Galler réfute les accusations de la FGTB en avançant le principe de solidarité

Alors que la FGTB accuse Galler de presser ses travailleurs à renoncer à leur prime de fin d'année, la direction répond et met en avant sa transparence et l'esprit de solidarité de l'entreprise.

Galler presse-t-elle son personnel pour se sortir de la crise du coronavirus? La question fait en tout cas grand débat entre les syndicats et la direction. Mardi, la FGTB Horval indiquait que l'entreprise de chocolat basée à Vaux-sous-Chèvremont, près de Liège, ferait pression sur ses travailleurs afin qu'ils signent individuellement une convention pour renoncer à leur prime de fin d'année.

"Inadmissible", alors qu'il s'agit d'une obligation figurant dans la convention sectorielle, fustige le syndicat socialiste. Selon lui, la société a invité ses salariés à se montrer solidaires pour compenser les pertes qu'elle a subies à cause de la crise du coronavirus.

"Chantage émotionnel à l'emploi"

D'après la FGTB Horval, la direction a envoyé un courrier électronique individuel aux travailleurs, "au mépris de toutes les règles de concertation sociale en entreprise", où elle ferait du chantage émotionnel à l'emploi. Elle y propose de renoncer à la prime de fin d'année et de verser éventuellement un bonus en priorité à ceux qui renonceraient à leur prime, dès que la société sortira de la crise. "Comment une entreprise qui se présente comme soucieuse du bien-être des travailleurs, au chiffre d'affaires qui s'élevait à 30 millions d'euros en 2019, ose-t-elle demander à des travailleurs qui gagnent 1.500 euros/mois, avec parmi eux des familles monoparentales avec plusieurs enfants, de renoncer à leur 13ème mois alors que ceux-ci comptent dessus pour payer leurs factures?", s'interroge le syndicat.

"J'ai d'abord vu les syndicats pour leur parler de cette proposition et ils m'ont laissé faire."
Salvatore Iannello
CEO de Galler

Contactée, Galler dénonce l'attitude "honteuse" du syndicat socialiste. "J'ai d'abord vu les syndicats pour leur parler de cette proposition et ils m'ont laissé faire", pointe d'abord le CEO, Salvatore Iannello, remarquant que même certains délégués syndicaux avaient voté en faveur de la proposition. Selon un vote réalisé auprès du personnel, 79% des votants la soutiennent, ajoute le patron. "La toute grande majorité, non seulement a choisi la solidarité et en plus l’a exprimée au travers de nombreux messages positifs."

Eviter les licenciements

Il rappelle que Galler était en situation de faillite virtuelle en 2018 à son arrivée et qu'ensuite quelque 350.000 euros ont été distribués en bonus au personnel l'an dernier. Lors du premier confinement, l'entreprise a pris en charge l'entièreté du salaire de tous les travailleurs, alors que la période de Pâques représente pourtant 15% du chiffre d'affaires annuel, situe le CEO. Ceux qui travaillaient ont en outre touché une prime de 25 euros brut par journée prestée. "Et maintenant, nous avons un 2e confinement qui est arrivé juste avant les fêtes de fin d'année, sachant qu'avec Pâques, cette période représente de 20 à 30% de notre chiffre d'affaires", poursuit-il. Dans la situation actuelle, l'entreprise se retrouverait sans liquidités après la crise, prévient-il.

"L'actionnaire a pris des risques énormes en plein Covid et nous avons augmenté les petits salaires."
Salvatore Iannello

"L’objectif tel qu’expliqué de manière transparente au personnel est double", indique par ailleurs l'entreprise. "Ne pas sortir de la crise covid avec les caisses vides, ce qui serait préjudiciable pour l’entreprise, et éviter à tout prix les licenciements pour raison économique."

Une partie de la prime reversée?

Galler est à 75% entre les mains d'un actionnaire qatari. "L'actionnaire a pris des risques énormes en plein Covid et nous avons augmenté les petits salaires", rappelle encore Salvatore Iannello. La direction a dès lors bien proposé aux travailleurs de se montrer solidaires et de renoncer à leur 13e mois. Ses membres en feront de même et réduiront de 10% leur salaire l'an prochain, détaille le patron, affirmant avoir reçu de nombreux messages de soutien.

L’entreprise s’est engagée en fonction des résultats de fin d’année, de reverser une partie de cette prime de fin d’année et "dans tous les cas, dès que les résultats futurs de l’entreprise le permettront, de retrouver l’intégralité majorée d’une prime de risque". Aucune décision n'a encore été prise, Galler assurant être une entreprise très humaine et voyant surtout dans cette sortie de la FGTB Horval une manière de se faire voir en pleine période d'élections sociales.

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