Publicité
Publicité
analyse

Grâce au numérique, les Tartes de Françoise ont limité la casse

Les Tartes de Françoise se sont adaptées au contexte de crise sanitaire en individualisant l'offre et s'ouvrant plus vite que prévu au commerce en ligne. ©katrijn van giel

La PME bruxelloise a compensé le creux de l'horeca en diversifiant son offre et en s'ouvrant au numérique. Le chiffre d'affaires repart légèrement à la hausse.

Une offre individualisée, de nouveaux services, en ce compris une offre numérique: les Tartes de Françoise sortent "potentiellement plus fortes" de la crise sanitaire. "Nous avons dû suspendre certains investissements, mais aujourd'hui nous ne sommes plus sur pause", résume Jean Baisier, l'administrateur délégué de cette PME spécialisée dans la vente de tartes salées et sucrées.

Comme bien d'autres, les Tartes de Françoise ont subi de plein fouet l'impact du Covid-19. En mars 2020, l'entreprise se voyait contrainte de fermer ses 22 magasins et son atelier central de Seneffe. Avant de les rouvrir progressivement.

Nécessité fait loi: pour préserver les liens avec la clientèle, les Tartes de Françoise n'ont eu d'autre choix que d'accélérer la transition vers le numérique. "Le hasard faisant bien les choses, nous avions organisé les 12 et 13 mars 2020, pour nos équipes de marketing et de management, un atelier consacré à la révolution numérique. Les idées les plus folles en étaient sorties. Six semaines plus tard, alors que nos équipes étaient à l'arrêt et que la demande des clients était là, nous nous sommes dit: on va le faire", raconte Jean Baisier.

18,3
millions d'euros
Le chiffre d'affaires des Tartes de Françoise a atteint 18,3 millions d'euros, contre 17,2 millions en 2019-2020.

Au programme: une communication plus intense avec les clients via les réseaux sociaux et la mise en place d'un site de vente en ligne assorti d'un dispositif de livraison à domicile. De quoi permettre à la société bruxelloise de retrouver une (légère) croissance: l'exercice 2020-2021, clôturé fin juin, a permis d'engranger 18,3 millions d'euros de revenus, contre 17,2 millions en 2019-2020. "Ce n'est pas mal après avoir tourné à -20 ou -30% durant l'automne. Mais les ventes ont très bien redémarré depuis janvier", souligne le CEO des Tartes de Françoise.

Tickets de caisse aussi nombreux, mais moins prodigues

Ce qui le rassure, c'est que les clients ont continué de venir dans les magasins, qui sont d'ailleurs tous rentables. "Le prix moyen du ticket de caisse a baissé, ce qui est logique puisqu'avec le confinement les grandes réunions de famille étaient proscrites. Mais le nombre d'achats est resté constant."

"Notre perte comptable est due à l'offre de nouveaux services. Notre ebitda reste positif."
Jean Baisier
CEO des Tartes de Françoise

Les investissements consentis dans le numérique et dans la rénovation de magasins ont par contre creusé une perte comptable, qui n'inquiète pas Jean Baisier. "Elle est due à l'offre de nouveaux services que nous avons lancée. Notre ebitda reste d'ailleurs positif", dit-il.

Si l'entreprise parvient à limiter la casse, c'est grâce aux ventes directes. Celles-ci ont en effet compensé le gros trou d'air subi côté horeca. Pour rappel, les tartes vendues chez Exki sont produites dans son atelier de Seneffe. Avec la crise du covid, la chaîne de restauration rapide haut de gamme a bu le bouillon. Les ventes de tartes Françoise chez Exki, qui représentaient 30% du chiffre d'affaires, ont rapporté deux fois moins qu'espéré.

Deux nouveaux points de vente en vue

Et même si les chiffres de vente remontent de semaine en semaine, la situation reste difficile. Dans un tel contexte, le commerce numérique est une bouée de sauvetage plus que bienvenue. Les ventes en ligne rapportent déjà 25% des revenus, 80% de celles-ci se faisant via un retrait en magasin.

Le contexte morose qui a pesé sur une bonne part de l'exercice a contraint Les Tartes de Françoise à reporter certains investissements, notamment dans l'ouverture de nouveaux magasins. Mais à entendre Jean Baisier, l'heure est au redémarrage. Au programme de l'année qui vient figure notamment l'ouverture de deux nouveaux points de vente. Les villes de Knokke, Hasselt et Luxembourg sont dans le collimateur.

"Ce qui a changé par rapport à il y a 10 ans, c'est qu'à l'époque nous nous autorisions des implantations dans des lieux de destination plutôt que de passage. C'est plus difficile aujourd'hui", précise Jean Baisier.

"La France reste à l'ordre du jour, mais pas pour les douze mois qui viennent."
Jean Baisier
CEO des Tartes de Françoise

Le patron des Tartes de Françoise n'a pas renoncé à une extension à l'étranger. Mais avec la crise du covid, le dossier est momentanément rangé dans les cartons. "La France reste à l'ordre du jour, mais pas pour les douze mois qui viennent."

Une chose est sûre, gonfler la taille de la société ne se fera pas au détriment de la qualité des ingrédients. Celle-ci passe même avant le local et les circuits courts. "Nous cherchons dans la mesure du possible à utiliser des produits locaux, mais nous préférons déroger à ce principe si nous ne trouvons pas la qualité souhaitée, comme c'est le cas pour notre tarte au spéculoos et fromage blanc : nous achetons ce dernier en France. Mais nous trouvons de plus en plus de solutions locales", souligne Jean Baisier.

Le résumé

  • Face au covid, les Tartes de Françoise n'ont eu d'autre choix que d'accélérer la transition vers le numérique.
  • Au programme: une communication plus intense avec les clients via les réseaux sociaux et la mise en place d'un site de vente en ligne assorti d'un dispositif de livraison à domicile.
  • L'exercice 2020-2021 se solde par un chiffre d’affaires en légère hausse à 18,3 millions d'euros.
  • Les ventes en ligne rapportent déjà 25% des revenus.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés