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"En attendant la tempête", AB InBev s'agrippe au comptoir

Au mois d'avril, AB InBev a vu ses volumes mondiaux de bière chuter de 32%. ©BELGA

Alors que les revenus et l’Ebitda du premier trimestre sont en net recul mais supérieurs aux attentes ce qui permet à l’action de prendre de la hauteur, AB InBev a mis en garde : le deuxième trimestre sera pire.

Avec une présence mondiale, le n°1 de la bière encaisse de plein fouet la pandémie de Covid-19 comme le démontrent ses chiffres trimestriels publiés ce matin. Pour les trois premiers mois, les volumes ont ainsi chuté de 9,3% et rien que pour le mois d’avril, ils ont dégringolé de 32%. Au niveau du compte de résultats, cela se traduit par une diminution de 5,8% des revenus à 11 milliards de dollars et par un net recul de l’Ebitda (-13,7%) à 3,95 milliards d’euros.

Reprise en Chine

Assez logiquement, le deuxième trimestre s’annonce pire encore même si AB InBev aperçoit déjà une lumière au fond du fût. En Chine, où le déconfinement est très avancé, les volumes ont diminué d’environ 17% le mois dernier soit un net progrès par rapport à la baisse de 47% constatée au premier trimestre. Rappelons qu’en mars dernier, le brasseur a retiré l’intégralité de ses perspectives pour 2020.

45%
de baisse
Depuis le début de l'année, l'action AB InBev perdu près de la moitié de sa valeur en bourse.

C’est sans doute ce retour progressif à la normale en Chine et des revenus et un Ebitda supérieurs aux attentes du marché qui expliquent la bonne tenue de l’action ce matin en bourse, une action qui a perdu près de la moitié de sa valeur (-45%) depuis le début de l’année.

Avant la tempête

"La source principale de cette performance de l’Ebitda sont les Etats-Unis qui sont entrés en confinement la dernière semaine du trimestre " relativise Reginald Watson d’ING ("conserver"; 54,9 euros) dans une note intitulée "Waiting for the storm" (En attendant la tempête). Il relève également que les coûts variables pourraient ne pas être adaptés suffisamment vite pour répondre au déclin des ventes "ce qui n’augure rien de bon pour la marge au 2e trimestre".

"Nous continuons de considérer le choc du Covid-19 comme essentiellement temporaire."
Wim Hoste, Alan Vandenberghe
Analystes chez KBC Securities

Chez KBC Securities, on reste optimiste dans la mesure où beaucoup de pays envisagent un relâchement des mesures du confinement. "Nous continuons de considérer le choc du Covid-19 comme essentiellement temporaire et, selon nous, l’action se traite actuellement avec des multiples très attractifs." Leur recommandation reste donc à "acheter" avec un objectif de cours de 80 euros.

Kepler Chevreux, pour sa part, estime qu’avril et mai seront les pires mois de l’année pour AB InBev. Le broker qui reste à l’achat sur la valeur avec un target de 50 euros ne s’attend pas à de grands changements dans le consensus des analystes. 

Enfin, du côté de Degroof Petercam, on reste également, pour l'heure, sur ses positions ("conserver", 50 euros) car la visibilité des bénéfices reste limitée et que l’endettement constitue toujours un frein jusqu'à ce qu"AB InBev trouve une solution structurelle.

 

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