Godiva bientôt en Bourse?

La chocolaterie belge s'est fortement développée en Chine ©Dave Benett godiva

Le groupe turc Yildiz, maison mère de Pladis, United Biscuits et Godiva, se prépare à refinancer sa dette et à vendre des parts de certaines de ses activités. Dans ce cadre, il a l’intention d’introduire Pladis en Bourse de Londres et envisage aussi une IPO pour sa marque belge Godiva.

Alors qu’elle est devenue une marque mondiale, avec plus de 600 boutiques et une présence dans plus de 100 pays, Godiva, la chocolaterie belge de luxe qui appartient depuis dix ans au groupe turc Yildiz Holding, va peut-être passer un jour par la case "Bourse". Dans une interview à l’agence Bloomberg, Mustafa Tercan, le chief financial officer (CFO) du géant turc, l’a clairement laissé entendre.

Le groupe Yildiz, troisième producteur mondial de snacks et produits de confiserie derrière Kellogg et Mondelez International , a connu des moments difficiles dans son pays l’an dernier, suite à la tentative avortée de coup d’État. Le putsch raté a eu d’importantes répercussions sur l’économie et la consommation turques. L’événement a aussi fait plonger le cours de Yildiz en Bourse d’Istanbul après que des journaux pro-gouvernementaux eurent laissé entendre que son propriétaire, le milliardaire Murat Ulker, aurait eu des liens financiers avec les responsables du coup d’État. Spéculations rejetées par le principal intéressé, qui a également dénié que l’importante implantation créée par son groupe à Londres fût une mesure pour faire sortir ses principaux actifs de Turquie.

792 m$
C’est le chiffre d’affaires 2015 de Godiva. Ses dirigeants tablent sur un milliard dans un futur proche.

Reste que le groupe Yildiz a effectivement basé sa filiale Pladis dans la capitale britannique. Or c’est dans le portefeuille de Pladis qu’il a prévu de loger ses quatre marques mondiales, Godiva, DeMet’s, United Biscuits (racheté en 2014) et Ulker (sa marque turque). Lors de son entretien avec Bloomberg, le CFO Mustafa Tercan s’est étendu sur l’avenir de Pladis. Il a expliqué que Yildiz allait revendre une part supplémentaire d’Ulker à Pladis, de sorte que ce dernier sera son actionnaire majoritaire d’ici l’an prochain. "Notre intention est de lancer une offre publique initiale (IPO) de Pladis à Londres, peut-être en 2019 ou plus tard", a-t-il déclaré. Dans la foulée, il a ajouté que Yildiz pourrait également envisager une IPO de Godiva "à un certain moment" à l’avenir, sans préciser si pareille opération aurait aussi lieu en Bourse de Londres.

Première pour Godiva

Ce n’est pas la première fois qu’un dirigeant du groupe turc annonce l’entrée en Bourse de Pladis. Cem Karakas, le CEO de l’unité britannique de Yildiz, l’avait déjà évoquée lors d’une interview à la même agence Bloomberg en juin 2016. Il avait dit alors que ce projet pourrait avoir lieu d’ici 2020. Comme Mustafa Tercan cite désormais l’année 2019, on peut en déduire que l’idée prend forme. C’est en revanche la première fois qu’une IPO de Godiva est également envisagée. On peut se demander s’il n’y aurait pas un lien avec la récente nomination d’un nouveau CEO à la tête du chocolatier belge: Annie Young-Scrivner va remplacer en effet Mohamed Elsarky, a annoncé la société le 28 juillet dernier. Elle doit concrètement prendre son poste de présidente-directrice générale le 14 septembre prochain.

©ID / photo agency

Quoi qu’il en soit, des deux morceaux, le "Pladis" serait nettement plus lourd à croquer pour les investisseurs. Pladis pèse 5,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires (2015) et plus de 26.000 emplois. Sous son enseigne figure notamment United Biscuits, racheté pour 3,3 milliards de dollars en 2014. De son côté, Godiva pèse 792 millions de dollars de chiffre d’affaires (2015 également). La belge avait été acquise fin 2007 des mains du groupe américain Campbell Soup pour quelque 850 millions de dollars. Depuis lors, il est vrai, la marque a beaucoup grandi. Ces dernières années, Godiva a fortement accru sa présence en Chine. L’an dernier, le patron de Pladis n’avait pas caché son vœu qu’elle atteigne rapidement le milliard de dollars de ventes: il avait fixé l’objectif pour 2017. Venue du groupe Starbucks Coffee , la nouvelle CEO Annie Young-Scrivner a notamment reçu pour mission de poursuivre "le développement de la marque dans des marchés tels que le Japon, la Chine et l’Amérique du Nord". Ses actionnaires comptent aussi sur elle pour "numériser" l’entreprise et "globaliser son e-business", selon les mots employés par Murat Ulker dans le communiqué de nomination.

Au final, les motivations des deux opérations boursières seraient évidemment financières. Car Bloomberg relève, en marge de l’interview du CFO, que Yildiz est en train de refinancer sa dette et de vendre des parts dans différentes activités pour renforcer ses bases turque et britannique et financer sa croissance dans les 120 marchés où il distribue ses produits. En d’autres termes, Yildiz aurait besoin de se donner un peu d’air, avant de repartir franchement à l’offensive, et une double IPO pourrait être la clé.

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