Greenyard s'éloigne pour de bon de la "zombie zone"

Avec un cours ayant touché un plus bas à 2,34 euros, l'action Greenyard s'est dangereusement rapprochée de la "zombie zone" de la Bourse de Bruxelles. ©Gene Page/AMC

Greenyard estime qu’il n’a plus besoin d’une augmentation de capital pour poursuivre son redressement. Les analystes restent préoccupés par l’endettement du spécialiste des fruits et légumes.

Elle était très mal en point et le risque était grand de la voir errer, un jour dans la "zombie zone" de la Bourse de Bruxelles – les penny stocks qui s’échangent à moins d’un euro – avec un cours ayant touché un plus bas à 2,34 euros et la perspective d’une augmentation de capital indispensable pour sauver les meubles.

Mais depuis quelques semaines, la donne et les chances de redressement de Greenyard , qui a mis en place un plan de transformation pour sortir la tête de l’eau, redonnent confiance dans les perspectives de l'action.

L'action s'est envolée

En l’espace d’un mois, le titre Greenyard s’est envolé de plus 140% en ce compris le bond de 20% observé ce matin à 6,9 euros. Il reste toutefois encore de la marge pour renouer avec son dernier sommet de 21 euros de janvier 2018 mais Greenyard prend manifestement la bonne direction.

Fin octobre, le groupe spécialisé dans les fruits et légumes avait déjà prévenu que son Ebitda ajusté du premier semestre de son exercice 2019/2020 serait supérieur aux prévisions précédentes.

Aujourd’hui, le groupe a annoncé, ni plus-ni moins, qu’il n’avait plus besoin d’une augmentation de capital pour renforcer son bilan. Idem pour le processus de cession de la division "Prepared" qui est annulée. En début d’année, un analyste estimait que la levée de fonds devrait porter sur un montant compris entre 80 millions et 140 millions.

Au niveau du compte de résultats, les ventes restent stables, tandis que la marge, elle, s’améliore. Pour l’ensemble de l’année, Greenyard table sur un Ebitda ajusté compris entre 88 et 93 millions.

La dette inquiète

Pour Fernand de Boer de Degroof Petercam, si les résultats semestriels sont en ligne avec ses attentes, la grande surprise réside sur l’abandon, à la fois, de la levée de fonds et de la vente la division "Prepared". "C’est positif mais cela signifie aussi que l’endettement reste trop élevé à nos yeux créant ainsi une incertitude. L’an dernier, la direction estimait qu’un endettement sous les 3 était plus optimal", rappelle l’analyste. "Cela prendra quelques années avant d’atteindre ce seuil."

En se basant sur le cours actuel de 6,5 euros, l’action se traite à 15 fois les résultats de l’an prochain, constate-t-il. Il abaisse, dès lors, sa recommandation à "conserver" contre "accumuler" avant. L’objectif de cours passe toutefois de 4 euros à 6 euros.

Chez KBC Securities, on se dit étonné de ce scénario de "stand-alone" sans augmentation de capital ni cession de la branche " Prepared ". "Bien que nous reconnaissons l’amélioration, l’endettement de Greenyard reste élevé dans un futur prévisible avec un ratio qui ne devrait atteindre le multiple de 4 qu’à la fin de 2021",  soulignent les analystes. 

Ils restent à "conserver" sur la valeur avec un "target" de 5,70 euros le temps de mieux mesurer les conséquences de ces annonces.

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