L'abus d'aliments ultra-transformés accroît les risques cardiovasculaires et de décès

©EPA

C'est connu, l'abus d'aliments ultratransformés augmente le risque d'obésité, d'hypertension artérielle, voire de cancer. Deux études publiées ce jeudi révèlent que ces mêmes plats industriels augmentent aussi le risque cardiovasculaire et de mortalité.

Plats préparés, snacks, sodas, soupes en poudre... Qui n'a jamais mangé l'un de ces aliments dits "ultra-transformés" (AUT)? Eh bien ces aliments, lorsqu'ils sont consommés en grande quantité, en plus d'accroître les risques d'obésité, de cancer ou d'hypertension artérielle, augmentent aussi le risque cardiovasculaire et de décès, selon deux études européennes menées auprès de 120.000 personnes et publiées ce jeudi. 

Les deux études, respectivement conduites sur plus de 100.000 adultes français et près de 20.000 diplômés d'universités espagnoles, sont parues dans le British Medical Journal (BMJ).

"L'étude ne permet pas à elle seule de conclure à un lien de cause à effet, mais l'association entre aliments ultra-transformés et risque de maladies cardiovasculaires est statistiquement significative en tenant compte des autres caractéristiques des participants (tabac, alcool, niveau d'activité physique, statut socio-économique, âge, sexe, poids, etc.)", explique la Dr Mathilde Touvier, qui a dirigé l'étude française de l'Inserm. 

C'est la consommation régulière qui importe.
Dr Mathilde Touvier
directeur de l'étude de l'Inserm

"Par exemple, à statut tabagique, niveau d'activité physique et poids équivalents, les personnes qui avaient une proportion d'aliments ultra-transformés dans leur alimentation plus élevée avaient plus de risque de développer une maladie cardiovasculaire", ajoute-t-elle. 

"Il ne faut pas être alarmiste et dire que si on consomme de temps en temps un plat ultra-transformé ou un soda, on augmente son risque de faire un accident cardiaque de 12%. C'est la consommation régulière qui importe", souligne la Dr Touvier qui prône la consommation d'aliments bruts (légumes, fruits, poisson, lentilles, noix...).

Quand considérer des aliments comme ultra-transformés?

Lorsqu'il ont subi des procédés industriels de transformation (huile hydrogénée, amidon modifié, etc.) et contiennent de nombreux ingrédients, notamment des additifs. Donc, un plat préparé (une sauce concoctée à la maison par exemple) sans additifs, congelé ou pas, n'en fait pas partie.

©BLOOMBERG NEWS

La plupart des plats achetés en supermarché et prêts à réchauffer sont, eux, ultra-transformés. Tout comme les sodas sucrés ou contenant des édulcorants, les "steaks" végétaux reconstitués avec additifs, les saucisses, les soupes en poudre, les céréales du petit-déjeuner, les gâteaux, les biscuits apéritifs, les sauces en conserve et les snacks.

Ces "aliments", si on peut encore les appeler ainsi, sont en général plus riches en sel, graisses saturées et sucre. Ils sont plus pauvres en vitamines et fibres, indiquent les chercheurs. S'y ajoutent des contaminants provenant des emballages et des contenants en plastique.

Ce type d'aliments représente plus de la moitié des apports énergétiques dans de nombreux pays occidentaux, selon l'Inserm.

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