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Hortense de Castries file le parfait amour avec la noix

Hortense de Castries, sous les noyers de son partenaire belge Eric Loise, à Grand-Leez. ©Valentin Bianchi / Hans Lucas

Un domaine familial au potentiel sous-exploité. Un mari qui titille sa veine entrepreneuriale naissante. Et des partenariats prometteurs. Il n'en fallait pas plus à Hortense de Castries pour ne pas se contenter de continuer à récolter des noix comme tout le monde.

"Un potentiel unique, mais à valoriser. Du terroir originel aux produits dérivés, actuellement démultipliés avec des partenaires ou encore dans les cartons." C'est ainsi qu'Hortense de Castries décrit, en quelques mots, le filon de 20 hectares repris à bras-le-corps en 2018, planté en majeure partie par son grand-père dans les années '70, et entretenu ensuite par sa mère. Elle y a récemment ajouté 10 hectares plantés du côté de Grand-Leez (Gembloux), en s’associant avec Eric Loise, qui a lui-même planté ses noyers sur des terres familiales il y a maintenant plus de 15 ans. Ensemble, ils ont fondé l'entreprise, baptisée 'Casse-Noix 7'.

"Mon grand-père, et ma mère après lui, se contentaient de récolter les noix et de les vendre en gros à des détaillants qui les écoulaient essentiellement sur les marchés, avec une solide plus-value. À leur époque, tout était chimique, la terre était anéantie aux pesticides (Round-up), plus rien ne poussait au pied des arbres. J'ai donc hérité d'un sol pollué et appauvri qu'il a fallu progressivement assainir. J'ai plein d'idées pour y faire renaître et cohabiter la flore et la faune sous les cimaises des noyers, qui seront certifiés bio dès l’an prochain", insiste la jeune entrepreneuse, déjà convaincue de la qualité inégalable de son produit.

"Je veux rendre à la noix d'ici ses lettres de noblesse et favoriser le circuit court et frais."
Hortense de Castries
Fondatrice Casse-Noix 7

Pour la suite, elle prendra, promet-elle, le temps qu'il faudra pour valoriser ce magnifique produit de A à Z et pour concurrencer par la qualité produite chez nous les noix venues d'ailleurs – principalement de Moldavie, des États-Unis ou encore du Chili. "Souvent, quand on leur parle de noix, les gens font la grimace et vous disent que le produit en coque ou en cerneau auquel ils ont accès est décevant, rance souvent, sec parfois. Je veux rendre à la noix d'ici ses lettres de noblesse et favoriser le circuit court et frais", promet-elle.

Le coup de pouce du mari belge

Pour atteindre son objectif, Hortense de Castries s’est laissée convaincre par son mari belge, Jean-Baptiste Van Ex, de miser rapidement sur une filière diversifiée de produits transformés à valeur ajoutée. Sans pour autant négliger le produit de base et investir dans sa récolte, son tri, son séchage, son calibrage, son stockage, son cassage et sa distribution en circuit court et en flux tendu, garantie d'une fraîcheur inégalable.

Partenariats prometteurs

Dès le départ, la jeune entrepreneuse a pu compter sur le soutien de Rob et des magasins Färm pour distribuer ses produits à base de noix, ainsi que sur les conseils précieux d’entrepreneurs avisés dans le secteur alimentaire tels que Jos Linkens (ancien CEO de Neuhaus), Olivier van Cauwelaert et Emmanuel Hupin (cofondateurs de Färm et de Scale-Up).

Pour amortir les coûts indispensables initiaux, elle a multiplié l'an dernier – avec succès – des partenariats prometteurs avec des transformateurs de renom, comme le chef pâtissier Pierre Hermé, l'artisan chocolatier Laurent Gerbaud, Serge Litvine (la Villa Lorraine), Eugénie (pâtes à tartiner Eugène), Great Granola (Banana Bread), Pain de François, Le Glacestronaume (Namur) ou les Tartes de Françoise qui, pour l'automne prochain, commercialiseront une tarte aux noix qui exigera des livraisons hebdomadaires particulièrement importantes.

Plusieurs autres partenariats sont à l'étude avec divers acteurs locaux, en vue d'élargir encore la gamme de produits. Hortense a également su convaincre la société Pranarôm de se fournir en Belgique pour son macérat à base de bourgeons de noyer "excellent pour le système digestif et le renforcement des défenses immunitaires".

160 tonnes de A à Z

80
hectares
C'est la superficie plantée à partir de laquelle la jeune entreprise déclinera ses produits à base de noix certifiées bio.

À terme, pour répondre à la demande prévisible, ce sont 55 hectares plantés dans le fief familial du Maine-et-Loire (Anjou) et 25 en Belgique – soit un total de 80 hectares – qui permettront à la jeune entreprise, créée en partenariat avec Eric Loise, d'atteindre, avec une production annuelle de 160 tonnes, la masse critique requise pour consolider les partenariats en cours. "Le tout en bio et en exploitant la totalité des produits dérivés, brou et coque compris. Le Maroc est notamment très intéressé par le brou de noix comme ingrédient de base pour les teintures de cheveux. On réfléchit également à la production d'allume-feux pour utiliser les coques, qui constituent 60% en poids du fruit, et sont souvent considérées comme des déchets. Des essais sont aussi en cours avec l'entreprise Champignons de Bruxelles pour leur structurer leur substrat", décline l'entrepreneuse.

"D'un automne à l'autres, les variations de production peuvent aller du simple au double". ©Valentin Bianchi / Hans Lucas

En règle générale, 100 noyers sont plantés à l'hectare. Et chaque arbre met entre 7 et 15 ans, selon les variétés, pour produire en moyenne deux tonnes à l'hectare lorsque les arbres sont arrivés à maturité. Côté vente, les noix en coque se négocient bon an mal an autour de 10 euros le kilo. "Mais d'un automne à l'autre, les variations de production peuvent aller du simple au double, en fonction des conditions climatiques. Avec la grêle tombée ces derniers jours à Grand-Leez, par exemple, nous pensons avoir perdu près de 20% de notre production locale cette année", précise Hortense. Diplômée de l'EDHEC Business School, elle n'en est pas à sa première expérience professionnelle originale. Avant de se consacrer entièrement à la filière noix, elle a notamment multiplié les expériences à l'étranger, notamment au Maroc (Benslimane), au cœur d'un domaine agricole de près de 1.000 hectares appartenant à une famille saoudienne très célèbre.

Elle en a donc vu d'autres. Et se dit prête à voir grand rapidement. "Même Henri, mon papa (ex-PDG du groupe AXA, NDLR), est convaincu par le potentiel des produits, et se dit prêt à planter plusieurs dizaines d’hectares de noyers... De quoi planifier le développement sur les 20 prochaines années!", sourit-elle.

Le résumé

  • Hortense, la fille de Henri de Castries, a créé avec le Belge Eric Loise la jeune société Casse-Noix 7.
  • L'objectif est de décliner la noix et ses bienfaits sous toutes ses formes.
  • 80 hectares de noyers permettront à la jeune entreprise de développer ses partenariats commerciaux.
  • Plusieurs noms connus, chez nous comme en France, valident déjà la qualité du produit dont le circuit court et la fraîcheur sont les lettres de noblesse.

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