Greenyard s'élague dans l'attente de mesures plus drastiques

©Wouter Van Vooren

Greenyard a vendu son usine en Hongrie au producteur des chips Croky. Le groupe belge dévoilera ce mardi ses résultats annuels. Peut-être en saurons-nous plus à cette occasion sur le projet d'augmentation de capital.

Les choses ne traînent pas chez Greenyard depuis l’annonce en mars dernier d’un plan de transformation qui doit permettre au groupe belge, spécialisé dans les fruits et légumes, d’être mieux armé face à la concurrence et d'enrayer le déclin de ses chiffres-clés.

Rappelons que ce plan prévoit, entre autres, la suppression de 422 emplois (principalement au Royaume-Uni et en Allemagne), la vente d’actifs et, fort probablement, une importante injection de cash. De quoi réduire la montagne de dette qui atteint 350 millions d’euros, soit six fois l’Ebitda. Un mois plus tard, les banques accordaient un sursis de 15 mois à Greenyard le temps de mettre en œuvre ce plan sans pression supplémentaire.

La société s’est activée de son côté à nouer des partenariats avec des distributeurs afin d’assurer la croissance de son chiffre d’affaires. Le dernier en date, et pas le moindre, a été conclu avec Delhaize Belgique.

Evolution Bel 20 / Greenyard

Vente en Hongrie

Aujourd’hui, le groupe coté sur Euronext Bruxelles a annoncé la cession de son usine de réfrigération basée en Hongrie au Belge Roger & Roger qui produit, entre autres, les chips Croky. C’est dans cette unité de production qu’une souche de bactérie listéria avait provoqué une contamination de certains produits l’an dernier.

Le prix de la transaction n’a pas été dévoilé. "En l’absence de détails financiers, nous supposons que l’opération n’aura pas d’impact matériel sur le désendettement", signalent Alan Vandenberghe et Guy Sips de KBC Securities ("conserver"; 5,7 euros). Ils rappellent que Greenyard espère tirer entre 50 et 75 millions d’euros de la vente de certains actifs. Pour les deux analystes, la cession de la division "prepared", qui devrait rapporter plus de 100 millions d’euros et un apport conséquent de liquidités, devrait remettre le bilan à flots.

Quid de l'augmentation de capital?

Peut-être en saurons-nous davantage sur ce projet d’augmentation de capital demain lors de la publication des résultats annuels. Une chose semble acquise, si cette opération se concrétise, elle risque bien d’entraîner une très forte dilution du nombre de titres existants. Depuis le début de l’année, l’action a en effet fondu de plus de moitié (-57%). Sur un an, le bilan boursier est plus catastrophique encore: -79%!

Quant aux résultats annuels attendus pour l'exercice décalé 2018-2019, ils ne refléteront pas encore les efforts déployés par le groupe pour redresser la barre. Déjà en baisse de 1,7% lors de l’exercice 2017/2018, les ventes devraient encore se contracter de 7,3% à 3,87 milliards d’euros selon le consensus des analystes. De son côté, l’Ebitda devrait se limiter à 62,3 millions d’euros contre 140,2 millions un an plus tôt.

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