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Greenyard, dont le titre a fondu de 70%, songe à se renflouer

©Wouter Van Vooren

Greenyard a connu une année 2018 particulièrement difficile avec, notamment, une pression sur les prix et une contamination à la listeria en Hongrie. Le groupe de fruits et légumes envisage de lever des fonds pour respecter ses accords avec les banques.

Rappelez-vous, c’était il y a un peu plus d’an. Fort d’un passé de fusions et acquisitions, qui sont l’ADN du groupe comme le soulignait alors son fondateur, Hein Deprez, Greenyard  ambitionnait de racheter l’Américain Dole Foods. Un groupe deux fois plus gros que lui avec une valorisation estimée à 2 milliards d’euros, dettes comprises.

Selon le courtier Berenberg, une augmentation de capital de 525 millions d’euros aurait été nécessaire pour réaliser cette acquisition. Confiant, le broker visait un objectif de cours de 23 euros par action Greenyard. C’était en décembre 2017. Aujourd’hui, on évoque à nouveau une augmentation de capital. Mais cette fois, il s’agit plutôt d'une mesure d'urgence.

L'action s'est effondrée

Finalement, Dole aura échappé au producteur belge de légumes et fruits frais et surgelés. Cet échec aura aussi marqué le début d’un long calvaire pour Greenyard dont le titre ne vaut plus aujourd’hui que 5,7 euros, soit un effondrement d'environ 70% sur les douze derniers mois avec une chute de 25,68% rien que ce lundi. Il a atteint, aujourd'hui, son niveau le plus bas depuis 2006. 

Il faut dire que le groupe a joué de malchance en 2018. Echec avec Dole, pression sur les prix dans un environnement concurrentiel, contamination à la listeria dans son usine hongroise et été caniculaire. Il a également dû céder son pôle horticulture pour rembourser un emprunt obligataire.

"Profit warning"

Après une amélioration constatée en septembre et octobre, Greenyard a dû se rendre à l’évidence: la reprise n’a pas tenu les deux mois suivants. Du coup, les ventes sont en retrait de 4,5% par rapport à l’an dernier et l’Ebitda sous-jacent a été revu à la baisse, encore une fois, dans une fourchette comprise entre 60 et 65 millions d’euros.

"Le dernier consensus des analystes visait un Ebitda de 86 millions d’euros, précisent Alan Vandenberghe et Guy Sips de KBC Securities. "La nouvelle guidance implique dès lors une réduction de 25-30% comparé aux dernières attentes."

Ils soulignent, qu’à côté des problèmes financiers, les activités opérationnelles du groupe doivent être ajustées à la nouvelle réalité du marché et saluent la nomination de Marc Zwaaneveld qui dirige une équipe de transformation. Ils conseillent toujours de conserver la valeur et leur objectif de cours est fixé à 9,5 euros.

Augmentation de capital?

Dans son communiqué publié ce matin, Greenyard signale également que son conseil d’administration a mandaté le comité de direction afin d’explorer différentes options de financement et notamment une augmentation de capital.

"Nous estimons une dette nette en fin d’année de 338 millions d’euros. En se basant sur un Ebitda compris entre 60 et 65 millions d’euros, nous arrivons à un ratio de dette nette sur Ebitda de 5 alors que le covenant (accord conclu avec les banques, NDLR) s’élève à 4,25" a calculé, de son côté, Fernand de Boer de Degroof Petercam. "Dans ce contexte, une augmentation de capital combinée avec des opérations de 'sale and lease back' semble un solution logique" ajoute l’analyste qui va réexaminer sa recommandation et son objectif de cours sur la valeur.

Interrogé par nos collègues du Tijd, Hein Deprez, CEO et propriétaire de Greenyard, précise qu’une augmentation de capital est une possibilité parmi d’autres. Mais ce n’est pas encore clair, à ce stade,  s’il y participera ou pas. Il semble donc laisser la porte ouverte à un nouveau partenaire ce qui aurait pour effet de réduire son emprise sur la société.

Ils sont désormais bien loin les rêves de conquête du géant Dole…

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