Färm, du cash et un partenaire de choix pour grandir

D’ici le début de l’an prochain, un septième supermarché Färm devrait ouvrir ses portes. ©Vincent Duterne

La société coopérative Färm espère lever 300.000 euros via le crowdfunding. Finance.brussels (ex-SRIB) devrait compléter l’enveloppe en injectant 500.000 euros. Objectif: développer le réseau de magasins et soutenir les filières durables.

Dans le petit monde des supermarchés bio, c’est un des acteurs qui montent en puissance. La coopérative bruxelloise Färm, qui s’appuie déjà sur un réseau de six magasins (cinq à Bruxelles et un à Louvain-la-Neuve), s’apprête à ouvrir un septième supermarché. Ce sera en principe pour le début de l’an prochain. Le lieu n’est pas encore connu, mais les pourparlers sont bien avancés.

Färm
  • 2009: Alexis Descampe et Baptiste Bataille, diplômés en écologie de l’UCL, créent une épicerie bio à Etterbeek.
  • 2013: ouverture d’un magasin Färm dans le centre de Bruxelles. La SPRL d’origine devient une coopérative associant des producteurs.
  • Nombre de magasins: 6 (dont 2 franchisés).
  • Chiffre d’affaires 2017: plus de 15 millions d’euros.
  • Emploi: 113, magasins franchisés compris (99 équivalents temps plein).

Les dirigeants de Färm ne comptent pas en rester là. Ils n’ont jamais caché leur ambition de s’appuyer sur un réseau de 16 ou 17 magasins d’ici 2019, tout en soutenant le développement des filières de production durable.

Pour disposer des capitaux nécessaires à son essor, Färm a opté pour le crowdfunding. D’ici quelques jours, la plateforme Lita.co (ex-1001PACT) lancera une campagne de récolte de fonds de 300.000 euros, le maximum légal en Belgique.

À ce montant viendront s’ajouter les 500.000 euros que finance.brussels, le pôle de financement public de la Région bruxelloise, s’est engagé à injecter à titre de coinvestisseur dans la société coopérative.

"Le projet entrepreneurial de Färm, qui privilégie les circuits courts, entre tout à fait dans notre politique d’investissement. Le dossier est bien avancé. Il reste quelques détails juridiques à peaufiner, mais tout devrait être bouclé dans les prochaines semaines", précise Serge Vilain, le président du comité de direction de finance.brussels.

Cette injection de capital devrait être suivie d’autres dans les prochaines années. "Avec ces 800.000 euros, nous devrions pouvoir tenir durant un an et demi ou deux ans, d’autant qu’à l’avenir, nous comptons davantage sur les magasins affiliés, ce qui nécessitera moins de capitaux", explique Alexis Descampe, le patron et cofondateur de la coopérative.

"Avec ces 800.000 euros, nous devrions pouvoir tenir un an et demi ou deux ans."
Alexis Descampe
CEO de Färm

"Très long terme"

Actuellement, Färm n’est pas rentable. Les quelque 350.000 passages en caisse et le chiffre d’affaires de plus de 15 millions d’euros espéré cette année sont jugés très encourageants, mais la société a essuyé l’an dernier une perte de 202.000 euros.

Pas de quoi inquiéter outre mesure Alexis Descampe. "Nous ne serons probablement pas rentables avant trois ans, en raison des importants développements logistiques qui nécessitent des ressources financières. Mais nous nous inscrivons de toute manière dans une perspective de très long terme", dit-il.

Au cœur des villes

La dizaine de nouveaux magasins devrait être implantée au cœur des villes. Färm, qui en a ciblé une vingtaine, vise également la Flandre, où elle compte plutôt privilégier les magasins affiliés en s’appuyant sur le réseau existant.

Si le Belge se tourne aujourd’hui davantage vers les produits bio, on est encore loin de l’évolution des chiffres en France, où le marché est beaucoup plus structuré. Chez nous, la consommation bio représente aujourd’hui environ 4% de parts de marché dans l’alimentaire.

La concurrence d’un Bio Planet, la chaîne bio du groupe Colruyt, n’est-elle pas trop écrasante pour les acteurs plus petits qui prolifèrent sur le marché? "C’est plutôt un stimulant qui nous pousse à repenser notre modèle et à mettre en avant nos spécificités", répond Alexis Descampe.

Ces spécificités, c’est notamment une offre de produits locaux achetés, dans la mesure du possible, dans un rayon maximal de 80 kilomètres et fournis directement par le producteur. "Notre but n’est pas de travailler en visant le prix le moins cher, mais le prix le plus juste."

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