de collecte de cet or blanc un peu partout en Europe et revend plus de 70% de sa production à l'international sur un chiffre d'affaires de 3,3 millions d'euros. "Nous devrions atteindre les 4 millions d'euros à court terme. Et notre nouvelle unité va aussi accroître notre rentabilité", note Bouchat.

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