analyse

Greenyard en passe de récolter les premiers fruits de sa restructuration

Les signes de reprise et les prévisions semestrielles du groupe de fruits et légumes Greenyard ont dopé l’action en Bourse ce mardi matin. Mais le marché attend toujours des précisions sur la vente d’une division et sur une augmentation de capital.

Serait-ce déjà le bout du tunnel pour Greenyard ? Il y a un an exactement, le spécialiste belge des fruits et légumes lançait un avertissement sur résultats alors qu’il se trouvait confronté depuis quelques semaines à une crise sanitaire dans une de ses usines.

La société dont le titre a dégringolé de près de 70% en un an a, entretemps, pris le taureau par les cornes. Elle a engagé un manager de crise et lancé un plan de transformation comprenant la suppression d’un peu plus de 400 emplois, la vente d’actifs et une augmentation de capital. Objectif: mieux résister à la pression concurrentielle en repensant son mode de fonctionnement.

L'action grimpe de 30%

Douze mois après le "profit warning", Greenyard affirme percevoir des signes de reprise au premier trimestre de son exercice décalé et dans les perspectives du premier semestre. Si les ventes s’affichent encore en repli, l’Ebitda ajusté devrait lui presque doubler d’un semestre à l’autre et se situer entre 43 et 45 millions d’euros.

Le groupe espère voir l’impact du plan de transformation s’accélérer au cours du second semestre. La Bourse a applaudi à l’annonce de ce bulletin de santé plutôt rassurant: le titre s’est envolé de près de 30% en matinée à 3,1 euros.

Tête froide

Chez KBC Securities, on garde toutefois la tête froide. "Ce bref trading update est en ligne avec nos attentes. Les nouvelles prévisions du premier semestre sont consistantes avec notre scénario et sont la preuve d’une amélioration de la dynamique des affaires."

Les analystes regrettent, en revanche, qu’aucune information nouvelle n’ait été apportée à propos de la cession de la division "prepared" et de l’augmentation de capital. Ils préfèrent donc, à ce stade, rester sur le côté et confirment leur recommandation à "conserver" et leur objectif de cours à 5,7 euros.

Digne d'achat

Changement de ton chez Degroof Petercam. Pour Fernand de Boer, le "trading update" trimestriel et surtout les prévisions d’Ebitda pour le premier semestre apportent davantage de confiance dans le plan de transformation. Ils sont suffisants pour relever son conseil à "accumuler" contre "conserver" avant. Le  "target" gagne 50 centimes à 4 euros.

"Toutefois, il existe encore des incertitudes (augmentation de capital avec un investisseur-clé et cessions) qui devraient agiter l’action, mais avec un rapport risque/bénéfice qui va en s’améliorant, nous estimons que cela vaut la peine de l'acheter."

Sur la base de la prévision d’Ebitda pour le premier semestre, l’analyste va relever son estimation annuelle à 90 millions environ contre 66 millions avant. Pour l’exercice 2020/2021, elle passera de 94 millions à 105 millions.

Rdv le 20 septembre

Greenyard tiendra son assemblée générale annuelle le 20 septembre prochain. Pas de doute que des questions sur le renforcement du bilan fuseront à cette occasion.

Quoi qu’il en soit, cette envolée de l’action constitue une aubaine (stratégiquement calculée?) pour Greenyard qui pourra de ce fait limiter la dilution lors du lancement de l’augmentation de capital.

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