reportage

Immersion dans l'usine qui fabrique les Kinder Surprise

Les jouets des Kinder Surprise sont insérés dans deux demi-œufs qui sont ensuite assemblés. ©ferrero

Le confiseur italien Ferrero investit 175 millions d’euros dans son usine belge de Kinder Surprise et de Schoko-Bons à Arlon. Nous sommes allés y jeter un oeil.

Vous ne le saviez peut-être pas, mais les Kinder Surprise que vos enfants adorent ne viennent pas d’Allemagne ou d’Italie, mais de Belgique. Plus particulièrement d’Arlon, où se situe la troisième plus grande usine de Ferrero, le géant italien de la confiserie.

©ferrero

Aujourd’hui, la production de l’usine est deux fois plus élevée qu’il y a trois ans, après un investissement de 150 millions d’euros dans la modernisation et l’élargissement des installations, auxquels 25 millions d’euros viendront s’ajouter l’an prochain. "Cette usine était déjà très importante pour le groupe, et c’est encore plus vrai aujourd’hui", affirme le directeur de l’usine, Marco Arvigo.

"Le principal employeur de la province du Luxembourg"

À Arlon, Ferrero ne fabrique pas que des Kinder Surprise, mais aussi leur variante Maxi, les petits œufs Schoko-Bons et les pralines Raffaello. Quasi toute la production (98%) est exportée dans 50 pays. "Nos principaux marchés sont l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, mais nous exportons également vers l’Australie, la Chine et le reste de l’Asie", explique Arvigo.

L’usine qu’il nous fait découvrir est immense: 47.000 m², soit l’équivalent de sept terrains de football. Elle emploie 900 personnes, et même 1.100 lors des pics de production. "Nous sommes le principal employeur de la province du Luxembourg", explique le directeur.

Ferrero à Arlon
  • Superficie47.000 m²
  • Emploi900 salariés (ETP)
  • Production annuelle49.000 tonnes
  • Part des exportations98% (dans 50  pays)
  • Produits fabriqués à ArlonKinder Surprise, Kinder Surprise Maxi, Schoko-Bons et Raffaello

Ce qui frappe pendant la visite de l’usine, c’est que près de la moitié des machines sont neuves. L’inox et le plastique sont immaculés. Tout d’un coup, nous nous retrouvons devant une ligne de production dont la peinture s’écaille. "C’est ici que nous fabriquons les Raffaello, précise Marco Arvigo. Cette partie de l’usine sera entièrement rénovée et agrandie l’an prochain. Le contraste est évident par rapport à l’acier inoxydable de la nouvelle ligne de Kinder Surprise."

Un mystère élucidé

Le responsable italien nous conduit au début de la ligne de production des petits œufs surprises pour répondre à "la" question que tout le monde se pose: comment les petits jouets sont-ils placés dans les œufs? Nous découvrons une machine qui remplit un demi-œuf de chocolat au lait. Le moule est ensuite vidé pour ne garder que la couche extérieure de chocolat. Lorsqu’elle est solidifiée, la machine ajoute une autre couche de chocolat blanc en utilisant le même procédé. Une autre machine place ensuite un petit jouet, et un deuxième demi-œuf est collé sur le premier avec du chocolat.

Le Kinder Surprise séjourne ensuite dans un réfrigérateur jusqu’à ce qu’il soit totalement durci. "Nous pouvons insérer 72 jouets différents dans les œufs. Pour nous, un Kinder Surprise n’est pas une surprise. Nous savons parfaitement quel jouet se trouve dans quel œuf, car nous ne voulons pas avoir deux fois le même jouet dans la même boîte", explique le patron du site arlonais.

©ferrero

Les Kinder Surprise sont fabriqués sur plusieurs sites dans le monde. "En Europe, nous avons des usines en Italie, en Pologne et en Russie. Mais tous les œufs en chocolat vendus en Belgique viennent d’ici. Et nous sommes la seule usine au monde qui fabrique les grands Kinder Surprise Maxi. La production a été transférée de Pologne en 2017. Nous avons dû construire une toute nouvelle ligne".

Un peu plus tard, Arvigo s’arrête auprès d’un autre produit fabriqué exclusivement en Belgique: les Schoko-Bons. Dans un immense tambour qui fait penser à une machine à laver, nous ne trouvons pas du linge sale, mais des petits œufs en chocolat. "Les Schoko-Bons tournent pendant deux heures dans cette machine et sont saupoudrés de sucre afin de former une croûte légèrement croquante. Ici aussi, nous avons rénové d’anciennes lignes et ajouté de nouvelles lignes de production".

Production en forte hausse

Suite à l’extension de l’usine, la production a fortement augmenté. "Pour être précis, de 26% en trois ans", confie Arvigo. Cette hausse s’explique en grande partie par l’arrivée des Kinder Surprise Maxi et par le succès des Schoko-Bons, dont la production a augmenté de 13,7%. Les Kinder Surprise classiques ont par contre reculé de 8%.

©ferrero

Cet investissement de plusieurs dizaines de millions d’euros n’était pas évident. "Arlon est une de nos usines les plus chères. Les coûts salariaux sont élevés, surtout à cause des impôts, car les salaires nets des employés sont comparables à ceux des autres pays", explique Marco Arvigo.

Pour maintenir la compétitivité de l’usine, Ferrero a investi dans l’automatisation. On voit effectivement peu de personnel sur les nouvelles lignes. De temps en temps, un employé vient contrôler la production. L’emballage dans de grands cartons se fait encore manuellement. "Mais cette phase sera aussi bientôt automatisée. L’automatisation est nécessaire dans un pays comme la Belgique", ajoute Arvigo.

Il n’empêche: l’emploi a augmenté au cours des trois dernières années. "Nous avons embauché 40 ingénieurs, 30 techniciens et 70 ouvriers. Et les profils de notre personnel sont de plus en plus techniques et spécialisés."

L’usine belge reste un atout pour Ferrero, souligne son directeur. "Votre pays est situé à un endroit stratégique sur le plan logistique, et à proximité du Luxembourg, où notre siège social est installé. La Belgique est un melting-pot de nationalités européennes. Nous pouvons facilement y tester de nouveaux produits. Nous pourrions fabriquer moins cher en Pologne, mais nous avons une stratégie à plus long terme."


Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n